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 LOUISE OU LA VRAIE VIE

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mielpops09
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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Mer 6 Fév - 17:22

“Coucou mon ange, ça va, j'ai pas été trop longue?
- En théorie, tu n'as mis que 25 minutes, mais en pratique, c'est une éternité.
- Tu m'as terriblement manqué chérie.. et ce grand lit vide, sans toi c'est l'horreur.
- Je suis d'accord mon ange. Mais entre et met toi à l'aise. Le café vient de passer..tu as pensé aux croissants ma puce?
- Tiens, tout chauds eux aussi.. et ça aussi..” Louise dégage la main qu'elle garde dans son dos depuis son arrivée chez Virginie. Elle tend sous son beau minois un lys qu'elle a pris dans le gros vase de l'entrée du manoir. La blonde, affiche un sourire radieux et, enfin, vient cueillir la bouche de Louise.


“ Merci ma chérie.. Elle est trop belle !
- Tu les connais, ce sont ceux de l'entrée, mais comme aucun fleuriste n'est ouvert à cette heure ci et que je voulais t'apporter des fleurs, bein... voilà quoi !
- Merci mon amour. Hmmm, et très odorant en plus!
- Oui, ils sont plus forts que les blancs et ils sont bien plus jolis.
- Je vais le mettre sur la table basse du salon.. Viens, c'est là que j'ai installé notre petit déjeuner.
- Je te suis..
- Ah, donne moi les croissants que je les mette dans la corbeille .
- Heu, je te les ai déjà donnés.. Ils sont dans ta main chérie.. répond Louise un petit sourire narquois aux lèvres.” Ses yeux pétillent autant que ceux de sa maîtresse, ravie de la retrouver enfin.
- Ho, ho... Je crois que tu me troubles mon coeur.
- Je te rassure.. Tu me fais le même effet.”


Les yeux dans les yeux, le regard fixe et profond, elles se fixent mutuellement, un petit frémissement à l'aile du nez, trahissant l'envie qu'elles ont l'une de l'autre.. Puis, peu à peu, leurs têtes se rapprochent et leurs lèvres se scellent, s'unissant dans un baiser langoureux et interminable.
“ C'est fou ce que tu m'as manqué mon amour. Ces quelques heures loin de toi m'ont paru une éternité. Je crois que je n'ai jamais aimé quelqu'un comme je t'aime.
- Je suis dingue de toi aussi ma chérie.. murmure dans un souffle Virginie, dont la langue à présent vient jouer avec le lobe de l'oreille de l'avocate.
- Tu as faim toi ? Questionne Louise.
- Oui, de toi. J'ai envie de te bouffer toute crue..
- Mmmm quel bon programme.. dit Louise, alors que leurs têtes dodelinent d'un côté, puis de l'autre, pendant que chacune dévore la bouche de l'autre.
- J'ai envie de toi ma chérie.
- J'en ai tout autant de toi mon coeur.”


Joignant le geste à la parole, la blonde secrétaire retire un à un les vêtements de Louise, qui tombent rapidement à ses pieds. De son côté, Louise déshabille entièrement sa belle, puis stoppe net leur étreinte et, tenant les bras de Virginie, elle contemple son corps nu.


“ Tu es tout simplement magnifique mon ange.
- Tu n'es pas mal non plus tu sais, rétorque Virginie avec un clin d'oeil malicieux... Bon, alors, par quel bout je vais commencer?
- Heu... la bouche ? Suggère Louise.
- Très bonne idée, il faut mettre la machine en route, même si je suppose qu'elle est déjà bien chauffée..
- Alors, fais monter la pression mon coeur..
- A vos ordres Madame!”


Avec une infinie tendresse, Virginie enlace Louise, la ceinturant à la taille. Louise, de son côté, se pend à son cou, lui offrant ses lèvres charnues et frémissantes. Leurs corps gourmands se collent l'un à l'autre, provocant une vague de volupté chez les deux femmes.
Tout en s'embrassant, Louise et Virginie, jambes et pieds mêlés parviennent jusqu'au salon où une lumière douce et chaleureuse les accueille. Lentement, Virginie investit le corps de Louise de dizaines de baisers. Pas une parcelle du corps de la brune n'échappe aux lèvres de Virginie, qui, peu à peu, descend le long de son buste, de ses hanches et de ses jambes, avant de remonter, tout en flattant de ses mains les formes merveilleuses de son corps. Le souffle chaud à chacun de ses baisers sur sa peau satinée sont autant de clés ouvrant une à une les portes du désir. Les yeux clos, Louise savoure ces caresses délicieuses et s'abandonne aux frissons qui l'envahissent peu à peu. Virginie fait le chemin inverse en appuyant ses baisers et avec le renfort de sa langue. Louise caresse sa tête et ses épaules, attendant impatiemment que la tête de Virginie parvienne à hauteur de la sienne afin de lui donner un baiser majestueux et profiter, à son tour, du délice de sa peau.
Lentement, elles basculent toutes deux sur le gigantesque sofa du salon qui les accueille dans le plus grand confort et la plus grande douceur. Au fond de la pièce, un aquarium géant de poissons exotiques aux milles couleurs étincelantes donnent des reflets irisés sur les murs et sur leurs corps enchevêtrés. Louise sourit à Virginie, Virginie sourit à Louise.
“ je t'aime mon amour
- je t'aime aussi mon ange.”


La sculpturale Virginie investit de sa bouche, le buste de sa maîtresse, l'honorant de ses mains et de ses lèvres, dessinant de sa langue des ronds imaginaires, se rapprochant insensiblement des aréoles pendant que ses mains continuent de la caresser. Louise accueille dans un souffle rauque ces offrandes de douceur et de volupté.
Elle joue avec la crinière de feu de sa compagne, l'embrasse, respire son odeur, caresse ses joues et ses épaules.


Virginie, du bout de ses lèvres, jouent avec les pointes dardées de plaisir, les pinçant, les caressant avant d'y déposer un baiser et de les honorer savamment de sa langue. Sa cuisse s'immisce entre celles de Louise et entre en contact avec son pubis. La blonde secrétaire lève la tête et sourit à sa compagne qui, ouvrant d'avantage ses jambes, l'encourage dans son entreprise.


La jeune femme commence alors à imprimer un léger mouvement de ses reins, caressant subtilement l'entre jambes de Louise qui tire sa tête en arrière dans un mouvement de totale satisfaction. Sa jambe répond alors à celle de Virginie qui accentue légèrement l'impulsion de ses reins sur son bassin. Les doigts de Louise parcourent savamment le dos de sa compagne, ses ongles traçant de légers sillons sur sa peau. Elle ondule sous le corps de Virginie qui continue d'accentuer le rythme de ses va et vient entre ses jambes, les mains parcourant à présent le galbe de ses cuisses de haut en bas et de bas en haut, se rapprochant à chaque fois plus prêt de l'antre de son plaisir. Se dégageant légèrement en prononçant l'emprise de sa jambe, Virginie laisse alors le champ libre à la main de Louise qui en profite pour immiscer sa main sur son pubis et descendre plus bas alors que celle de sa compagne entreprend de fouiller sa propre intimité. Les gémissements des deux femmes viennent troubler le silence du salon accompagnant les légers crissements du cuir du canapé.


Leurs lèvres se rejoignent encore et encore, étouffant les gémissements qui se transforment en râles, alors que leurs doigts pénètrent leurs intimités.
Louise cesse son étreinte, invitant Virginie à placer son entre jambe au dessus de sa tête. Tout en caressant ses seins, elle embrasse, puis sa langue se met à lécher son intimité, de façon anarchique tout d'abord, puis de façon de plus en plus précise ensuite. Elle joue avec son bouton fier et arrogant, gonflé d'un désir qui ne demande qu'à exploser. Sa langue fouille ses chairs chaudes et molles, darde son clitoris avant de rebrousser chemin et dessiner le contour de son antre détrempé. Sans relâche, Louise se délecte de ce fruit dont elle savoure le nectar puis, continuant son étreinte, elle pénètre la grotte humide de Virginie qui ondule au rythme de ses doigts. Quelques instants plus tard, la blonde secrétaire sent monter en elle une vague de fond avant d'imploser en un cri de puissant jouissance.




“ On a pas fait trop de bruit, tu crois?
- Juste un peu..
- Ca remplacera le chant du coq. En plus, c'est bien plus marrant, tu crois pas? Répond Louise en riant.
- Je t'aime Louise.
- Moi aussi je t'aime mon ange.
- Tu as faim chérie?
- Oui, j'avoue.. On petit-déjeune?
- Volontiers.
- Et il va falloir songer à partir travailler aussi. J'avoue que c'est la première fois que j'ai pas envie de me rendre au cabinet!
- Je n'en ai pas la moindre envie non plus tu sais.
- Et finalement, je me sens faible tout d'un coup..
- C'est clair, tu n'as pas totalement récupéré de ta grippe ! Renchérit Virginie.
- C'est vrai, mais alors, ce que je peux me sentir faible!
- Téléphone à Jeanne et Françoise et tu leur dis que tu t'octroies une journée de plus..
- Après tout, avec ce froid, si je me risquais à sortir, je pourrais facilement rechuter. Rit Louise.
- C'est clair.
- Je téléphone..non attend, je prends mon portable, n'oublie pas que les appels rentrants s'affichent. Elles n'ont pas besoin de savoir, enfin, pas pour l'instant.
- Je suis d'accord, et moi, comment vais-je justifier mon absence mon coeur?
- Et si tu passais chez Maître Delacour pour récupérer des dossiers?
- Oui, mais il me faudra pas la journée pour y aller.
- Si si, c'est à 150 km, et puis les routes ne seront pas très sûres avec la neige à la campagne.. Et puis, tu resteras le midi manger dans un petit resto et puis tu rentres dans l'après-midi. Tu fais un saut de puce au cabinet pour leur remettre le dossier, et tu rentres à la maison.
- Comment veux-tu que je leur porte un dossier qui est à 150 km et que je ne vais pas chercher puisque je suis avec toi?
- Héhé.. le dossier est dans ma voiture chérie, depuis 3 bons jours.
- Ah bravo!”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Ven 8 Fév - 18:23

“” J'ai trouvé votre binôme. Vous avez le matos?””


