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 LOUISE OU LA VRAIE VIE

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mielpops09
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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Ven 23 Aoû - 10:57

Eekhoud, encadré par les hommes encagoulés du GIPN entre, penaud, à l'invite du magistrat. Malgré qu'il soit assis, on devine chez l'homme d'une cinquantaine d'années, une stature imposante et atlétique. Visage sévère auréolé d'une coupe en brosse grisonnante, et percé de deux yeux gris très clair qui clouent sur place ses vis à vis et forcent le respect. Le magistrat lance son regard d'acier au dessus des petites lunettes à fine monture qu'il a chaussées alors qu'il se saisissait de l'épais dossier Eekhoud.


Le regard gris croise le regard ténébreux du Belge. Les deux hommes se fixent sans que chacun ne baisse sa garde l'espace de quelques longues secondes. Me Lethellier n'est pas homme à se laisser impressionner. Habitué aux affaires de grand banditisme, il a vu défiler devant lui les plus grands criminels et les plus grands truands.


Eekhoud ne pipe pas mot à l'énoncé du juge penché à présent sur son dossier. Derrière le juge et son lourd bureau, une porte fenêtre encadrée de lourdes tentures aussi vieilles que la pièce dans laquelle il se trouve. Un balcon et en bas, la rue dont il entend le vacarme. Ce vacarme qui lui fait tant défaut derrière les barreaux, ce vacarme au doux parfum de liberté et d'aventure. Par la porte fenêtre légèrement entrouverte, il sent par moment la bise de l'hiver mordre son visage. Comment peut-on ouvrir une fenêtre à une température négative au lieu de savourer la chaleur comme tout un chacun ?



L'énoncé du juge est interminable et Eekhoud, à chaque fait exposé, se remémore parfaitement le contexte de chacun ainsi que le moindre détail dont lui seul à connaissance. Il sourit intérieurement, se laissant caresser par ces moments de gloire, son succès dans les affaires et auprès des femmes, ses virées avec ses amis et la luxure dans laquelle il aime à se vautrer. Il songe également à ce que la justice ignore, notamment au cadavre de Corinne et à Jean-François.


Il sursaute légèrement lorsque Lethellier referme, un peu brutalement, le lourd dossier. Les douces rêveries laissent place au présent. Ce présent si réel et si noir à l'issue encore plus obscure, qui, tel un boa s'est subitement enroulé sur lui et est en train de l'étouffer. Il n'est pas homme à se laisser enfermer tel un chien galeux, lui, cet homme de prestige aux affaires florissantes ne finira pas comme un rat, il s'en est donné la promesse.



La mission accomplie par son avocat dans la nuit, photos à l'appui, remise par un complice de la prison et détaillant chaque seconde de la mise en scène de l'accident, le sort réservé à Lemoux, sont sa grande satisfaction du moment. Sa dernière.
Visage baissé, menton dans les épaules, il observe de son regard le plus noir la configuration de la pièce ainsi que l'emplacement de chaque membre qui s'y trouve. Les gars du GIPN semblent occuper tout l'espace. Après tout, ce dit-il, ils ne sont que cinq et il s'est trouvé dans des positions on ne peut plus épineuses. Restant dans une immobilité parfaite, ses yeux et son cerveau travaillent à une vitesse vertigineuse. Personne ne remarque le petit rictus qui se dessine à la commissure de ses lèvres. Dans sa tête vient de surgir la solution qui va lui permettre de se soustraire enfin à l'emprise de ses bourreaux.
Il a remarqué que l'homme encagoulé qui se tient à sa droite est gaucher. Grand amateur d'armes, il a aussitôt reconnu dans son étui, un pistolet SIG P228. Rompu à tous les combats et ayant été entraîné à tuer, il ne craint pas les hommes du GIGN, gigantesques ombres noires l'entourant et dont la réputation de super flics n'est plus à faire.




Sortant soudainement de son mutisme, Eekhoud envoie un circulaire gauche dans le flanc de l'homme à sa gauche tout en se saisissant de l'arme de celui à sa droite. Menotté, son geste surprend un instant les hommes encagoulés. A la vitesse de l'éclair, il saute sur le juge qu'il menace de son arme. Il n'a pas le temps d 'esquisser un geste supplémentaire qu'une balle vient se loger entre ses deux yeux.


Eekhoud tombe, tué net.


« Merci messieurs. Réagit le juge après quelques secondes. »
L'homme qui vient de lui sauver la vie le salue, puis s'adresse à ses comparses.
« Quel con ! Il savait qu'il avait aucune chance de s'en sortir !
- Soit il est cinglé, soit il ne supportait plus la prison.
- Un suicide par procuration coupe le plus gradé. Je préviens les supérieurs. Faites ce que vous avez à faire »





« Police !
- Bonjour Messieurs, qu'est-ce-qui me vaut l'hon....
- On vient t'arrêter minable..
- Oh là, oh là, on se calme Messieurs.
- Tu crois que c'est le moment de nous faire des ronds de jambes ?
- Mais quoi, qu'est-ce-qu'il y a à la fin ?
- T'es cuit Max, tu t'es grillé tout seul.
- Ha ouais ? Vous avez jamais réussi à prouver quoi que ce soit contre moi ! Vous commencer à m'emmerder commissaire. Tant que vous avez rien, je vous demanderais de me foutre la paix.
- Tu te fourres le doigt dans l'oeil Max. T'es cuit je te dis.. Tu vas aller rejoindre tes potes derrière les barreaux.
- Et vous avez quoi après moi cette fois ci ?
- Ton pote vient de se faire griller la cervelle chez le juge. Jolies les photos que tu as prises pour lui.. »


Le visage de l'avocat pourri blêmit, le commissaire a fait mouche. Le flic pose sa main sur l'épaule de l'homme de loi et pénètre sans son appartement, suivi de ses hommes avant de reprendre, sourire aux lèvres.


« Tu vois Max, je t'avais bien dit qu'on t'aurait un jour ou l'autre.. Et ce jour est arrivé. Tu veux que je t'explique ou tu avoues ?
- Avouer quoi ?
- Tes copains se sont un peu trop vantés d'avoir dérobé un macchabée à l'hôpital. Je sais pas où tu les as choisis, mais très mauvais choix. Il nous reste le balafré à attraper cependant. Il est plus malin que les autres , mais on l'aura. Ca n'est qu'une question de temps... Tu sais, le Belge se serait rendu compte tôt ou tard ce que tu as magouillé. Peu importe où tu serais allé, il aurait fini par te retrouver et là.. j'aurais pas donné cher de ta peau. Ils ont piqué le seul et unique macchabée qui portait des plaques en titane. Il nous a été facile de l'identifier.. Nom de Dieu, tu devais sacrément avoir la trouille de ce type pour en arriver là. Se moque le flic qui ordonne alors de passer les menottes à l'avocat.
- Vous les avez eus où ?
- Chez eux. Leurs valises étaient prêtes.. les lascars n'ont pas eu le temps de s'envoler. Ils iront s'allonger derrière les barreaux au lieu du sable blanc.
- Eekhoud est mort ?
- Plus mort que lui, c'est pas possible. Et tu vois, je pense que ta ruse pour le pigeonner n'était pas nécessaire. Ton patron a préféré se faire buter plutôt que de moisir au cabanon.
- ….
- Allez, embarquez moi ce fumier.. Vol de cadavre, tu vas en prendre pour dix ans. »


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Jeu 19 Sep - 11:47

LOUISE OU LA VRAIE VIE 78


Mercredi




« Ma chérie, dépêche toi, on va être en retard. Nathan et Noémie sont déjà prêts ! - Mon ange, j'en ai pour deux minutes !
- Virginie, tu es à la traîne ! S'esclaffe Nathan. Je constate que tu mets bien plus de temps à t'habiller que l'inverse !
- Et ça veut dire quoi, ça ? Interroge Virginie qui surgit soudain en haut de l'immense escalier.
- Oh rien rien ! Je dis ça, je dis rien...
- Tu en as trop dit ou pas assez jeune homme ! Explique toi !
- Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat !
- Bien ! Intervient Louise ! Ca tombe impec, je suis avocat. Alors jeune homme, qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
- Que j'étais pas là la nuit du crime, je vous le jure !
- Pourtant, vos paroles semblent prouver le contraire ! Vous ne pouvez émettre de tels propos sans que ceux-ci ne soient fondés. Allons, expliquez vous.
- Je.. j'ai.. heu... comment dire ?
- Allons donc jeune homme, vous avez perdu de votre superbe ! Intervient la blonde Virginie, sourire lumineux et moqueur aux lèvres..
- Bon, cessez votre torture votre honneur.. Je suis coupable. J'avoue avoir été sur les lieux du crime cette nuit et d'avoir entendu, bien malgré moi, les échos du bonheur de ma mère.
- Dans ce cas … le tribunal se montrera clément. Faute avouée est à moitié pardonnée..
- Comment ça, seulement, à moitié ? intervient Nathan.
- Tu auras une peine à purger répond Louise.
- Attend mais heu.. c'est quoi cette histoire ? Pourquoi j'ai l'impression de me faire avoir là ?
- Je suis ton avocat, mais je suis aussi la compagne de la victime ici présente.. il me paraît donc légitime que chacun de vous deux soit satisfait des résultats du jugement.
- Olàlà... dans quel guêpier je me suis fourré moi.. rougit faussement Nathan.
- Tu l'as dit Bouffy, t'es mal barré... Tu proposes quoi ma chérie ?
- Une sentence impitoyable.. voyons, que je réfléchisse un peu.
- Ho, et le jury, il en pense quoi lui ? C'est lui qui doit décider après tout ! T'en penses quoi Noémie ? »


La jeune fille fixe alors son frère et le transperce de ses yeux malicieux. Puis son pouce et son index se positionnent autour de son menton, traduisant une profonde réflexion. Elle fait la moue quelques secondes, faisant danser son regard clair de droite à gauche et de gauche à droite avant de rendre son verdict.


« Gaffe à ce que tu vas dire soeurette ! Intervient Nathan ! Je te signale que tu es complice ! Oui, Madame le juge, ma sœur Noémie ici présente s'est rendue coupable autant que moi des faits que vous êtes en train de juger à l'encontre de ma personne. Ca n'est pas à elle de rendre un jugement, mais à vous et pour nous deux ! - Est-ce la vérité ? rétorque Louise sous un air faussement sévère. Vous alliez jurer devant le tribunal avec un faux témoignage et donc, sous le mensonge. Pour cela, vous serez condamnés tous les deux à... à... Louise dévisage les deux coupables et se tourne vers sa jeune femme avant de lui faire un clin d'oeil... à … à porter le petit déjeuner au lit de vos victimes pendant les deux semaines à venir et ce, à l'heure qu'il vous sera demandée, et surtout, sans ronchonner.
- Votre honneur, intervient Nathan, nous ne pourrons accomplir ces travaux d'intérêt public.
- Et pourquoi donc je vous prie ?
- Parce que nous ne serons pas dans la possibilité matérielle d'accomplir notre peine, pour la bonne raison que nous sommes tenus par nos obligations scolaires tôt le matin.
- Je n'ai pas encore précisé l'heure jeune homme !
- …. Aie, je crois que tu aurais mieux fait de la fermer susurre Noémie. On va se faire avoir.
- A quelle heure vos obligations vous font-elles lever chaque matin ? Interroge Louise
- A 7h votre honneur.
- Bien, je ne vois alors aucun problème à ce que vous vous leviez une petite heure plus tôt et que vous vous rendiez dans la chambre de vos victimes avec un plateau chargé de viennoiseries, de café tout frais, du beurre, de la confiture et du jus de fruits. Ah, et n'oubliez pas le plus important : une rose rouge au milieu du plateau que j'aurai plaisir à offrir à ma compagne. Avez-vous quelque chose à rajouter ?
- Heu... si.. répond timidement Nathan.
- Je vous écoute !
- Peut-on apporter une touche personnelle à la présentation du plateau à petit déjeuner ?
- Précisez votre pensée Monsieur..
- Est-il possible de mettre deux roses au lieu d'une seule afin de rendre hommage au bonheur radieux de nos deux mamans ? »




A ces mots, les yeux de l'avocate et de la jeune secrétaire s'embuent d'émotion et les joues s'empourprent. Mais Louise se ressaisit, jouant le jeu jusqu'au bout.


« Voilà une attention délicate qui touche profondément la cour, mais ne vous attendez pas à avoir un allègement de peine par ce beau discours. Néanmoins, le tribunal accède volontiers à votre requête. Il y aura donc deux roses rouges au lieu d'une seule et le petit déjeuner sera servi pendant deux semaines à 7h du matin précises. Affaire suivante »


« Ho dit, Maman, t'es un peu vache là ! - Ah bon tu trouves ?
- Tu nous fais nous lever une heure plus tôt !
- Et alors, où est le problème, vous êtes toujours debout avant que le reveil ne sonne, je ne vois pas d'inconvénient à solliciter cette heure de farniente et à la consacrer au travail de Xavier. Autant l'employer à bon escient ! Et puis Virginie et moi, on aime bien se faire servir.. Que veux-tu, on a pris de mauvaises habitudes.. Et puis estimez vous heureux qu'on vous demande pas en plus de faire le ménage ! Bon, on y va ? »


Le soleil à l'extérieur reflète ses pâles rayons sur le manteau neigeux encore bien épais, éblouissant quelques instants la petite famille qui ne met que quelques secondes à descendre l'escalier extérieur, jusqu'à la voiture de Virginie. Le court trajet jusqu'au véhicule et leurs effets ne les empêche pas de se faire mordre par le froid de l'hiver. Ils s'engouffrent rapidement dans la mégane de la jeune secrétaire. A l'intérieur, le froid est saisissant et il ne faut que quelques secondes pour que les vitres de la Renault se couvrent de buée.