“” Ok tant qu'il sait conduire une bécane. Vous en avez trouvé une?


“Oui, le flingue aussi. Je vous dirai l'endroit où vous approvisionner le moment venu”
“” Ok, ça marche. Over””


Un mail plus loin :


“” Changement de planning. Rendez-vous à Montparnasse à 15h00. Le “Belge” a un contretemps. C'est ok pour toi?””


“” No souci, j'y serai. Plus vite j'aurai empoché mon fric, mieux je me porterai.””


Marquer comme non lu.


La taupe, dans le bureau, lit impunément les mails alors que tout est calme dans le pavillon, ou presque. La silhouette furtive entend soudain des pas à l'étage supérieur. Elle se dirige rapidement, sans être vue dans le hall d'entrée, se glissant, tel un fantôme, le long des murs jusqu'à destination.
Jeff arrive au pied de l'escalier, une arme à la main, trempé de sueur, les yeux engourdis de sommeil, mais les sens en alerte. Il tient dans sa main un pistolet 9mm, prêt à l'emploi et progresse, méfiant, comme le font les forces de l'ordre pour ne pas se faire piéger par l'ennemi.


“ Qu'est-ce-qu'il se passe Jeff ?” questionne Corinne, entièrement nue, sortant de la cuisine. La bouche en “o”, surprise et effrayée en même temps, elle lâche l'énorme tartine de pain beurré recouverte d'une impressionnante couche de confiture à l'orange.
Au même moment, Jeff se retourne et brandit son arme vers elle, avant de rabaisser les bras.


“ Putain Corinne.. Tu fais chier, j'ai failli te plomber! Hurle Jean-François.
- Et toi, t'es pas malade de te balader avec un pétard non? Et puis pourquoi d'ailleurs?
- J'ai entendu du bruit. Et si tôt, c'est pas normal! Et toi, qu'est-ce-que tu fous debout à cette heure ci?
- Je te signale mon abruti de chéri, qu'il est 08h15. On est pas au milieu de la nuit que je sache! Et quand bien même, j'ai bien le droit de bouffer quand j'ai faim non? Il va falloir que je te demande la permission de descendre à la cuisine sous peine de prendre une balle? On aura tout vu!
- Oh merde, ce que tu peux être conne à tes heures!
- Bein, v'là autre chose! C'est de ma faute maintenant! Ce que tu peux être de mauvaise fois mon pauvre!
- Oh, tu vas la fermer ta grande gueule oui?
- Sache que je suis pas ton objet et que tu ne m'empêcheras pas de faire ou dire ce que j'ai envie de faire ou dire! T'es qu'un pauvre minable sans âme.
- Tu vas la fermer oui ou je te bute!
-T'en es même pas capable! Tu as trop besoin de moi..
- Là, tu te trompes ma belle. T'es qu'une merde, une pute de stripteaseuse que j'ai sortie de ce boui-boui.
- Un être humain surtout, qui en a ras le cul de se coltiner un abruti comme toi! A supporter tes frasques et tes humiliations! Comment j'ai pu accepter ça?
- Oh, mais c'est pas moi que tu supportais ma belle! Mais mon pognon!
- Certes, ton pognon, et ton rang! Parce que ce qui est pour le reste, tu vaux rien! Au lit, t'es une vraie bille mec!
- Corinne, arrête ou je te bute.
- Bein fais le.. je suis sûre que t'as pas les couilles de le faire!
- Ah tu crois?
- Mais bien sûr que je le crois! Tu vas pas foutre ta carrière en l'air pour une petite conne comme moi! Ce serait trop con hein ! Tu as trop investi sur moi pour me refroidir! L'assurance vie pour Kévin, t'auras pas un kopec s'il m'arrive une bricole, et tu le sais très bien !
- T'es plus fûtée que je ne le pensais salope!
- Il faut toujours se méfier de l'eau qui dort! On ne t'a jamais appris ça?
- Tu me dégoûtes!
- Ha, tiens! Bein chacun son tour chéri!”




Jeff ricane tout en se grattant la tempe avec le canon du pistolet.. Ses ricanements se transforment en éclats de rires nerveux. Il se retourne vers Corinne en se grattant la gorge, puis la pointe du doigt.


“ Finalement, t'es aussi pourrie que moi mon ange.
- Plus que tu ne le crois mon chéri.
- T'as raison, je peux pas te buter. En fait, tu peux m'être très utile.
- Enfin! Tu te décides à me faire rentrer dans ta danse ! Tu ne seras pas déçue du voyage Jeff, tu peux en être sûr!
- J'espère bien ne pas m'être trompé.
- Non, tu ne t'es pas trompé” répète Corinne, un éclat indéfinissable dans les yeux.


Jean-François, range l'arme dans son étui se baisse pour ramasser le pain qui gît au sol et nettoyer la marmelade étalée.


“ Il en reste?
- Bien sûr.
- Ok, alors, allons déjeuner.
- Je te suis..”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Sam 9 Fév - 12:44

Jeff et Corinne pénètrent dans la cuisine, elle, toujours nue, lui, en slip. Ils s'installent au bar américain. Corinne se sert un café et sert son amant ensuite. Mais la trève est de courte durée.


“ Dis, t'as pas froid à poil ma poule?
- Non, sinon, crois-tu que je serais descendue comme ça?
- C'est pas faux. Mais j'avoue que j'ai pas très chaud...Au fait, tu pensais vraiment ce que tu as dit tout à l'heure?
- Quoi donc?
- Je suis nul au pieu?
- A franchement parler, j'ai vu mieux..
- Je pensais pourtant..
- Pourtant non.. Le missionnaire, la levrette ou la brouette, et le plus souvent sans préliminaires, franchement, tu manques d'imagination..
- Pourtant, tu avais l'air de prendre ton pied.
- L'air seulement.. je te l'ai dit, tu es un rustre qui ne pense qu'à lui. Si faire l'amour pour toi est synonyme de te vider les couilles, alors, t'as tout faux.
- Pourtant, les chiennes comme toi, vous aimez bien le foutre.
- Ah, parce-que tu crois que c'est un but en soi pour nous? Encore une fois, tu as tout faux Jeff. T'es comme tous les autres, peut-être pire. Fourrer votre truc entre les cuisses des filles, c'est tout ce qui compte. Si tu as connu d'autres échecs avant moi, ça ne m'étonne pas. Je suppose que Louise doit avoir des cornes si hautes qu'elle doit pas passer la porte.
- Je n'ai jamais trompé Louise.
- Tu te fous de ma gueule là ! !
- Non, c'est pourtant vrai. Mais je me suis bien rattrapé depuis je dois dire..
- Je n'en doute pas une seconde. Et vois-tu, je te soupçonne d'aller tremper ton biscuit ailleurs qu'ici..
- Mais non, que vas-tu imaginer?
- Oh, j'imagine rien du tout. Mais je remarque souvent des trucs. Par exemple. Chaque fois qu'on sort chacun de son côté, je trouve l'appartement nickel chrome quand je rentre, alors que d'habitude, tu te baisserais même pas pour ramasser un bout de papier. Donc, oui, je suppose que tu fais venir d'autres femmes ici. Il y a des odeurs qui ne trompent pas non plus..
- Ok, je me tape d'autres nanas que toi. Des putes si tu veux savoir, et je m'éclate un max avec..
- Ca, j'imagine! Et elles sont bien dociles je suppose!
- Oh putain oui.
- Au rythme où tu me fais l'amour, je suis certaine que tu as déchargé le fusil à peine la balle dans le magasin..
- Mais pour qui tu te prends salope? Tu prends pourtant bien ton pied il me semble non?
- Tu savais que j'aimais chanter? Je t'ai dit que je chantais bien..
- Garce!
- Tu es un minable, un salopard, une ordure! Je me demande encore comment tu t'es pas fait descendre!
- Je sais que je n'ai que des ennemis, mais au moins, je suis plein aux as et ma revanche, est de pouvoir acheter tout ce que je veux, même mes ennemis.
- Ca te retombera sur la gueule un jour ou l'autre, crois moi.
- Ce jour là n'est pas encore arrivée ma chérie. J'ai toutes les cartes en main, des amis haut placés, des copains..
- Aussi pourris que toi je présume. Je sais pas ce que tu fais, je sais pas ce que tu trames, mais le boomerang te reviendra en pleine poire. Le passé finit toujours par nous rattraper.
- En attendant, je vis le présent et j'écris mon futur. Et mon futur, c'est le fric que je vais gagner.
- Je, moi, mon... Y'en a que pour toi! Rien ne pourra t'arrêter dans ta quête du pouvoir.. T'es cinglé.”


Corinne pose bruyamment sa tasse sur le comptoir et se précipite vers la sortie de la cuisine. Jean-François la poursuit dans sa course, la prend par le bras et la retourne violemment.