« Dépêche toi Virginie, met vite le chauffage ou on va se transformer en glaçon ! - Voilà, voilà, laisse moi au moins le temps de mettre le moteur en route !
- Vite, on congèle !
- Ho ! Mais ça va ! Tiens, ça y est voilà et avant que tu ne dises quoi que ce soit, j'ai mis le chauffage à fond. Dans quelques minutes, il fera bon.
- Merci, j'espère que ça chauffe vite parce que là, tu me mets un bâton dans les fesses et je ressemble à un esquimau.
- Tu avais pas dit hier au soir qu'ils avaient annoncé une nouvelle vague neigeuse ?
- Oui, j'ai encore regardé ce matin et c'est toujours le cas ! Répond Noémie
- Pour une fois, la météo s'est plantée. Et c'est tant mieux parce qu'il y en a ras le bol de cette neige ! Intervient Louise en claquant des dents.
- Si j'étais vous, je jubilerais pas autant. Regardez au fond, ce qui nous arrive droit dessus.
- Han, c'est pas vrai ! Si ça continue, il va falloir prendre des skis pour aller en ville ! J'ai jamais vu autant de neige depuis.. bein non, j'en ai jamais vu autant en fait.
- Et l'hiver est loin d'être terminé ! A ce rythme là, il va falloir creuser des galeries souterraines pour se déplacer..
- Oui, bon, en attendant, les routes sont dégagées. Ce ne sont pas quelques malheureux flocons de neige qui vont nous empêcher d'aller rendre visite à Xavier. Il doit commencer à s'ennuyer là-bas à l'hôpital ! Intervient Louise.
- Oh, non, je pense pas ! Répond Virginie du tac au tac. Hans passe sa vie auprès de lui !
- Oui. Et je m'en réjouis. Ces deux là sont faits pour s'entendre et en plus, ils vont très bien ensemble. J'espère que Hans a réussi à convaincre Xavier pour leur virée en Bigorre.
- Tel que je connais Xavier, il a du sortir toutes les excuses du monde pour ne pas partir et retourner au plus vite au manoir.
- En effet, il a été jusqu'à lui dire qu'il n'avait pas un rond et pas les moyens de se payer l'hôtel. Manque de bol pour lui, Hans a un pied à terre pas très loin de Saint-Lary. Il n'est jamais retourné dans ses Pyrénées depuis qu'il travaille ici. Franchement, quand on est d'une région aussi belle, on fait tout pour y retourner un jour au lieu de vivre au milieu du béton et de la pollution..
- Peut-être parce que nous sommes sa famille Maman. Intervient Noémie. Il n'y a plus rien qui le rattache là-bas.
- Je crois qu'il y a encore quelques cousins éloignés et puis il y a ses montagnes. Qu'est-ce-que je donnerais pas pour quitter cette ville et aller m'installer au grand air !
- Mais ça peut se faire ! Dit Virginie. Ton cabinet a les reins solides et rien ne t'empêche d'en ouvrir un autre là-bas. En plus, tu aurais une vie moins trépidante et tu pourrais penser un peu plus à toi ! Jeanne et Françoise sont des chefs, elles sont fort capables de faire tourner la boîte en ton absence. Et ce ne sont pas les établissements scolaires qui manquent là-bas, ni les universités, ni les I U T !
- Ho ho, on se calme hein.. chaque chose en son temps ma chérie.
- Ca te ferait le plus grand bien tu sais.. Si je me souviens bien, tu parlais de lâcher un peu de mou. Et bien, je crois que ce moment est venu mon amour.
- Virginie a raison maman. Tu dois penser à toi. Nous, on se fera vite à notre nouveau cadre de vie et tu sais combien on aime la montagne. Les événements de ces derniers temps, j'ai envie de les oublier, et loin d'ici. Enfin, c'est mon point de vue et je pense que Noémie partage mon avis.
- Oui.
- D'accord, d'accord, on en reparlera plus sérieusement dans quelques temps..
- Si tu veux maman. Les vacances de février approchent. Pourquoi t'en profiterait pas pour tâter un peu le terrain ?
- On verra mon cœur. On ne peut pas faire ça à la légère.. quitter le manoir, ouvrir un nouveau cabinet, ça, ça s'improvise pas.
- Les maisons ne manquent pas. Et Noémie et moi, on peut déjà se pencher sur cet outil merveilleux qu'est internet.
- Vous trouvez pas que vous allez un peu trop vite là ? Ca fait à peine quelques minutes qu'on en parle et vous voulez déjà déménager !
- On remet juste un projet au goût du jour et je pense que c'est le moment où jamais. Y'en a marre de cette ville de fous, de ces gens qui ne sourient jamais et sont continuellement stressés. Et tu sais très bien que pour nos études, on avait programmé Toulouse. Donc, on serait beaucoup plus près et on pourrait se voir tout le temps !
- Déjà, il faut que tu aies ton doctorat de physique Nathan.
- Je peux tout préparer là-bas et tu le sais, et pour Noémie aussi, y'a les maths.
- Et le manoir ? Il est hors de question que je vende le manoir !
- Qui te parles de le vendre maman ? Je ne te demande pas de bannir Paris de nos vies, mais de la mettre en parenthèses. Au lieu de prendre des vacances à la montagne, on prendra nos vacances à Paris et on aura le manoir. J'ai pas envie de perdre mes potes de vue moi non plus.
- Oui, mais il faut l'entretenir et tout ça a un coût !
- Tu as oublié ce qu'on a dit maman ? J'étais tout petit moi, et je me souviens encore de ce que tu avais dit avec … notre géniteur. Et là, j'avoue qu'il avait eu une brillante idée. Le manoir est immense, tu payes une fortune pour le cabinet.. Si tu transférais le cabinet dans une aile du manoir ?
- Mais je veux pas que la maison se transforme en usine !
- Ce serait bien plus pratique pour les clients qui tournent pendant des heures pour se garer. Le cadre est bien plus sain que les murs de l'hôtel d'en face et le magasin de pompes funèbres ! De plus, ça rapproche Françoise et Jeanne qui se tapent deux heures par jour de transport pour aller au cabinet.
- Petit malin, tu as pensé à l'entretien ?
- Bein tu fais un avenant au contrat de Carmen et d'agent de surface du cabinet, elle devient agent de surface du manoir !
- Elle ne pourra jamais s'occuper de tout le manoir.
- Et bien, tu engages quelqu'un, celui là même que tu devais embaucher pour aider Xavier ! Ajoute Noémie.
- Oh, vous avez bien préparé votre coup les enfants !
- Oui, surtout quand il s'agit de toi maman. On veut que tu lâches prise. Tu t'investis trop dans ce cabinet.
- Mais c'est ma vie ce cabinet !
- Au rythme où vont les choses, tu vas l'y laisser ta vie dans ce cabinet tout crasseux maman. S'il te plaît, penses-y.
- Là, ils marquent un point ma chérie.. sourit Virginie. »


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Sam 21 Sep - 16:11

Louise ou la vraie vie 79

La petite berline rejoint le périphérique qui les mène vers l'hôpital où se trouve le majordome. Le silence dans la voiture est total. Louise se perd dans les pensées, se remémorant la conversation qu'elle vient d'avoir avec sa compagne et les enfants. Elle doit bien s'avouer que Nathan, Noémie et Virginie ont des arguments de poids. Loin de la capitale, loin des turpitudes de la vie, un fossé entre les événements passés et quelques peu douloureux, sa petite famille vivrait en toute sérénité dans ces montagnes qu'elle connaît par cœur et qu'elle vénère. Elle monterait un petit cabinet avec Virginie, laisserait à Françoise et Jeanne le soin de diriger pour elle les affaires de la capitale tout en gardant un droit de regard. Et, après tout, Paris n'est qu'à une heure de vol des Pyrénées.




La route grise qui défile sous ses yeux l'enfonce d'avantage dans sa réflexion. Tellement absorbée par ses pensées, Louise ne remarque pas les premiers flocons qui dansent devant ses yeux avant de venir s'écraser mollement sur le pare-brise de sa voiture. Virginie, à ses côtés, la tête tournée vers elle, l'observe tendrement. Sa main gracile s'approche de sa joue qu'elle se met à caresser de son index. Louise, alors penche sa tête sur cette main, répondant à sa caresse, avant de se tourner vers elle et lui sourire tendrement.


Les enfants, assis à l'arrière, se gorgent de se spectacle attendrissant et plein de complicité, synonyme de bonheur et de félicité, leur bonheur, mais avant tout, celui, tant attendu, de leur mère.


« Oh, il neige ! Interrompt Noémie
- Finalement, ils se sont pas plantés hein ! T'as vu ? Qu'est-ce que j'ai dit quand on est partis ? Tout ce paquet noir au fond, bein, il nous fond dessus !
- On en finira donc pas avec cette neige ?
- Bah, en février, on a qu'à partir en vacances sous les cocotiers !
- Mouais, avec la chance qu'on a, les pistes seront impraticables et l'avion pourra pas décoller !
- Roooo, mais tu vois toujours tout en noir Maman ! T'es pas possible !
- Je croyais que tu avais d'autres projets pour février ! Reprend Louise
- Quoi, quel projet ?
- Et après, on dit que c'est moi qui radote ! »


Après quelques secondes de réflexion, Nathan s'esclame !