“Non, mais où tu vas là?
- Je me casse!
- Et comment ça, tu te casses?
- J'en peux plus de toi, c'est fini, je te quitte.
- Oh oh, va pas si vite...
- Je vais où je veux et comme je veux, répond Corinne en retirant la main qui retient son bras.
- T'as pas le droit, tu comptes aller où?
- Je retourne à ma vie minable, dans mon boui boui me foutre à poil devant des mecs qui en redemandent. C'est peut-être ma vie de merde, mais c'est la mienne et j'étais heureuse. Etre avec toi, c'est là, la vraie merde. Alors, je t'y laisse dedans. Et j'ai pas envie d'être à tes côtés le jour où il t'arrivera des bricoles. Et tu peux récupérer le fric de l'assurance de Kévin. Il a ton odeur. Tu peux tout reprendre.
- Et bien, si c'est ce que tu veux, dégage! Tu me casseras plus les couilles connasse! Prend tes affaires et quitte cet endroit, que je ne te revoie plus!
- T'inquiète pas, j'ai vite fait.
- Et tu laisses la Porsche. Je trouverai facilement une autre greluche à qui en faire cadeau.
- J'en doute. J'ai été flashée hier au soir à 200 sur le périf et j'ai défoncé la portière droite.
- Quoi?
- Un gros con qui faisait une marche arrière et qui m'est rentré dedans. T'as pas vu?
- Non, mais je rêve! Elle est toute neuve et elle m'a couté la peau du cul.
- Avec tout le fric que tu as, tu peux en acheter autant que tu veux, alors, me fais pas chier pour une égratignure!
- Dégage, ou je ressors le flingue !
- Tu ne me fait plus peur Jeff ! En fait, sous tes airs machos, tu joues les gros bras, mais t'as rien entre les jambes, tu m'entends!? Rien!!!!” .


Corinne, du haut des escaliers, entend Jean-François Lemoux l'injurier. Fou de rage, il renverse tout objet se trouvant dans son périmètre. Le chat, alerté par le bruit sort de sa panière en miaulant. Et va se lover contre l'avocat ripou. Excédé et détestant les félins, le chat de Corinne reçoit un coup de pied terrifiant sur le flanc avant d'aller s'écraser, mort, contre le mur de l'entrée. “Ca, c'est pour la bagnole!” hurle-t-il.
La jeune femme, qui a assisté à toute la scène, peine à retenir ses larmes. Cachou partageait sa vie depuis 8 ans. Elle fixe Jeff, et lui fait un doigt d'honneur avant de se précipiter dans la chambre où, aveuglée par les pleurs, elle entasse dans une valise ses maigres affaires. Elle a hâte de quitter ces murs où elle étouffe et retrouver sa vie.


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Dim 10 Fév - 13:24

Virginie et Louise, enlacées sur le sofa profitent de leur bonheur. Bien au chaud, sous la couverture d'appoint, elles regardent en silence, sans les voir, les poissons exotiques qui évoluent dans l'aquarium géant. Leur tête est pleine d'images et des sensations qu'elles viennent de vivre, de l'amour qu'elles viennent de s'offrir.
Louise, allongée sur la jeune secrétaire, caresse son bras du bout des doigts, Virginie, en fait de même sur son dos.
“ Et si on petit déjeunait maintenant, ça te dit mon coeur?
- Volontiers ma puce.. Ce petit jogging matinal m'a ouvert l'appetit.
- Installe toi ma chérie.
- Ah, mais je suis très bien là moi!
- Je n'en doute pas, et j'ai une délicieuse brune qui me sert de couverture, mais je doute que ce soit bien pratique pour boire notre café..
- Mmmmm, il fait si bon, là, tout contre toi ma chérie.
- Je suis d'accord, mais il falloir faire un petit effort bébé.
- Alors aide moi à relever la vieille femme que je suis!
- Hoo, mais qu'est-ce-que tu racontes, t'es loin d'être vieille!
- Dans cinq ans, je serai une quinqua ma chérie.
- Oui, et une belle quinquagénaire dont j'ai envie de partager la vie.
- Tu voudras encore d'une femme toute frippée dans dix ans mon coeur?
- Oh oui.. mon dieu oui... Je pousserai même ton fauteuil roulant s'il le faut. Je veux faire ma vie avec toi, tout partager avec toi et te rendre heureuse..”


Un baiser plus tard, les deux femmes s'installent correctement sur le sofa avant de se servir une tasse de café pour Louise et un thé pour Virginie. Rien ne manque sur la table basse du salon, mais les croissants ont refroidi, ce que ne manque pas de faire remarquer Louise, sur un ton narquois. Les croissants ne résistent pas bien longtemps à l'appétit féroce des deux femmes, elles s'attaquent à présent aux biscottes qui subissent le même sort entre deux bisous.
Prise d'une envie de folie, Louise en saisit une et refait, sous les yeux amusés de sa compagne, la scène mémorable de Michel Serrault et de la biscotte dans la “cage aux folles”. Les morceaux volent en éclat dans le salon et les rires fusent. Virginie remarque alors une petite tâche de marmelade sur la lèvre supérieure de Louise, et du bout de sa langue, elle retire la substance sucrée avant de lui délivrer un baiser au goût d'orange.


Le portable de Louise interrompt le silence. Les deux jeunes femmes sursautent ne s'attendant pas à un appel aussi matinal.
“ Mais qui ça peut bien être?
- Pas le cabinet en tout cas, c'est beaucoup trop tôt ! Il est pas 8h00!
- Ah bein non, c'est Nathan.. Qu'est-ce-qu'il me veut?
- Le meilleur moyen de le savoir, c'est de décrocher chérie!
- Allo ! Nathan? Qu'est-ce-qu'il y a mon grand?
- Bein rien maman.. Je t'ai pas vue à la maison et Xavier m'a dit que tu étais partie très tôt travailler ce matin. Je voulais juste te dire bonjour avec Noémie.
- Bonjour mes chéris.
- Bonjour maman. Tu vas bien?
- Oui, très bien. Sinon, je serais pas sortie mon coeur.
- Et tu es partie super tôt laisse tomber comment!
- Tu le sais bien! Après une semaine d'absence, il est temps que je reprenne les choses en main!
- Avec Virginie je présume!
- Bien sûr avec Virginie! Pourquoi cette question?
- Il faut qu'on parle maman.”


Le regard de Louise s'assombrit soudain, comprenant où son fils veut en venir. Virginie, inquiète, s'approche d'elle et l'interroge du regard. Louise obture le micro de son portable et lui murmure.
“Je crois qu'ils savent...” Puis reprenant la conversation avec Nathan.
- Tu veux parler maintenant ?
- Oui, parce que je suppose qu'on te verra pas avant ce soir!
- Non, je n'ai pas le temps de rentrer à la maison aujourd'hui.
- Tu vois, ça... je l'aurais parié.
- Mais enfin, où veux-tu en venir Nathan?
- La rue où tu travailles grouille de bruit, de klaxons et là, bizarrement, tu vois, j'entends rien du tout. Tu n'es pas au travail maman.. et je crois bien avoir deviné où tu te trouves.. ….
- Et je suis ravi que tu y sois, on est ravis Noémie et moi. Je voulais te le dire, je pouvais pas attendre ce soir.
- Comment avez-vous su?
- Pas difficile à deviner. Les regards qu'elle te lance, comment toi, tu la regardes, vos gestes ambigus...Et je t'ai vue entrer dans sa chambre cette nuit quand je suis sorti de la cuisine où j'étais parti me chercher un verre de lait. En fait, Noémie et moi, on se demandait quand tu te déciderais à passer le cap.
- J'ai mis le temps..et je le regrette amèrement. Mais je me rattraperai.
- Je l'espère bien.. Et avec Virginie, tu seras enfin heureuse.. oh putain, c'est l'heure maman.. Je file, je vais être en retard.
- Filez mes anges.
- A ce soir, tu nous raconteras!!
- Oui ! Bisous mes chéris, à ce soir !”


La larme à l'oeil, les joues en feu, mais le regard rayonnant de bonheur, Louise raccroche, la main tremblante, avant de faire face à sa compagne. Puis, mélangeant un ton joyeux et pleureur à la fois, elle la fixe.


“ Ces chenapans savaient.. ils savaient,!
- On aurait du s'en douter. Leurs paroles, leur regard complice, les sous entendus.. C'est merveilleux mon ange.
- Ca me sort une épine du pied, j'avoue!
- C'est normal tu sais.... Mais pourquoi ris-tu?
- Je pense à Jean-François.. Il finira par l'apprendre. Dieu que j'aimerais être là pour voir sa tête!
- Moui, ça lui clouerait le bec à ce macho ! Mais il ne doit pas savoir pour nous avant que ton divorce soit prononcé. Je n'ai pas envie que ça joue contre toi.
- Tu crois qu'il met des gants lui?
- Il n'est pas gay chérie.. Si tu vois ce que je veux dire. Même si ça commence à entrer dans les moeurs, certains juges sont encore de la vieille école, tu le sais aussi bien que moi... Encore un peu de café mon coeur?
- Volontiers, il est délicieux. N'empêche qu'il va falloir songer à peaufiner le dossier du divorce mon ange. C'est dans 3 semaines.
- Je n'ai pas oublié bébé. Et je t'ai promis que je t'aiderai à enfoncer ce salaud, je le ferai. Deux jours que l'article est paru et il a toujours pas bronché. J'ai un mauvais pressentiment.
- Tu as raison, ça ne lui ressemble pas. Oh, mais je me fais aucun souci là-dessus, il montrera le bout de son nez.
- Ca ne fait aucun doute. C'est pourquoi nous allons devoir être vigilantes chérie. Il faut s'attendre à tout avec un fumier pareil.
- Il ne pourra jamais récuperer mes parts sans mon consentement et comme il ne l'aura jamais.. Sauf s'il m'arrive un pépin avant, évidemment...”