« Hein, c'est vrai, tu es d'accord ?
- Vous avez fini de me convaincre, oui. J'adhère à fond à ce projet. On a besoin de changer d'air.. changer de vie.. recommencer ailleurs. Le seul souci les enfants, c'est que vous savez que là-bas, ça n'est pas Paris. Il n'y aura pas autant de distractions..
- Maman, là-bas, ils ont aussi la télé, ils connaissent les ordinateurs et internet. J'ai mes mères avec moi, Noémie et Xavier. Que demander de plus ?
- Des amis, et tes amis restés à Paris ?
- Ils le resteront Maman, et t'oublie que je m'en suis fait tout un tas là-bas..
_ Et toi.. Noémie... Tu as pensé à tout ? Te es sûre de vouloir aller vivre là-bas ?
- Bien sûr ! Quelle question !
- Heu.. et Kevin, tu as pensé à Kevin ? Et votre groupe ?
- Le groupe c'est pas grave Maman. Je ne suis que bassiste. Y'en a à la pelle, ils trouveront bien quelqu'un pour me remplacer.
- Je ne suis pas certaine que Kevin soit d'accord sur ce point. Si j'ai bien compris, c'est sérieux vous deux.
- Oui, ça l'est.
_ Et... ça te dérange pas de partir comme ça, loin de lui ?
- Franchement ? Non, si c'est le prix à payer pour que tu sois heureuse, alors, ça me va..
- Noémie, je ne veux pas être l'origine d'une éventuelle séparation qui pourrait vous faire mal à tous les deux.
- J'y ai pensé Maman, et j'ai si souvent parlé de ce rêve de vivre dans le sud qu'il s'y est fait et s'attend à ce que ça arrive. Et puis tu sais, la distance sera une épreuve, certes, mais aussi un test sur la solidité de notre relation. S'il on est fait l'un pour l'autre, alors, on saura attendre. Sinon, bein je me marierai avec le berger du coin..
- Tu en es sûre ?
- On ne peut plus sûre maman. Mais je connais Kevin, il ne me décevra pas, enfin, je l'espère sincèrement.
- C'est une bonne épreuve, en effet. J'ose encore espérer qu'il existe encore des hommes honnêtes et sincères!
- Ils existent ! S'exclame Nathan. La preuve, vous en avez un devant vous ! A conserver précieusement et sous verre avec système antivol hein.. On sait jamais !
- Nathan ! Un peu de sérieux, voyons ! Pouffe Louise. Tu peux pas te retenir une fois de faire le pitre ?
- Non maman. Et la raison est que, justement, Kevin est un mec bien et que je l'adore. Et puis, il pourra venir dans le sud autant de fois qu'il le voudra !
- Ou moi monter à Paris pour le voir !
- Ok ok ok ok. C'est bon, je dis plus rien. Heu, enfin, presque plus rien. Encore une chose . Noémie, je veux juste que vous preniez vos précautions... Je me sens pas encore l'âme d'être grand-mère.
- T'inquiète maman, on fait gaffe, promis. Et moi, j'ai pas envie de changer les couches d'un marmot entre deux cours.
- On est bien d'accord.
- Je suis trop jeune pour être mère. J'ai encore des tas de projets à accomplir et j'ai l'intention de les mener à bien avant de pouponner. Et si Kevin doit être le père de mes futurs enfants, je le saurai très vite.
- Oh, alors, c'est vraiment très, très sérieux. Ca, ça me plait !
- Mon dieu, ça tombe tant que ça peut ! On va même pas arriver à l'hopital si ça continue comme ça ! On devrait faire demi tour !
- T'es fou ? Ca fait une heure qu'on roule ! L'hopital est à quelques minutes. Si on retourne au manoir maintenant, alors là oui, on va avoir des soucis.
- Cool, très bonne déduction maman, mais tu penses au retour?
- Ca, c'est le cadet de mes soucis. Xavier est prioritaire sur dame nature. On y est, on y reste !
- C'est ce qui va nous arriver ma chérie, intervient Virginie. On va se retrouver bloqués tous les quatre à l'hopital !
- Chouette, on va squatter la chambre de Xavier ! Crie Noémie ! On va pouvoir parler de son expérience !
- Ca, c'est bas dit Louise. Vous me mettez au pied du mur !
- Bah, quand Hans en a parlé, y'a pas si longtemps, ça a eu l'air de te plaire !
- Oui, mais ça m'a terrorisée en même temps. Imagine, là, pareil, on a des centaines d'âmes qui nous écoutent ou nous espionnent !
- Oui, ils entendent tout ! Même quand on pète en cachette !
- Nathan !! Non mais je rêve !?
- Bah quoi, c'est vrai non ? Et dans les chambres ! Combien y'en a qui doivent se rincer l'oeil ?
- Nathan !!! Ca suffit ! Bon, ok, t'as gagné. Xavier nous parlera s'il a envie de parler, mais toi, je double ta peine de portage de petit déjeuner au lit ! Deux semaines avec Noémie, mais les deux semaines suivantes, tu le portera tout seul !
- Oh noooooooon !
- Ah, tu l'as cherché hein !
- Sinon, demande à tes potes fantômes de te donner un coup de main ou de t'apprendre à pratiquer la télékinésie ! Le plateau sera moins lourd à porter comme ça !
- Ho, tain, t'aurais mieux fait de la fermer frérot !
- Ho, ça va hein soeurette, feint-il de râler avant de l'attaquer à grand renfort de chatouilles.
- Bon, ça y est, je vois la sortie. Dans deux minutes, on est arrivés ; j'espère qu'on trouvera vite une place.
- A cette heure ci, c'est plutôt mission impossible, dit Virginie.
- Et la faute à qui ? Intervient malicieusement Nathan ?
- Fais gaffe à ce que tu vas dire ! Interrompt sa sœur. Tu risques de prendre la peine maximale !
- Ok, ok, ok, j'ai rien dit. Allez m'man, accélère, j'ai envie de me mettre au chaud..
- Oh, tu veux que je plante un nouveau décor mon grand ?
-Non, je veux juste boire un café ! »


Les quatre passagers continuent d'échanger non stop jusqu'à leur arrivée à l'établissement hospitalier. La neige tombe en tout petits flocons bien ronds et drus, la pire de toutes. La tempête n'est pas prête de cesser. Mais elle force certains à quitter l'hôpital au plus vite, craignant sans doute de rester bloqués sur place.



Ce qui arrange bien Louise qui se met à sourire de bonheur lorsqu'elle aperçoit à travers du rideau neigeux, deux feux de recul s'actionner.


« Ah bein voilà ! Que demande le peuple ? Crie-t-elle ?
- Du café, répond Nathan.
- Une semaine de plus répond Virginie.
- Ah non ! Non, non, non, j'ai rien dit là, ho ! Non, c'est pas juste !
- Exact, mais j'adore voir la tête que tu fais !
- Han, mais c'est un vrai complot !
- Non, c'est juste une demande de reconnaissance au fait que tu sois gracié ce coup ci. Mais là, il faut te montrer très reconnaissant, tu frises la correctionnelle !
- Mais ça veut dire quoi ça ?
- …..
- Ho, ça va, j'ai compris ! Vous voulez que je vous paye le café ! Heu, vous auriez pu le dire plus simplement, non ?
- On aime bien te faire râler.
- Ca merci, j'avais remarqué ! »


Louise coupe le moteur, tout le monde s'emmitoufle avant d'affronter la nouvelle morsure de l'hiver. Lorsque les portières s'ouvrent, un froid glacial envahit l'habitacle, arrachant à chacun un cri de stupeur.



« La vache ! Je plaisantais pas tout à l'heure quand j'ai dit qu'on allait se transformer en esquimau !
- Bah, tu fais comme nous, tu te tais, et tu fonces si tu veux pas geler !
- Ok, on fait la course ! A vos marques.. prêts.. partez ! »


Avant que les trois femmes aient le temps de réagir, le jeune homme a déjà cinq mètres d'avance. Elles décident de le suivre en courant, prises par le jeu, par une envie de respirer à plein poumons, d'en chasser l'air vicié accumulé les jours précédents. Il n'y a qu'une petite centaine de mètres à franchir et le vent fouette leur visage et.. fausse le champ de vision de tout le monde. La nature et les bâtiments s'arment déjà d'un centimètre de poudreuse. Nathan, dans sa fierté d'homme d'avoir pris le devant, ne remarque pas, au moment où il franchit les derniers metres qui le séparent de l'entrée, une plaque de verglas que cache la fine pellicule neigeuse.



Au moment où sa tête ordonne de s'arrêter, ses pieds continuent leur course sur le sol gelé. S'en suit alors une scène digne d'un dessin animé, au moment précis où l'on voit le personnage se démener sur place, jambes imprimant un rythme d'enfer digne d'un nouveau record du monde avant, de guerre lasse, lâcher prise et chuter. Sauf que Nathan, lui a innové. Par un tour de passe passe, dans sa tentative d'équilibre, il a réussi à se retourner vers les trois femmes, avant de disparaître totalement dans un amas de neige.


« Mon dieu ! S'esclaffe Louise ! Il nous aura tout fait ce matin !
- Attend, mais c'est pas normal, on le voit plus du tout!
- Il a complètement disparu !
- Nathan ! … Nathan ! »


Mais Nathan ne répond pas. Malgré les cris des trois femmes hélant son prénom, le jeune homme ne se manifeste pas. L'inquiétude commence à s'installer et les rires sur les visages peu à peu, s'estompent.


« Nathan, c'est pas drôle, répond s'il te plaît !
_ Nathan, Nathan, répond, tu t'es fait mal ? Ah non, c'est pas possible ! Nathan !! »


Alors que Louise, Virginie et Noémie se baissent à l'unisson pour lui venir en aide, du tas de neige surgit, tel un croquemitaine, un Nathan plein de vie, hurlant à plein poumon, son cri perçant l'air du matin. Les trois femmes se mettent à hurler de terreur, Virginie tombant à la renverse, entraînant dans sa chute, Noémie dont le réflexe a été de s'agripper à son bras lors de l'apparition soudaine de Nathan.


« Toi, t'es mort ! Hurle sa mère »



Joignant le geste à la parole, Louise se jette sur son fils avant de le clouer au sol. Plaquage parfait, digne d'un grand joueur de rugby qui laisse le jeune homme bouche bée. Mais la surprise est de courte durée. Virginie et Noémie se sont relevées et viennent épauler Louise qui éprouve de plus en plus de mal à garder sa stabilité face aux tentatives soudaine de libération de son fils. Une l'attrape par le cou et le scotche sur le sol, la seconde maintient un bras sous son genou avant de remplir ses mains de neige et de la glisser sous son manteau. La main valide de Nathan n'a plus qu'un réflexe, celui de le débarrasser de cet intrus.


Les trois femmes le libèrent alors de leur emprise et se décident, dans un éclat de rire général, à l'aider à se remettre debout.
« Ah c'est malin, je ressemble à quoi maintenant ?
- Je te signale que tu t'y es mis tout seul ! Répond sa mère. Mais tu voulais nous faire avoir un infarctus ou quoi ? T'es malade ma parole !
- A vrai dire, je me demande qui est le plus cinglé de nous quatre !
- Toi, sans aucun doute... Les filles.. vous en pensez quoi ? On alourdit encore la peine. Là, Nathan, tu peux pas dire le contraire ! Je te laisse décider Noémie chérie !
- On en est où exactement ? Deux semaines où Nathan et moi on devra vous porter le ptit'dej, puis deux semaines où Nathan vous le portera, mais tout seul.. c'est bien ça ?
- Oui ! Répondent en cœur Virginie et Louise.
- Ok ! J'ai trouvé ! Bein il viendra me porter le ptit déj à moi aussi pendant ces deux semaines !
- Han, je....
- La cour a décidé et vous somme de ne pas faire obstacle à sa décision sous peine de nouvelles sanctions !
- C'est bon, je me tais !
- Sage décision ! Allez, on rentre se mettre au chaud
- Et sécher surtout !!! »


Quelques secondes plus tard, la porte automatique s'ouvre sur le hall immense de l'accueil où se trouvent des dizaines de personnes. Mais quelques unes remarquent l'arrivée incongrue d'un petit groupe quelque peu.. démis. Nathan, qui continue de se débattre pour se débarrasser de la neige sous son manteau, ressemble à la fois à un bonhomme de neige et à un épouvantail à moineaux. Le cheveu rebelle et la tête basse, il s'avance, tentant de ne pas se faire remarquer. Et les trois femmes n'ont de cesse de rire en le regardant lui, et en s'amusant de la réaction des gens à leur passage. Quelques mètres encore, et les voilà devant le coin « presse/fleurs/café » de l'hôpital. Nathan se débarrasse enfin de son manteau, les femmes s'assoient avant de s'adresser à lui :


« Homme, on a froid ! Va nous chercher de quoi nous réchauffer !
- vos désirs sont des ordres Mesdames !
- Mais ce sont nos ordres mon gars ! Allez, grouille ! Steupléééé!!
- Ok, j'y vais mes belles. J'en profite pour prendre le journal à Xavier !
- Tu peux, mais je doute qu'il ait le temps de le lire.... »


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Lun 21 Oct - 12:54

LOUISE OU LA VRAIE VIE    80

La petite troupe s'installe autour d'une table venant de se libérer alors que Nathan s'empresse de commander quatre expresso bien serrés et de se procurer le journal du matin, qu'il compte offrir à Xavier un peu plus tard. Il rejoint ses femmes et s'installe entre Noémie et Virginie. Il parcourt d'un œil distrait la première page du quotidien et ses mains se crispent sur le papier alors qu'il émet un ho de stupéfaction qui n'échappe pas aux trois femmes.
« Qu'y a-t-il ? Interroge sa mère
Regarde, le pote de notre cher père vient de se faire refroidir. Apparemment, il a tenté de s'évader mais le journaliste pense qu'il s'agit d'un suicide étant donné que le Belge savait pertinemment qu'il n'avait aucune chance de s'enfuir.
Hé bien, ça fait un truand de moins sur terre. Ils disent quoi d'autre ?
En gros, ils parlent de toutes les affaires où il a trempées mais pour lesquelles on a jamais pu le boucler faute de preuves..
Doit y en avoir un sacré paquet. Ils parlent de ton père dans leur article ?
Oui, pour quand ils se sont faits prendre tous les deux à Montparnasse, ils détaillent les faits.
Ils parlent encore de moi ?
Non, juste qu'il est le mari de.. que vous allez divorcer.
Il n'a eu que le sort qu'il méritait. Parfois, j'ai honte de ma profession ...devoir défendre des salopards pareils.
Oui, mais toi tu choisis le côté des  bons, jamais de défendre le méchant.
Certes, mais quand bien même. Tu crois franchement qu'il y a des ordures qui méritent leur chance ? Tu crois qu'ils en ont laissé à leurs victimes ? ….Ah, les cafés !! 
Super, ça va faire du bien, je suis frigorifié !
A qui la faute mon chéri ?
Oh, ça va hein? »