A peine Louise a-t-elle prononcé ces mots que son téléphone retentit à nouveau. Il est 09h03. Le numéro qui s'affiche sur l'écran digital ne laisse planer aucun doute quant à l'origine de l'appel. Louise décroche et écoute la voix qui semble affolée et hurle dans le combiné. Virginie, à son visage grave, devine immédiatement que quelque chose de sérieux vient de se produire.


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mielpops09
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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Dim 10 Fév - 22:14

Corinne marche jusqu'au coin de la rue, dans le froid et la neige qui refait son apparition. Elle respire à plein poumons l'air vivifiant qui gifle ses joues embrumées par les émotions, comme pour la ramener à la réalité et lui faire comprendre qu'elle est enfin libre, tirée définitivement de ce bourbier. Elle a laissé derrière elle un homme de la pire espèce. Menteur, coureur, macho, égoïste, mufle, odieux, imbu de sa personne, indélicat, les qualificatifs se bousculent dans sa tête et elle est loin d'en avoir terminé la liste. Salaud, fumier, résument assez bien l'être qu'elle a côtoyé pendant des mois, mais elle se réjouit de savoir qu'il n'agira plus impunément, aux yeux et à la barbe des autorités, qu'il ne grugera plus qui que ce soit. L'addition va finir par tomber et elle sera salée.





Le taxi qu'elle a appelée juste avant de quitter sa prison arrive lentement et s'arrête à son niveau. Elle grelotte de froid et la chaleur qu'elle trouve dans le véhicule est le bienvenu.

“ 4 avenue Clémenceau s'il vous plait. Je suis pressée.”

Sans une réponse, le chauffeur de taxi embraye et demarre aussitôt. Corinne se cale confortablement sur le siège arrière de la mercedez et regarde le paysage défiler, sourire aux lèvres. Elle va retrouver son vaste appartement, ses meubles, ses amis, sa famille, sa vie. Il ne manque plus que Cachou, son chat que ce fumier a tué sans aucun scrupule.





“ Patron, le rendez-vous a été reculé d'une heure.

- C'est toujours demain? Questionne le Cancer.

- Oui, mais à 15h30. Le rendez-vous avec le Belge est toujours d'actualité. Montaparnasse, la gare et la tour, rien n'a changé.

- Ok, on les tient. Passez vite l'info à tous les personnels concernés. On a pas le droit à l'erreur, vous entendez! Faites redescendre s'il y a le moindre problème. Je ne tolèrerai pas la moindre erreur.

- Certainement patron.

- Contactez aussi la mondaine et mettez les au parfum. Proxéntisme, trafic de stupéfiants, détournement de fonds, blanchiment d'argent, chantage.. Il ne manque plus que rapt et assassinat à son tableau de chasse.

- Avec ça, il va passer un sacré bout de temps à l'ombre.

- Son casier est lourd, très lourd. Les charges et les plaintes s'accumulent chaque jour d'avantage. Mais il est mon fil d'ariane qui me mènera au “Belge”. Notre agent a fait un excellent boulot.

- On le met sous protection des demain?

- Non, des maintenant. En tant qu'exfiltrée, notre agent risque gros. Le gros poisson va tomber avec son lieutenant. Ca va foutre le bordel dans l'organisation pendant un bon moment. Ce qui pourra les pousser à l'erreur, mais ils se mettront à la recherche de la taupe dans la seconde où on aura passé les pinces à Eeckhoud.

- Voilà ses nouveaux papiers et sa nouvelle couverture comme vous me les avez demandés.

- Ok, je me charge de les remettre à Leduc des son arrivée. Pour l'heure, chargez vous de l'inspection des personnels et du matériel. Rendez-vous à 14h pour un briefing. Et pas de retard. Je dois contacter mes homologues colombiens, vu?

Oui Patron, tout sera fait comme vous le demandez.

- Je n'en demandais pas moins.

- On va les avoir!

- On les aura!

- A plus chef

- A tout à l'heure. Et n'oubliez pas de fermer la porte en sortant. Merci. J'ai à faire”.





Corinne grimpe quatre à quatre les escaliers qui la mènent au cinquième étage. L'ascenseur est en panne, une fois de plus. Elle peste, non pas à cause du fait qu'elle doive monter à pied, car elle est une sportive accomplie, mais après la société de maintenance inapte à réparer un outil pour lequel les locataires de l'immeuble de grand standing paient son pesant d'or. Elle arrive, émue, devant la porte de son appartement qu'elle n'a pas occupé depuis fort longtemps. Le coeur battant, elle pénetre dans son antre douillet, allume la lumière et jette un coup d'oeil circulaire.

Le décor qu'elle redécouvre entraîne en elle un immense soulagement avec un zeste de bonheur.

Continuant sa petite reconnaissance des lieux, elle tombe sur le panier de Cachou et son coeur se serre. La présence de son petit compagnon à quatre pattes lui manque déjà. Elle a pris soin d'emporter avec elle le petit corps sans vie qu'elle inhumera dans le jardin de ses parents à l'autre bout de la ville.

Elle retrouve avec délice ses innombrables plantes vertes dont elle s'occupe avec passion quand son emploi du temps le lui permet. L'immense ficus près de la baie vitrée côté balcon a forci et elle songe à remplacer son réceptacle devenu trop étroit.

Elle actionne la télécommande et le rideau en PVC se lève, laissant entrer la lumière de l'hiver dans le salon. Hiver, le mot résonne dans sa tête et elle se rend compte qu'il fait relativement bon dans la pièce. Sa copine Tania s'est occupée à merveille de son nid pendant sa longue absence. Elle n'oubliera pas de lui exprimer sa gratitude lorsqu'elle la retrouvera, très bientôt.

Mais pour l'heure, éreintée, n'ayant pas fermé l'oeil de la nuit, sa séparation d'avec Lemoux et la mort de Cachou elle décide d'apaiser son mal être sous une bonne douche.





“ Louise, c'est Ingrid, t'es chez toi?

- Non, je file direct au bureau.

- Tu vas mieux alors!

- Ca dépend pourquoi! Répond Louise

- Oulà, que se passe-t-il?

- Une question après l'autre s'il te plait. Ta première question a deux réponses. Oui et non. Oui, parce-que je me sens d'attaque et il vaut mieux, car, non, ça va pas, on a reçu une autre lettre anonyme. Je fonce au bureau avec Virginie voir de quoi il en retourne.

- Il a recommencé ! Ce fumier a recommencé! T'aurais jamais du publier ce putain d'article chérie!

- Pas d'accord! Moi, plier sous les menaces de cette ordure? Jamais, tu m'entends, jamais!!!!

- Je n'ai jamais dit de plier, mais peut-être aurais tu du t'y prendre différemment!

- Cet article était le seul moyen de le faire sortir de ses gongs et le pousser à la faute, montrer à tout les autres qu'au lieu de s'assagir après ses frasques, il s'est enfoncé d'avantage dans le vice et la non conformité. Et je suis rassurée d'avoir un signe de sa part, au moins, je sais à quoi m'en tenir! Enfin, je saurai mieux quand j'aurai vu de mes yeux ce que contient cette lettre!



- Quoi, tu sais pas encore?

- Non, Jeanne a trouvé l'enveloppe suspecte et a préféré attendre que j'arrive pour prendre une décision

- Bein, dans ce cas, comment sait-elle qu'il s'agit d'une lettre anonyme..

- roooooo, Ingrid, t'es pas reveillée ou quoi? Des lettres collées sur l'enveloppe, ça te parle?

- Ok, ok, j'ai rien dit!

- Enfin, voyons, tu n'imagines tout de même pas que le corbeau allait inscrire le nom du cabinet de sa plus belle écriture, ou alors, l'imprimer ! Tout autant d'indices qui pourrait lui nuire!

- Corbeau, corbeau, mes fesses oui! C'est jean-François, ça ne fait aucun doute! Et ça l'amuse à se gros con à te faire monter la pression! Vivement que tout ça soit terminé et que tu puisses recouvrer une vie normale!

- A qui le dis-tu!

- Mais comment se fait-il que tu sois partie si tôt ce matin? Je suis passée au manoir et Xavier m'a dit que tu étais partie avec le chant du coq.

- Mais, vous vous êtes passés le mot tous ou quoi aujourd'hui?

- Chérie, il est très rare que tu dévies de ta routine habituelle. C'est pour ça que je te fais la remarque.

- Oui, bein, y'a beaucoup de monde qui se la fait cette remarque, dit Louise, d'un ton amusé, en faisant un clin d'oeil à Virginie.

- Ca veut dire quoi ça? Ah! Ok, j'ai capté! Tu as passé la nuit avec elle!! Ca, faut que je le note en lettre d'or sur mon agenda!

- T'es con!

- Je sais, je sais. Allez, je te laisse ma belle! J'ai un double appel!

- Ca marche, bye Ingrid, et merci de ton appel!

- De rien chérie! A la revoyure et tiens moi au courant surtout!