Des éclats de rire étouffés se font entendre alors que la petite troupe se rapproche de la chambre occupée par Xavier. Louise lance envers sa compagne un regard amusé. Pourquoi n'est-elle pas surprise de reconnaître les rires de son majordome et de son médecin préféré ? Elle hésite quelques secondes, ne voulant briser l'intimité des deux hommes, mais, la curiosité finit par l'emporter sur la discrétion, alors, elle toque  à la porte, les trois autres derrière elle, en file indienne.
« Bonjour Messieurs hurle presque Louise dans un sourire éclatant. On vous dérange pas j'espère ?
Pas du tout ! Répond Hans qui lui rend volontiers son sourire.
Comment va notre cher Xavier aujourd'hui ?
Il pète le feu ! Je n'ai jamais vu quelqu'un récupérer aussi vite!
Ca m'arrange, je vais pouvoir bientôt quitter cet endroit. J'ai une sainte horreur des hôpitaux.
Et où croyez-vous aller comme ça ? Questionne Louise
J'ai hâte de rentrer au manoir et de retrouver mes fonctions.
Décidément, plus têtu que vous, on meurt ! S'exclame Louise. Il est hors de question que vous repreniez du service tant que vous ne serez pas totalement remis. C'est un ordre !
Et je vais faire quoi, moi, en attendant ? Me rouler les pouces ?
Roulez ce que vous voulez, mais les pouces, non. Du moins, pas au manoir. Je vous envoie en vacances forcées ! » A ces mots, Xavier lève l'index comme un écolier, la bouche en cœur. Il n'a pas le temps d'émettre le moindre mot que Louise continue.
Et on ne discute pas, vu ?
Louise, vous me connaissez, vous savez que je ne peux pas rester sans rien faire !
Exact ! C'est pour cela que je vous investis d'une mission de la plus haute importance.
… Comme Madame voudra..
Et y'a plutôt interêt ! Voyons, Xavier, ne faites pas cette tête ! Vous retournez dans vos montagnes et vous me tirez une terrine comme c'est pas possible !?
C'est que...
Et puis c'est quoi cette histoire que vous pouvez pas vous offrir des vacances ? Tous les moyens sont bons pour ne pas quitter le manoir. Et bien, vous n'aurez pas le choix, c'est moi qui vous offre votre séjour !
… ?
Les vacances approchent et vous serez remis sur pied, donc, je vous envoie là-bas, avec les enfants dans le but de nous trouver une superbe petite maison..
Mais, pourquoi louer une maison alors que vous louez un chalet tous les ans ?
Je ne vous parle pas de location, mais d'achat mon ami.
Vous.. vous êtes sérieuse ?
Absolument ! Les enfants et Virginie ont fini de me convaincre d'aller nous installer là-bas !
Mais Madame, le cabinet, le manoir ?
Je vous expliquerai tout cela très bientôt. Le sujet du jour est : Comment allez-vous ?
Je vous remercie... heu.. je vais de mieux en mieux !
A ce rythme là, intervient Hans, il sera dehors dans quelques jours.
Tant mieux, c'est super ! Nous aurons plus de  temps pour mettre sur pied notre projet. Les vacances sont dans deux semaines..
J'ai mes congés la semaine prochaine, intervient Hans.
Et Xavier sera sorti ?
A ce rythme là, oui.
On fait toujours comme prévu ? Vous embarquez Xavier avec vous ?
J'ai comme l'impression d'être la victime d'une manipulation énorme.. coupe le majordome.
Si vous vous bougiez un peu plus, dit Louise, faussement en colère, on en serait pas là ! Donc, fissa, vous vous dépêchez de guérir, vous préparez vos bagages.. que dis-je, on vous les préparera, et vous filez dans vos montagnes en compagnie de Hans !
Vous me chargez d'une mission délicate Louise. Quel type de maison ou chalet cherchez-vous ? Vous ne me donnez aucune indication !
Je vous en donnerai, mais croyez moi, vous me connaissez suffisamment pour savoir quoi chercher. Arrêtez de vous mettre en boîte tout seul Xavier.
Je chercherai avec lui, dit Hans, de son sourire charmeur.
Ca n'est pas pour me déplaire. Mais ce qui me déplait, c'est de venir vous importuner chez vous pendant ces deux semaines.
A mais pas du tout. Vous ne me dérangez pas le moins du monde. Bien au contraire ! Votre présence à tous va donner de l'animation à cette grande baraque vide. »

Lemoux gît sur son matelas. Sur son front roulent quelques gouttes de sueur. Son cœur cogne sa poitrine à tout rompre, la respiration est courte et saccadée , ses yeux fixent un point imaginaire, le regard est sans expression. Une bataille en lui fait rage. Le jour vient à peine de se lever et il n'a pas fermé l'oeil. Il a l'impression de ne pas avoir dormi depuis des siècles. Mais il sait très bien que ce n'est pas le sommeil à cet instant précis qui le taraude, mais un malaise qui le triture au plus profond de lui et qui s'est immiscé jusque dans la parcelle la plus infime de son corps. La mâchoire crispée, le souffle court, la même question lui revient à l'esprit chaque seconde. Où est passé Hulk ? Cette montagne de graisse, cet être vil et repoussant dont il est devenu le pantin, le compagnon de jeu pervers ainsi que de son meilleur ami, cet abominable nègre ?
Il n'a plus à se poser la question une nouvelle fois lorsque apparaît, à l'encoignure de la porte, l'immense silhouette qu'il reconnaîtrait entre milles.
Hulk, tranquillement pose son épaule gauche sur le montant de la porte et contemple le triste spectacle de l'avocat déchu. Sa main droite, aux doigts énormes et boudinés, caresse une barbe vieille de trois jours. Dans ses yeux, un éclat étrange, empli d'une excitation indescriptible. Ce qui n'échappe pas à Lemoux malgré l'état second dans lequel il se trouve.
« T'as ma dose gros tas ? Interroge Lemoux ?
L'as tu au moins méritée ?
T'en as pas assez de me voir me faire démonter le trou de balle ? File moi ma dope ! »

Du plus profond des entrailles du géant surgit un rire guttural et incontrôlable, un rire qui prend une ampleur telle, que tous les détenus de l'aile de haute sécurité finissent par l'entendre. Hulk se rapproche de son compagnon de cellule à une lenteur calculée, Lemoux l'observe d'un œil où se lit l'impatience et l'agacement, mais aussi la pitié. Hulk, savoure l'état d'affaiblissement de Lemoux, celui dans lequel il a réussi à l'amener, peu à peu, avant d'en faire l'objet sexuel de son meilleur ami, Doctoré dont l'appétit sexuel hors norme a fait de lui un homme au portefeuille bien garni, si l'on ne tient pas compte de son trafic de stupéfiants et magouilles en tout genre.
Hulk s'assoit sur le rebord du lit et prend la main de l'avocat   ripou qu'il se met à caresser comme le fait un père envers son enfant.
« Alors mon grand.. tu es aux abois hein..
Hulk, tu fais chier, file moi ma dose.. Tu vois bien dans quel état je suis.. Tu aimes me voir à ta botte hein..fumier..
J'avoue. J'adore ce sentiment de toute puissance que j'exerce sur tout le monde ici.. en particulier sur toi. J'aime voir la limace que tu es.. En fait, tu n'as jamais été rien d'autre qu'une merde.. Et tiens, en parlant de merde, la voilà, la tienne. »

A cet instant, le bras de Lemoux retrouve une énergie soudaine et s'abat sur la main de son bourreau qui le renvoie à la case départ d'un simple mouvement de poignet.
«  Allez, merde, fais passer ! Tu vois pas que je suis en train de crever, espèce de fumier ?
Cette merde aura ta peau Lemoux. Tu vas finir par en crever !
On dirait que tu as pitié de moi tout d'un coup.
Peut-être bien. Tu sais, je suis un homme d'affaire. Et quand j'ai de bons clients, je déteste qu'il arrive une bricole, c'est très mauvais pour mon business...très, très mauvais. Et tu es un de mes meilleurs clients, si ce n'est le meilleur.. Donc, oui, j'aimerais pas qu'il t'arrive un truc.
Arrête, tu vas me faire chialer.. Allez, aboule, ou je me sers ailleurs.
Oh, oh, non, tu sais que j'ai la meilleure..
Peut-être, mais pour te faire chier, je suis capable de le faire. Alors, pour la dernière fois, file moi ma dose ou va au diable ! »

A ces mots, Hulk desserre son immense main de laquelle celle de l'avocat fébrile vient retirer un petit sachet plastifié. Puis, il se livre à son rituel, garrot, seringue, injection sous l'oeil impassible de Hulk qui finit par lâcher quelques mots.

« Dommage, je t'aimais bien l'avocat..
- ….
Ah, c'est vrai, je t'ai pas dit, mais je pouvais pas te le dire avant que tu fasses ta piquouze.
Quoi ?
Je t'ai menti... Je t'aime bien, mais tu n'es pas mon meilleur client finalement.
Qu'est-ce-que tu veux dire ? Tu veux plus, c'est ça?
J'ai déjà plus, beaucoup plus..
Je comprends pas.
Comment tu te sens l'avocat ?
Bien, je vais bien..
Tu vas aller beaucoup mieux dans pas longtemps mon gars.
C'est pour ça que je te paie, pour me donner la meilleure non ?
Oui, mais pas là où tu vas. Quelqu'un m'a payé un max pour que tu ailles très très loin, aussi loin que lui...
Qui bon sang ? Tu m'énerves avec tes énigmes à la con..
Ton pote, Eekhoud.
Eekhoud ? Mais il est mort Eekhoud, finito, au boulevard des allongés.
Justement mon pote. C'est lui que tu vas rejoindre et très très vite. Ca me fait de la peine de te voir partir tu sais..
Co..comment..
Tiens, il a laissé un petit mot pour toi. Un testament d'outre tombe en quelque sorte.. »

« « Salut JP. Tu croyais t'en sortir comme ça ? Je ne supporte pas l'échec, encore moins quand il vient d'un minable comme toi. Tu m'as trahi, tu vas payer. C'est la meilleure et la plus forte. Tu vas  crever au fond de ton trou. J'y suis déjà, je t'attends. Bienvenue en enfer.. »

Hulk observe le visage de Lemoux alors qu'il le lit puis, le laisse à son triste sort. L'avocat suffoque, se met à baver, fait un point de compression dérisoire au niveau de l'artère humérale, se débat, gesticule dans tous les sens avant de retomber sur sa couche.
Peu à peu, ses gestes se font plus lents, la fatigue le gagne, la drogue commence à faire son travail de mort. Il ne bouge plus, fixe le plafond de la pièce puis ferme les yeux et ouvre la porte à un profond coma qui voit s'arrêter une à une ses fonctions vitales.


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Jeu 31 Oct - 14:17

LOUISE OU LA VRAIE VIE   CHAPITRE 81     FIN

« « Allo.. » »
« « Oui, c'est moi... Commissaire, non, je suis à l'hôpital, pourquoi.... quoi ? Comment ça.. Quoi ? » articule Louise dans le combiné. Xavier, Hans, Virginie et les enfants se tournent vers l'avocate avec un visage empreint d'interrogation. Louise ne reste pas bien longtemps au téléphone. A peine l'appareil rangé dans sa poche, elle se tourne vers la petite assemblée et annonce d'une voix monocorde.


« Je suis veuve..
- Comment ça ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Questionne Virginie
- C'est Gavoilhe qui vient de m'appeler les enfants. Votre père a été retrouvé mort il y a deux heures dans sa cellule.
- Overdose je présume ?
- C'est ça..
- Pas dur de deviner ce qui a pu se passer, intervient Nathan,Sinon, c'est pas lui qui t'aurait contactée.
- Oui, c'est la drogue qui l'a tué, donc, il y a enquête.
- En tout cas, ça veut dire une chose dit Noémie, grand sourire aux lèvres. Il ne peut plus rien nous arriver ! Et en plus, maman, tu vas faire des économies pour le divorce..
- Noémie !
- Bein quoi maman ! Tu n'as plus à penser à ton divorce ,tes papiers, sans compter les emmerdes qu'il t'a apportées et les embrouilles qu'il t'aurait créées. Donc oui, tant mieux qu'il soit mort. Il n'a eu que le sort qu'il méritait.
- Tu parles de ton père !
- Maman, ne culpabilise pas ! Cet homme n'a jamais été ni un père ni un mari. Il a fonctionné à l'envers et ne s'est jamais occupé de nous. A part t' humilier, profiter de toi, de ton argent et faire ses sales coups dans ton dos qu'a-t-il fait de positif ? Il s'est incrusté, a profité de ta notoriété pour s'en forger une et pour mieux t'enfoncer ensuite.. Tu appelles ça « mon père » ? Je n'ai jamais eu de père en ce qui me concerne.
- C'est pas moi qui vais le pleurer maman, et tu le sais très bien. Et tu sais quoi d'ailleurs ? Les obsèques, ça va être vite réglé : fosse commune et basta. Et c'est encore trop d'égard pour une telle ordure.
- Ca sera peut-être pas pour demain, il va y avoir autopsie
- Très bien, qu'ils le coupent en morceaux et qu'ils les donnent à manger aux vautours.. Ca va pas nous empêcher de faire notre petite escapade dans les Pyrénées, bien au contraire ! Je pense que je vais trouver l'air encore bien meilleur !
- Heu, si on arrive à partir.. Tu as vu la neige dehors ?
- Mon dieu, !
- Je t'avais prévenue maman !
- Rien ne m'aurait empêchée de venir rendre visite à Xavier, tu sais ça...
- Oui, mais la question était : comment allons-nous retourner à la maison ?
- Bein, enTaxi...
- Tu crois qu'ils ont troqué les roues contre des skis ? Non, plus sérieusement, déjà qu'il faut attendre des plombes pour avoir un taxi en temps normal, tu crois que là, ça ira plus vite ? A ce rythme, c'est des scooters des neiges qu'il va leur falloir !
- Ok petit malin, et tu proposes quoi en attendant?
- On squatte la chambre de Xavier..
- On va pas rester ici toute la sainte journée. Xavier a besoin de se reposer et aussi.. de son.. intimité. Et moi de la mienne avec Virginie..
- Wow, wow wow.. temps mort. J'ai raté un épisode là ? Je dois te faire un replay de cette nuit ? S'esclaffe Nathan.
- Non mais dis donc toi ! T'en as pas eu assez tout à l'heure ?
- Avoue que je vous ai bien fait peur. M'man, tu aurais du voir ta tête quand je suis sorti de dessous le tas de neige. Et toi, Virginie, tu as fait un de ces bonds !
- Ca, je suis pas prête de l'oublier mon bonhomme! J'ai failli faire une attaque ! Crois moi, on va pas en rester là mon grand !
- Et tu comptes me faire quoi ?
- Je n'ai encore rien décidé pour le moment, mais tu ne perds rien pour attendre, crois moi !
- Justement, à propos d'attendre, on fait quoi ?
- Heu, t'as le feu quelque part ? On vient juste d'arriver. Alors, tu tombes ton manteau, et zen. La journée est plutôt mal engagée, j'en conçois..
- Tu plaisantes ? C'est une très belle journée au contraire ! Le ciel de nos vies s'est éclairci d'un seul coup ! Un salaud en moins sur terre et pas n'importe lequel ! Que demander de plus !?
- Que tu te calmes ! Intervient un peu sèchement Louise. Je te trouve bien excité. Je suis pas sûre que la neige se calme finalement.. Tu as donné son journal à Xavier ?
- Non, il est encore dans la poche du manteau, par contre, j'ai oublié la tablette dans la voiture...
- C'est malin ! Grogne Louise.
- Je vais la chercher ! Dit Virginie. Je vais en profiter pour m'en griller une petite.
- Je viens avec toi mon ange. On la fumera ensemble.
- Et ne traînez pas ! Vous pourriez vous perdre dans la tempête ! Plaisante Nathan. »