- Compte sur moi!”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Lun 11 Fév - 19:08

Le jet privé de Walter atterrit au Bourget. Les conditions climatiques ont rendu le vol on ne peu plus difficile. S'il avait quitté sa Belgique natale une heure plus tard, il n'aurait pas été sûr de pouvoir décoller pour Paris et aurait du rouler, sans être certain des conditions non plus. Une grave dépression arrivant directement de la Sibérie, la vague de froid sur le sol français s'aggrave d'heure en heure, paralysant tout le pays dans une mini ère glacière inhabituelle. Mais Paris reste Paris, il sait qu'il pourra rouler sans encombre, au grand dam des Parisiens qui paniquent dès qu'un flocon apparaît.
Il se félicite de la transaction future avec Jeff. Ses sbires ont déjà déposé à son intention la récompense pour son nouvel échange. De nouvelles instructions accompagnent l'attaché case pour une nouveau deal.. qui en cache un bien plus intéressant prévu dans la semaine à venir. Il a trouvé en Jeff un ami, un complice, un soldat courageux et inébranlable et il compte bien agrandir ses largesses à son endroit. Son indic n'a pas donné signe de vie, il n'est pas au courant du gros coup de filet qui se prépare. Eekhoud rit sous cape, il a aiguillé les flics sur un deal factice et encore une fois, il passera au travers et pourra agir en toute impunité avec son ami Français.
Il grimpe anonymement dans un taxi et se rend au Georges V, son hôtel préféré, là où il a ses petites habitudes, bien connues du personnel, reconnaissant à ses pourboires démesurés. Il pénètre rapidement dans le luxueux établissement. Avec tous les salamalecs que l'on fait à un homme puissant et influant, le concierge de l'hôtel lui remet sa clé magnétique et le Belge s'engouffre dans l'ascenseur qui le mène à sa suite. Le liftier le reconnait et lui adresse un large sourire, n'ignorant pas que cet entrepreneur n'hésitera pas à lui glisser dans sa main gantée, deux ou trois billets roses le jour de son départ.
“ Jeune homme, tant que j'y pense. Demandez de ma part, au concierge de l'hôtel de me commander impérativement un taxi pour 13h00 demain. J'ai omis de le lui demander à la réception. Vous serez aimable de le faire pour moi. Merci.
-Vous ne prenez pas la limousine de l'hôtel Monsieur?
- Non, pas cette fois-ci jeune homme. Je risque d'accaparer ce taxi toute la journée et je ne voudrais pas que cela soit préjudiciable à votre établissement. D'autant plus que je n'avais pas programmé mon arrivée ici et j'ai préféré anticiper en me disant que la limousine de l'hôtel ne serait pas disponible.
- Entendu Monsieur. Je m'en charge dès que je redescends.
- Merci heu... William.. Tenez, pour vos bons services”.


Le “Belge” sort de la poche intérieure de son long manteau noir, deux billets de 200 euros que le jeune liftier saisit sans délicatesse, avant de les glisser dans la poche de son veston, sourire aux lèvres. “Merci Monsieur”.


Louise et Virginie arrivent à bord de la 308 cc et se garent sur le parking privé du cabinet. Elles sortent précipitamment du véhicule et se bousculent vers l'entrée de l'office où les attendent, anxieuses, Jeanne et Françoise. Surprises, elles voient débarquer Louise et Virginie dont l'apparence et l'accoutrement légèrement négligés paraissent plutôt inhabituels.
“ Bon alors?
- Voilà la lettre Louise.. c'est la seconde
- Oui, je sais compter ! Répond Louise en plaisantant.
- Ca ne me fait pas rire Louise; Une je veux bien, mais deux!
- On ne sait pas encore ce qu'il y a à l'intérieur! Si ça se trouve, c'est encore une plaisanterie pourrie de Jean-François. Vous auriez pu ouvrir vous même cette enveloppe!
- Non, elle nous a parue trop suspecte.
- Effectivement, elle est bien épaisse. Rétorque Louise en jugeant le poids de l'objet. Et en plus, il semble qu'il y ait quelque chose d'encore plus suspect à l'intérieur.
- C'est ça qui nous a empêchées de l'ouvrir Louise.
- Appelez la police. Expliquez leur la situation. Je n'ouvre pas cette enveloppe sans leur présence.
- Tout de suite.
- Louise, intervient Virginie. Que cela peut-il être?
- Aucune idée. La lettre d'hier m'a fait rigoler, aujourd'hui, j'en ai moins envie.
- Tu..vous pensez que ça peut toujours être un coup de Jean-François?
- Il y a de fortes chances oui. Ca lui ressemble tout à fait. Même si on s'affole pour rien, il vaut mieux prendre toutes nos précautions.
- Je suis d'accord.. Viens, allons dans mon bureau en attendant les flics.
- Je te suis”.


Jeanne et Françoise, qui n'ont rien perdu de la scène, se regardent avant de voir s'éloigner Louise et sa secrétaire.


“ J'ai bien entendu?
- je crois que j'ai entendu la même chose que toi!
- Elle a tutoyé Virginie.
- Oui, il me semble aussi.
- Elles sont devenues amies on dirait.
- Elles l'étaient déjà avant, il manquait plus que le déclic du “tu”.
- C'est quand même plus agréable, surtout quand on travaille ensemble depuis 5 ans et qu'on a tant de complicité!
- Mais elle est aussi notre secrétaire Jeanne!
- Exact, c'est pourquoi je soupçonne quelque chose de plus fort entre elles.
- Virginie n'a jamais rien caché de son orientation sexuelle.
- Exact. Tu veux que je te dise ? Et bien, elles sont amoureuses. Voilà ce que je pense. Attend, elles arrivent fagotées limite, sans maquillage et les cheveux en bataille, et ensemble. Je crois que c'est un détail qui trompe pas ça!
- Je suis d'accord..
- Allez, on se remet au boulot Françoise, les flics vont pas tarder à se pointer.
- J'en ai pas trop envie là, si tu vois ce que je veux dire.
- Rassure toi, ça ira mieux après.
- Je l'espère !”.


Dans les minutes qui suivent, qui paraissent une éternité aux yeux de tout le monde, on entend au loin le deux ton spécifique aux forces de l'ordre. Un fourgon de la police scientifique les accompagne. Les agents pénètrent dans le bâtiment abritant le cabinet de Louise qui les accueille après s'être rendue un peu plus présentable en attendant leur arrivée.


“ Voici l'enveloppe dont Jeanne vous a parlée. - Les lettres découpées dans du papier journal.. classique.”


L'officier se saisit de l'enveloppe suspecte de ses mains gantées et la manipule avec précaution.


“ Il y a bien une substance à l'intérieur.
- Oui, il s'en est échappé un peu, là, sur le côté.
- Reculez, on ignore de quelle nature est cette poudre. S'il s'agit d'un produit dangereux, il vous faudra aller à l'hôpital.
- On en a déjà respiré toutes ici. On reste ! Lui répond Louise, d'un ton grave.”


Louise a raison après tout. Si le produit avait eu un effet instantané, elle ne serait déjà plus là, à suivre les faits et gestes de l'agent. A l'aide de produits réactifs, il analyse la substance blanche. Le verdict tombe quelques minutes après. L'officier sourit, rassuré.


“ C'est de la farine! De la putain de farine! Ricane l'homme! C'est un plaisantin celui là!
- Je ne pense pas rétorque Louise. Nous avons déjà reçu une lettre de ce type hier, mais il n'y avait pas de poudre à l'intérieur.
- Pourquoi ne pas nous avoir prévenu.
- Je pensais à une blague de mauvais goût de mon mari pour me dissuader de vouloir récupérer ses parts du cabinet... Et il n'y a rien d'autre dans l'enveloppe?
- Si, une lettre que nous allons lire immédiatement”


Le policier retire avec précaution la lettre de son étui, comme l'a fait Louise avant lui et lit.


“ HA HA.. t'as eu peur hein? Tant mieux, parce-que tu vas crever charogne”.


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Mar 12 Fév - 21:52

“ C'est tout Jeff ça! S'il croit me faire peur, c'est raté !
- Ces menaces ne sont pas à prendre à la légère Maître.
- Mais comment voulez-vous que je prenne ça sérieusement? Voyons, réfléchissez. Je suis en instance de divorce et ce salopard veut récupérer mes parts. Vous pensez qu'il se risquerait à me menacer sachant que les soupçons se porteraient directement sur lui?
- Et si, au contraire, c'est ce qu'il cherche à vous faire faire? Prendre à la légère des menaces que vous jugez faussement dangereuses alors qu'en fait, il vous menace bel et bien?
- La fin reste la même. Les soupçons seront tournés vers lui.
- Quoiqu'il en soit, il ne faut pas vous faire courir le moindre risque. Nous devons vous protéger.J'en avise qui de droit. Je prends avec moi les pièces à conviction pour les faire analyser. On sait jamais, on peut trouver quelque chose, un indice, une empreinte partielle.
- J'en doute fort. Jeff est loin d'être stupide!
- Stupide ou pas, il peut commettre une erreur, Madame.
- Ce serait surprenant. A quoi bon savoir si c'est lui ou pas? S'il est bien le corbeau, il ne mettra jamais ses menaces à exécution.
- Ne soyez pas si sûre de vous Maître. Je vous mets sous protection
- Puisque vous insistez... ”


Les flics de l'identité judiciaire et leurs acolytes saluent solennellement Louise, Jeanne, Françoise et Virginie avant de quitter l'étude et repartir dans leurs véhicules. Les associées de Louise retournent à leur poste, Virginie accompagne l'avocate dans son bureau. Une discussion s'impose.


“ Louise, cet homme a raison, tu prends ça trop à la légère!
- Et je n'en démordrai pas. Jeff a tout simplement voulu m'intimider.
- As-tu songé au pire? Questionne Virginie.
- Tu crois qu'il veut attenter à ma vie?
- Tu m'as très bien comprise.
- Il a tout à y perdre. S'il me tue, il perd tout.. Non, ça n'a pas de sens.
- Et s'il réussit et qu'il te supprime juste par dépit, tu y as pensé à ça? Et je deviens quoi moi dans l'histoire ? Tu y as pensé à moi? Je t'aime et je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit Louise.
- Chérie, il ne m'arrivera rien. Et puis, je suis placée sous protection policière. Il ne peut rien m'arriver.
- Mais bon sang, quelle tête de mule!
- Jeff tient trop à récupérer ce cabinet. Mon assassinat anéantirait son projet. Et pour qu'il ne veuille pas lâcher le morceau, je le soupçonne d'avoir d'autres projets en tête. Non... il aime trop le fric pour s'être rangé.. Crois moi ma chérie, notre bonhomme magouille toujours.. Mais dans quel domaine, ça, je l'ignore.
- Raison de plus pour que les flics lui mettent la main au collet et le fiche au frigo pour longtemps. Tant que ce mec sera dehors, je tremblerai pour toi Louise.
- Tu ne dois pas avoir peur chérie, d'accord?” lui dit Louise en lui pincant tendrement le menton, avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Bon on fait quoi? Je crois qu'on s'est grillées encore devant Jeanne et Françoise.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça?
- Je t'ai tutoyée devant elles..
- Bon, alors, on peut repartir chez moi alors.
- J'ai trouvé le prétexte du dossier.. Lequel trouver maintenant?
- Aucun. On file, et puis c'est tout. Mais on va chez toi. Je ne pense pas que les flics se mettront en planque devant chez moi.
- C'est pas faux. Mais c'est parce-qu'ils ne savent pas, c'est tout. Et c'est mieux ainsi
- Alors pourquoi ne pas aller chez moi?
- Allez, en route mon ange !
- D'accord, mais on va où alors ? Questionne Virginie, grand sourire.
- On retourne au manoir
- Heu, je suis pas très présentable
- Mais qu'est-ce-que tu dis? Tu es très belle comme ça chérie.”


Les deux femmes ferment la porte de l'office, sous l'oeil en coin de Jeanne et Françoise et disparaissent dans l'escalier avant de retrouver l'air glacial de l'hiver. Elles grimpent, direction le manoir où elles ont programmé de prendre un bon bain massant avant de se mettre enfin à la tâche.


Arrivées à destination, elles remarquent un véhicule se garant devant l'immense propriété, juste devant elles. Louise le sait, personne ne se gare jamais, ou si peu, devant le manoir. S'il s'agissait d'un visiteur, il aurait fait ouvrir la grille de l'entrée du domaine. Louise comprend aussitôt qu'une voiture banalisée de la police vient de prendre son poste. “ Et bien, ils ont pas traîné !” dit-elle. La grille s'ouvre et la 308 cc de Louise s'engage sur le chemin gravillonné de la propriété, à vitesse réduite à cause des plaques de verglas et la neige fraîchement tombée.


Xavier les attend déjà sur le perron. Une habitude qu'il n'a jamais perdue depuis la tendre enfance de Louise qui se précipitait sur lui à chaque fois qu'elle rentrait. Elle savait qu'un bon chocolat chaud dont seul Xavier connait la recette, l'attendait, accompagné de bons croissants au beurre tout chauds, qu'il confectionnait lui-même. Mais Louise lit aujourd'hui de l'inquiétude sur son doux visage.


“ Tout va bien Louise ? S'inquiète le majordome
- Oui Xavier, tout va bien, ne vous inquiétez pas.
- C'est que je ne m'attendais pas à vous revoir avant ce soir comme cela était prévu.
- Je sais bien et je suis désolée de vous prendre au dépourvu Xavier, mais des événements imprévus ont quelque peu modifié mes plans.
- Rien de bien grave j'espère.
- Non, rassurez-vous.
- Monsieur a encore fait des siennes? Si je peux me permettre.
- Monsieur nous fait encore chier. Monsieur a envoyé du courrier au cabinet pour m'intimider et me faire céder mes parts.
- J'espère que vous ne plierez pas Madame
- Bien sûr que non Xavier. Vous me connaissez trop bien pour me voir courber l'échine devant cet immonde larve.
- C'est bien ce que j'espérais Madame. Mais, quoi qu'il en soit, sachez que vous pouvez toujours compter sur moi. Je serai toujours là pour vous.
- Je sais bien Xavier. Et je vous en remercie... Et si on rentrait? On va congeler sur place si on reste ici.
- Oui! C'est ce que j'allais proposer ! Intervient Virginie, transie de froid.


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Jeu 14 Fév - 21:48

Mercredi.


A la gare Montparnasse, personne ne remarque les hommes et les femmes qui sont arrivés, se confondant à la foule de civils pour certains, les autres en agents de la gare, les autres, en techniciens de maintenance.
A la sandwicherie, face aux quais, les commerçants ont un effectif supplémentaire. Un homme traîne un lourd chariot contenant les divers détritus que des passants négligents laissent choir au sol. Plus loin, dans les toilettes pour dames, une femme, magnifique, s'affaire à nettoyer du carrelage déjà bien propre. Et là, encore, dans le kiosque à journaux, le vieil homme barbu a laissé sa place à une jeune femme au regard noir.


Sur les quais, l'on voit les petits groupes de militaires habituels, ceux qui se trouvent là en permanence en cas de troubles divers. Plus loin, un faux agent et son sifflet, flâne de train en train avec son bâton dans les mains. Un faux technicien de maintenance se tient auprès d'une locomotive en voie de garage, à une dizaine de mètres des consignes. Dans ce lieu même et aux environs, un agent de surface nettoie le sol, passant et repassant sans relâche son balais espagnol à chaque allée et venue. Il y a aussi un poivrot qui perturbe les voyageurs, demandant à tout va où se trouve son quai. Rien de tel que de se faire remarquer pour passer inaperçu. Un homme lit tranquillement son journal, adossé à un des gigantesques piliers qui longent les quais, à peine un peu en retrait de la zone des consignes. Un petit groupe de 3 racailles, dont deux grands blacks, fait son show à quelques mètres de la sandwicherie. Lunette noire, capuchon dévorant leur visage, ils suivent un rythme rap bien connu. Les passants se pressent de les dépasser tout en leur jetant un mauvais oeil.


Le “Belge” quitte le Georges V. Il fait toujours aussi froid, mais le ciel est dégagé, enfin. Il remonte le col de son manteau et s'engage dans la rue, parmi les anonymes. Un peu plus loin, dans une allée un peu déserte, il s'en débarrasse, laissant apparaitre une veste de cuir ordinaire. Ressemblant à Monsieur tout le monde, il hèle un taxi dans lequel il s'engouffre. Le chauffeur, un asiatique démarre après s'être renseigné sur l'adresse de destination : la gare Montparnasse.
“ Le suspect vient de quitter l'hôtel. Il est vétu d'une veste de cuir marron. Il porte une casquette à l'envers et des lunettes noires. Pantalon jeans et baskets noires. Il est monté dans un taxi Alpha Alpha 689 Romeo Xray. Vous devriez voir le véhicule dans deux minutes.
- Ok, on prend le relais. Over”


Le taxi se faufile avec aisance au milieu du trafic et arrive Place de l'Alma, avant de passer sur le pont du même nom. Une voiture banalisée de la police suit le véhicule gris, en contact radio permanent. Le “Belge” dégage un pan de son imposante veste de cuir et en sort un Havane hors de prix et l'allume sans le consentement du chauffeur qui se met à tousser des les premières volutes de fumée, qui très vite, envahissent l'habitacle.
“Monsieur, il est interdit de fumer. Vous avez pas vu l'étiquette?
- Ta gueule et roule. Je te paie, je fais ce que je veux le jaune.
- Ce n'est pas parce-que vous êtes mon client que ça vous donne tous les droits.
- Je t'ai dit de la fermer et de rouler espèce de connard. Si je t'allonge 500 biffetons, tu la fermes?”


Le chauffeur, sans cesser de tousser, regarde le “Belge” par le biais du rétroviseur et plisse ses yeux. Eekhoud devine alors un sourire approbateur sur le visage de l'Asiatique. Il a gagné. La voiture passe maintenant sur l'Avenue Rapp avant de s'engager immédiatement sur l'Avenue de la Bourdonnais. Le trafic s'intensifie, mais le taxi glisse entre les véhicules sans avoir à ralentir ou freiner une seule fois.
Le “Belge” pollue littéralement l'air de la Mercedes, le chauffeur ouvre la vitre.
“ Ferme ça immédiatement abruti ! Ca caille dehors.
- je suis désolé Monsieur, mais ça devient irrespirable ici.
- Oh, y'en a pour 15 minutes! Tu vas survivre non? Tu fumes?
- Non, je touche pas à cette saloperie.
- Ok, ouvre un peu alors.”


Sur ces paroles, Walter tire de plus belle sur son Havane et rejette une bouffée bien plus importante que les précédentes avant de prendre entre son index et son majeur l'objet du délit et de le tapoter du bout du pouce, faisant tomber outrageusement la cendre sur le tapis du véhicule. Son regard croise avec défit celui du jeune asiatique au volant.


“ Pour l'instant, aucun changement dans son itinéraire. Il vient de dépasser la place de l'école militaire et poursuit avenue de Tourville.
- Ok, on lâche pas.”


Passé le boulevard Vaugirard, le taxi arrive enfin Place Dautry. Le “Belge” est arrivé à destination. Mais il n'est pas le seul. La voiture banalisée des flics poursuit son chemin, laissant la patate chaude à leurs collègues postés sur place qui repèrent immédiatement leur homme en veste de cuir marron qui se dirige sereinement à l'intérieur de la gare.
De son côté, Jeff arrive dans un véhicule de location, louée sous un faux nom. Il a pris soin de laisser sa propre voiture, un peu plus loin afin de brouiller les pistes. Il aperçoit au loin, son grand ami Walter et arrive à sa hauteur, avant de le dépasser et de se diriger, un lourd attaché case à la main, vers la zone des consignes.
“ Le Belge devait se rendre à la Tour. Dit un homme du Cancer
- Hé bein, ils ont changé de plan, voilà tout! Ca nous arrange, on les pincera direct ici et en toute discrétion.
- Un nouveau deal encore?
- Le vrai celui là. Il croit qu'on a marché à fond avec ses fausses infos, mais notre agent infiltré a fait un excellent boulot. Je sais pas ce que cette rencontre veut dire alors que Lemoux vient faire la transaction à la gare, mais c'est évident qu'il y a anguille sous roche.”