Les deux femmes quittent la chambre et se faufilent rapidement vers les ascenseurs, zigzagant adroitement entre les visiteurs et les patients qui se dégourdissent les jambes. Elles parviennent enfin à destination et s'engouffrent d'un seul élan, dans la première cabine disponible.


L'ascenseur est bondé et elles se retrouvent collées l'une à l'autre, face à face, yeux dans les yeux, ce qui n'est pas pour leur déplaire.
Elles se regardent le temps des quelques secondes que dure la descente jusque dans le hall. Les regards sont profonds et chacune peut lire chez l'autre l'amour qu'elle éprouve pour l'autre. Les yeux ne cillent pas, ils se parlent, ils se répondent. Les personnes qui les entourent, le décor, tout a disparu, elles sont seules dans leur bulle de bonheur et rien ne peut plus les perturber.



Louise, soudainement, se rend compte de la situation quand elle se surprend à détailler le généreux colleté qui s'offre à ses yeux et un léger sourire se dessine sur ses lèvres pulpeuses. Virginie, qui comprend la situation, détourne la tête alors que sa main vient sur sa bouche, couvrant une petite toux factice. Les occupants de la cabine aux alentours, gênés, détournent leur regard. Les dernières secondes sont interminables pour eux, la gêne pesante, mais ces quelques instants de volupté sont un don précieux pour les deux femmes, telle l'ambroisie donnée par les Dieux.
La porte de l'ascenseur s'ouvre et les deux femmes se dirigent à petits pas précipités vers la sortie, main dans la main, large sourire aux lèvres.
« Ho mon Dieu, la honte !!
- Oui, bien, ils avaient qu'à pas être là hein !
- Non, mais tu te rends compte amour ? J'ai maté tes seins comme une malade ?! Quelle idée de les avoir mis ainsi, là, sous mes yeux ? Tu sais que mon petit cœur n'y résiste pas !
- En fait, je pense qu'il y a pas que ton cœur qui a failli ne pas tenir. T'as pas remarqué le papy juste à côté de toi ? Il a ouvert la bouche si grand que j'ai vu le moment où il perdait son dentier.
- Hein ? Qui c'est le petit vicieux qui a maté ma femme ? S'insurge faussement Louise avant de partir dans un bel éclat de rire.
- Une cigarette chérie ?
- Bien sûr, je suis descendue pour ça.
- Ha, je croyais que c'était pour être avec moi, feint de bouder Virginie... Allez, viens vite, on dirait qu'il neige un peu moins, allons la chercher cette fichue tablette.. »



Les portes automatiques à peine fermées, Louise et Virginie subissent à nouveau la morsure de l'hiver. Remontant le cols de leurs manteaux, elles bravent le vent, le froid et la neige.


« Bon sang, ça n'en finira donc jamais ce froid ? - J'ai jamais rien vu de pareil.
- Il va pourtant falloir nous y habituer. Ca va être pire dans les Pyrénées.
- C'est clair, sans compter tout ce qui va avec.. les orages de dingue, les inondations..
- La garbure et le gâteau à la broche ..
- Non mais j'hallucine, quel estomac sur pattes tu fais !
- Tu t'en aperçois juste maintenant ? Tu n'es pas au bout de tes surprises chérie !
- Où est la voiture ?
- Louise, tu ne te souviens pas, elle est juste un peu plus loin, là, à quelques mètres, au niveau des arbres là-bas..
- Là-bas, mais c'est à des années-lumière ! On se sera transformées en glaçons avant d'y arriver.
- Raison de plus pour presser le pas ma chérie, dit Virginie en tirant sur le bras de l'avocate. Allez hop, courage !
- Han mais pas si vite !
- Ho toi, va falloir te remettre un peu au sport !
- Tu insinues quoi lui réprimande Louise ? J'ai un gros cul ? C'est ça ?
- Meuuuh non, il est ravissant ton petit cul chérie. Qu'est-ce-que tu vas imaginer..
- Bon alors, pourquoi tu me parles de sport ?
- Pas n'importe lequel chérie. Ah, voilà la voiture, allez, ouvre dépêche toi amour. »



Les voyants lumineux clignotent et les portières s'ouvrent. Les deux femmes s'engouffrent à l'intérieur de la citadine et se saisissent du paquet de cigarettes resté en évidence sur le tableau de bord. Louise s'en saisit et allume une première cigarette avant de la tendre lentement à sa compagne.
« Merci chérie. J'ai mis la tablette dans mon sac. On a plus qu'à repartir. - Non bébé, on va griller notre cigarette tranquillement, et une autre s'il le faut. J'ai envie de rester seule avec toi un petit moment. Répond gravement la blonde Virginie.
- On va congeler dans cette voiture !
- C'est pour ça qu'on a inventé un système appelé chauffage ma chérie. Allez hop, installe toi, il va faire vite chaud.
- Tu plaisantes ? Je suis morte de froid.. Comment veux tu qu'un morceau de viande froide se réchauffe en quelques minutes..
- Ho, mais je connais un excellent moyen moi !
- Je te vois venir.. C'est le sport auquel tu viens de faire allusion..
- Exactement sourit Virginie en approchant son visage de celui de Louise.
- Non.. pas ici, voyons..
- C'est vrai qu'il y a foule dehors.. et en plus, on est sous les arbres et isolées en plus.
- Vir....
- Zen mon amour.. susurre la jolie blonde dont la main remonte le long de la cuisse de Louise avant de finir sa course sur ses hanches. Tu es la femme la plus sexy que je connaisse et j'ai envie de toi. Je t'aime mon amour.
- N'empêche que.. je suis pas très rassurée.. ici..
- Chtttttt »


Les lèvres de Virginie ne tardent pas à trouver celles de Louise qu'elles supplantent en lui délivrant un baiser magistral. La main de la jeune secrétaire continue sa course langoureuse sur le corps de l'avocate, ses lèvres ne laissant aucun répit à celles de Louise qui ne tarde pas à fondre sous les caresses de sa maîtresse, à laquelle elle finit par s'abandonner totalement.


La température grimpe très vite dans l'habitacle de la voiture et bientôt, une épaisse buée se dessine sur les vitres, les isolant ainsi totalement de l' extérieur.




Quelques instants plus tard, les deux jeunes femmes quittent la petite citadine, bras dessus, bras dessous, sous une averse neigeuse sévère dont elles ne s'inquiètent nullement. Dans la chambre, les attendent patiemment Xavier, Nathan et Noémie qui les voient arriver sereinement par la fenêtre donnant sur le parking, sourire aux lèvres.




« Je suis ravi de voir maman aussi heureuse, rien ne pouvait me faire plus plaisir. Hâte de partir d'ici, oublier, tourner la page, balayer le passé et les erreurs et tout recommencer avec ma vraie famille. A nous la vraie vie »



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