Il ne faut que quelques secondes aux hommes du Cancer pour repérer l'arrivée des deux truands, éloignés, l'un de l'autre d'une vingtaine de mètres.
Chaque agent en place surveille sans relâche chacun des mouvements de Jeff et d'Eekhoud, continuant, nonchalamment à s'affairer à leur tâche. Les bandits continuent leur avancement sans se douter une seule seconde de ce qui les attend. Passant au milieu des voyageurs, ils progressent, souriant aux badauds qu'ils croisent ou bousculent par mégarde, ou les toisant quand leur tête ne leur revient pas, se croyant au dessus de tout, telle une forteresse imprenable.
Le “Belge” soudain, éclate de rire, songeant au Cancer dont il vient de déjouer les plans, en beauté, l'imaginant à l'autre bout de la capitale, planqué, à attendre sa venue et le coffrer.
Lemoux, peut à peu, se laisse rattraper par le Belge. Voyant que la place est propre, ils stoppent leur marche, le temps de se serrer la main avant de s'engouffrer dans la zone des consignes.
L'avocat pourri, se saisit de la clé et entreprend d'ouvrir le casier correspondant avant d'y déposer son lourd colis et retirer la seconde clé, du casier voisin où l'attend un autre colis, un attaché case contenant le million d'euros de sa commission.
“ Pourquoi tu es venu au fait Walter? On devait se voir à la Tour juste après que j'ai déposé la valise.
- Tiens, c'est les billets pour tes nouvelles vacances. Plus petit, mais dix kilos quand même. Je ne peux pas aller à la Tour, j'ai de nouveau un contretemps.
- Tout à fait exact !! Crie une voix derrière les deux hommes.”


Eekhoud et Lemoux n'ont pas le temps de réagir que deux hommes, se faufilent derrière eux, tels deux ombres. Des bracelets se ferment sur leurs poignets pendant qu'un troisième homme saisit les pièces à conviction.
“ Toi? Salaud, mais comment tu as pu..
- je suis flic, n'oublie pas. J'ai des oreilles partout et surtout, une excellente équipe.
- Je serai vite dehors et je te règlerai ton compte. J'ai un bon avocat!
- Lequel, celui là? Il est mûr pour le cabanon et il est pas prêt d'en sortir, comme toi. Allez, embarquez-moi ces pourritures, ordonne le Cancer. On sort par le niveau inférieur.”


L'altercation n'a duré que quelques secondes, dans un endroit tranquille et beaucoup moins fréquenté que les quais. Les personnels restés en retrait pour la protection des civils prennent eux aussi, la direction de la sortie.


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Ven 15 Fév - 18:18

“ Alors, tu crois que, parce-que tu nous as chopés, tu vas nous retenir longtemps ici?
- Un flag Eekhoud, un flag..
- Ah ouais! Je suis venu à la consigne! Comme tout le monde!
- Où sont tes bagages Eekhoud?
- Parce-qu'il faut automatiquement des valoches pour voyager?
- Et cette enveloppe dans ta poche, que tu tendais à Lemoux quand on t'a pincé, c'est un billet de train peut-être?
- Vous avez rien, mais absolument rien contre moi!
- C'est ce qu'on va voir.
- T'auras pas le temps de dire ouf que je serai déjà dehors alors que tu pourriras dans ton bureau crasseux.
- Tu vas y pourrir avec moi, parce-que toi, et ton copain, vous êtes nos hôtes pendant les prochaines 96 heures. Oui, petite précison, les salauds de ton genre, on les conserve un peu plus logtemps au frais. Et... couvre toi bien, il géle dans nos frigos.
- Ca peut durer encore plus longtemps que le résultat sera le même. Tu me fais pas peur le “Cancer”
- Encore une précision Eekhoud, ici, c'est pas toi le caïd. Ici, tu es rien d'autre qu'une vulgaire crapule. Et les crapules de ton genre ne me font pas peur non plus. Crois-moi, avec ce qu'on a sur toi, tu vas vite ranger ton sourire au fond du placard quand tu seras au fond du trou.
- Tu crois m'intimider?
- Et on a pas gardé les cochons ensemble. Je t'interdis de me tutoyer.
- Tu te gênes toi!
- Ici, c'est moi le boss, ok? Alors tu la fermes !
- Vous avez pas un moindre début de soupçon sur moi.
- Ah, c'est ce que tu crois! J'ai ici tous les mails et les textos que vous avez échangé, les coups de fil passés. Et Venise, tu y as été en touriste peut-être!
- Tiens, un témoin qui tombe de derrière les fagots, ça marche pas!
- Tu as tes sources, j'ai les miennes. Si j'étais toi, je ferais moins le fier. J'ai ton calendrier depuis des mois, à la minute près. Ton emploi du temps avec qui et pourquoi. Je sais même quand tu es allé pisser ou te taper une fille. Je te tiens et tu ne m'échapperas pas.” Puis s'adressant au gardien de la paix : “ Foutez moi ça au trou. Je ne veux pas qu'il voit de quelque manière que ce soit l'autre salopard”.


Dans une autre pièce de la brigade, Jeff subit les premiers assauts d'un policier.


“ Alors, l'avocat donne dans la dope?
- J'ignorais ce que contenait cette valise.
- C'est ça, fous toi de moi aussi. Et moi, je suis le Prince de Galles. Tu te balades avec 30 kg de blanche, et tu ignores ce que c'est? Tu me prends pour un pigeon ou quoi?
- J'étais un homme mort si je le faisais pas!
- Ah, au chantage? Tu craignais pour ta petite vie? Le pauvre avocat foireux, victime d'un chantage! C'est pourtant ce que tu mérites, mais je n'y crois pas un mot. Ton pote “Le Belge” serait ravi d'entendre ça! Et ta femme aussi je pense.
- Quoi, ma femme? Qu'est-ce-qu'elle vient foutre la dedans Louise?
- Monsieur a la mémoire courte.. Tiens, je te rafraichis la mémoire, lis-donc ces mails.. Ca te reviendra peut- être! Tentative d'assassinat plus trafic de stupéfiants, tu vas moisir en taule mon grand.
- Mais je n'ai rien à voir là-dedans!
- Et ces gentilles petites lettres anonymes, c'est pas toi qui les as balancées à ta femme peut-être! C'est marrant, ça tombe juste après son petit article dans le journal !
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Je n'ai rien à voir avec ça!
- Bein voyons. Ton divorce est prononcé dans quelques semaines et tu veux récupérer les parts de ta femme pour cacher tes vilaines magouilles. Mais elle veut rien entendre... il aurait pu lui arriver des bricoles.. Je me trompe peut-être?
- Je vous jure, que je n'ai rien envoyé du tout!
- Toi, jurer? La belle affaire! T'en as berné combien?
- Putain, je vous dis que....
- Et le Belge, tu le connais depuis longtemps?
- Pas assez pour me faire prendre comme un débutant et devoir executer ses sales besognes.
- Et le million, c'est une sale besogne?
- Mais c'est pas pour moi bordel, j'ai fait que la transaction
- Ah, et le “Belge”, il contrôlait lui? Ou il venait te proposer un autre chantage? J'ai plus rien à vous dire.
- Tu veux un avocat, c'est ça? Ou tu préfères te défendre toi-même. Parce-que tu vois, je doute que quelqu'un soit ravi de plaider pour un ripou comme toi.. Et Venise, c'était bien? C'est par obligation aussi que tu es allé là-bas ou pour faire un tour en gondole?
- Corinne, ma compagne, enfin, mon ex compagne voulait voir le pont des soupirs enfin, tout quoi!
- Le Danieli, tu t'es pas fait chier mon coco!
- Mais enfin...
- Tu sais, tu as de drôles d'idées.. Aller visiter un cimetière.. et tu sais, on peut y faire de mauvaises rencontres. Là aussi, on t'a fait un chantage à mort? Allez, hop, au trou..
- Je vais nier tout en bloc minable! Tout ça, c'est rien qu'un coup monté! On veut ma peau!
- Même si c'est le cas, tu sais, moi, ça m'arrange! T'inquiete donc pas, tu peux nier tout ce que tu veux, les preuves sont contre toi. Regarde ces photos. C'est moi qui suis à côté de la plaque ou tu serres chaleureusement la pince à ton maître chanteur? Et l'enveloppe là, qu'il t'a remise à Montparnasse?
- Mais putain, c'est impossible! Ces photos sont un montage, un coup monté!
- Ah, tu as perdu de ta superbe tout à coup. La police Italienne et la police Belge sont sur le coup aussi. La Colombie aussi. Aux grands maux, les grands remèdes! T'as pas le cul sorti des ronces mon vieux!”


Lemoux, la haine dans le regard et l'écume à la commissure des lèvres, est amené manu militari dans sa cellule par un gardien de la paix à la taille imposante. Pendant le court trajet qui le conduit à sa géole, il cherche discrètement son ami “ Le Belge”, mais il ne sait que trop bien que c'est peine perdue.


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Sam 16 Fév - 17:42

Louise et Virginie, enfermées dans leur bulle de bonheur, sont à mille lieues de deviner ce qu'il vient de se produire à quelques kilomètres du manoir, perdu sur un vaste terrain, coupé des turpitudes de la ville. Elles se sont installées tranquillement dans le bureau de l'avocate, ayant décidé enfin de se plonger dans le travail et de liquider les dossiers urgents avant de se concentrer sur le cas qui les interesse tout particulièrement : Jean-François Lemoux.
Rassemblant tous les documents possibles et imaginables, elles épluchent un à un chaque support susceptible d'être apporté à charge contre Jeff, ce qui revient à dire, tout.
Virginie, contrairement à son habitude à l'office, a laissé ses beaux cheveux bonds tomber en cascade sur ses épaules. Elle porte un simple jeans et un pull rouge dont le col en V laisse paraître un buste altier.
Louise, quant à elle, s'est vétue d'un pantalon en cuir et d'un pull à col roulé rose, une couleur qu'elle apprécie particulièrement et qui la met en valeur. Assises l'une à côté de l'autre, elles ont chacune chaussé leurs lunettes. Elles parcourent chaque document avec grande attention et les sériant chacun dans un dossier bien spécifique. Les seuls moments de pause qu'elles s'accordent sont des calins et des petits baisers qu'elles se donnent à intervalle régulier.
Seul, le feu alimenté par les soins du majordome, et qui crépite dans l'âtre, vient troubler le silence de la pièce. Chacune est fortement concentrée lorsque la sonnerie du téléphone portable de Louise retentit, faisant sursauter les deux femmes. L'avocate s'empare de l'appareil tout en se remettant de ses émotions. Elle lit sur le cadran lumineux, le numéro de l'appelant. Virginie la questionne du regard.


“ La police, ils doivent avoir trouvé l'origine des lettres anonymes, je ne vois rien d'autre. - On va vite le savoir!”


Il ne faut que quelques secondes à Virginie, pour deviner, au visage grave de Louise qu'un nouvel événement sérieux vient de se produire. Elle rapproche sa tête du téléphone, la collant pratiquement à celle de sa compagne, tentant de suivre les paroles de l'interlocuteur. Ne pouvant déchiffrer ce qui se dit, sa main vient s'unir à celle de Louise, lui apportant tendresse et réconfort. Louise raccroche.


“ Ma chérie, nos petits papiers ne seront plus de grande utilité à présent. Murmure Louise.
- Qu'est-ce-qui se passe mon ange?
- Jean-François est dans les locaux de la police. Il s'est fait prendre tout à l'heure à la gare Montparnasse par la brigade des stups.
- La brigade des stups?
- Figure toi qu'il a été pris, la main dans le sac en pleine transaction de drogue.
- Quoi?
- Je savais que c'était un pourri, mais là, ça dépasse tout entendement, même, si, quelque part, je sais pas pourquoi, ça ne me surprend pas. Je suis convoquée au poste. Ils lui ont collé sous le nez la tentative d'assassinat sur ma personne.
- Ils ont des preuves?
- Présomption je pense, mais y'a pas photo. Seule ma mort pouvait lui apporter ce qu'il cherchait à récupérer. Je comprends pourquoi maintenant. L'étude aurait été un bon moyen de couverture à son abominable trafic!
- Le voilà définitivement sur la touche à présent.
- Oui, et il n'y a pas que lui si j'ai bien compris. On va être un paquet à rendre des comptes ou donner des informations.
- Tu y vas maintenant?
- Oui. Tu m'accompagnes. Toi aussi, ils veulent t'entendre. Il va y avoir foule chez les flics et du beau monde, crois moi !”




Le Cancer, seul dans son bureau, savoure cet instant tant attendu. Des heures, des jours, voire des semaines de filature et de planque ont finalement porté leurs fruits. Le Belge et son bras droit sont enfin sous les verrous. Va s'ensuivre une longue procédure, des heures d'interrogatoire pour toutes les personnes ayant approché de près ou de loin les deux ordures afin de définir le rôle joué par chacun et donc, de procéder à de nouvelles interpellations pour les uns ou, dans le cas contraire, la relaxe pour les autres.


Il lui faut dés à présent contacter ses homologues belges et contacter le juge afin que celui-ci saisisse la police Belge. La police française sera ainsi dans la possibilité de seconder les policiers Belges lors des perquisitions nécessaires au domicile du malfrat et de se rendre dans tous les lieux dans lesquels il a pu se rendre.
En ce qui concerne le cas de Lemoux, ses collègues de la brigade sont en ce moment même en train d'effectuer les mêmes démarches dans la capitale.
Le service sera bientôt en ebullition, de longues heures d'interrogatoires ou de dépositions se profilent à l'horizon. Lemoux, son ex compagne Corinne Leduc, Eekhoud , le cabinet d'avocats de Louise, Thierry, les prostituées, le Georges V sans compter tous les autres, puis le personnel du Danieli dont s'occuperont ses homologues italiens. Un travail fastidieux et de longue haleine dont il a l'habitude et auquel il est rompu après plus de vingt années d'exercice. La fatigué accumulée au cours des derniers temps n'a plus d'emprise sur lui tant sa satisfaction est grande. Il est même prêt à mettre les bouchées doubles, et s'inquiètera, comme à l'accoutumée, à ce qu'aucune erreur, aucune faille ne vienne entraver la marche de la justice et permette aux crapules de profiter d'une erreur de procédure pour sortir blanchi, en toute impunité.


Xavier, Virginie et Louise arrivent à la brigade et sont illico dirigés vers le bureau de Sébastien Gavoilhe qui les accueille comme il se doit. Après de brèves salutations courtoises, le commissaire les reçoit un à un, à commencer par Louise.


“ Vos collègues, Jeanne Charbonier et Françoise Cantier viendront un peu plus tard.
- Mais je ne vous ai rien demandé Commissaire répond, Louise étonnée et amusée.
- J'ai juste remarqué que vous cherchiez quelqu'un quand vous êtes arrivés. J'ai supposé qu'il s'agissait de ces personnes.
- C'est exact Commissaire.
- Vous savez donc pourquoi vous êtes ici, Maître.
- Oui, et c'est pour cela que j'ai préféré venir le plus tôt possible.
- C'est tout à votre honneur et je vous en remercie. Vous saviez ce que manigancé votre mari?
- Bien sûr que non. Même, si, comme je l'ai dit à Virginie, cela ne me surprend pas.
- Je comprends. Il a eu de sacrés pépins avec ses agissements plus que douteux. Je voulais juste glaner des informations autres que celles que je ne possède déjà.
- Vous savez que Jean-François et moi sommes en train de divorcer.
- Je sais tout ça Madame, le raid qu'il a fait l'autre soir chez vous, qu'il s'en est pris au majordome, les lettres anonymes, mais je tenais surtout à vous voir pour l'assassinat qu'il préparait à votre encontre.
- Je ne peux pas y croire une seconde Commissaire.
- Vous avez tort, Madame. Ce genre de voyou de haut vol tuerait père et mère pour obtenir ce qu'il veut. Et, là, en l'occurence, il s'agit de votre cabinet Madame.
- Ca n'a plus de sens puisque vous l'avez arrêté.
- Certes, il ne peut plus rien contre vous et son projet tombe à l'eau définitivement.
- Alors, que me voulez-vous?
- Je voulais juste que vous me confirmiez ce que je sais déjà et vous dire que vous étiez toujours sous surveillance policière.
- Vous pensez que Jean-François peut avoir commandité mon assassinat?
- Oui. Le fait d'être derrière les barreaux ne peut empêcher ça.
- Je vois. J'étais un obstacle à ses projets, mais me voir morte serait pour lui dorénavant, la plus grande des satisfactions.
- Il n'a plus rien à perdre. Rien n'arrêtera ce genre de type pour arriver à ses fins. C'est pour cela que nous maintenons protection.”




Vient ensuite le tour de Xavier. Le majordome confie au “Cancer” les années de calomnie et d'humiliation subies par son ancien patron à son égard et les interventions incessantes de Louise pour le conserver à son service dans la grande maison familiale. Xavier dévoile le calvaire auprès de cet homme suffisant et dénonce son arrivisme démesuré. Ce que vient confirmer Virginie, quand arrive son tour.


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Dim 17 Fév - 21:50

“ Tu sais ma chérie, je suis ravie que ta protection ne soit pas interrompue.
-je trouve ça ridicule. Même s'il avait voulu attenter à ma vie..
- Tu n'y crois toujours pas hein..
- Non, parce-que la piste serait automatiquement remontée jusqu'à lui.
- Chérie, réfléchis un peu. Imagine qu'il ait commandité ton crime.. et qu'on ne puisse pas prouver que c'est lui..!
- Oui, mais là, tu vois, il est en taule chérie. Il aurait quoi à y gagner?
- Toi mon ange! Toi! Te savoir morte, c'est tout ce qui doit lui importer à présent. Car même si tu n'as rien à y voir, il va te faire porter le poids de ses échecs! Il est fini, mais toi, tu es libre. Il ne pourra pas supporter que tu continues, il fera tout pour t'arrêter, quel qu'en soit le prix.
- As-tu pensé qu'il ne peut avoir conclu de contrat sur ma tête, justement parce-qu'il est en prison?
- Tu sais aussi bien que moi que tout peut aller très vite. Il peut avoir déjà tout réglé et attendre peinard du fond de son trou que quelqu'un fasse son sale boulot à sa place. Mais bon sang, chérie, ouvre les yeux!
- Tu crois qu'il a déjà tout prévu?
- C'est ce qu'on se tue à te faire comprendre, Xavier, Gavoilhe et moi ! Son silence n'a jamais rien présagé de bon. On a peur pour toi chérie ! Il ne te laissera jamais en paix.
- De toute façon, je n'ai pas le choix. Où que j'aille, mon garde chiourme me suit.
- Et ton ange gardien aussi. Je te suivrai où tu iras. Je refuse qu'il t'arrive quoi que ce soit mon ange, tu entends?
- Et combien de temps va durer tout ce cirque d'après toi? Ils ne pourront pas assurer ma protection indéfiniment. Ce petit jeu peut durer longtemps. Si un contrat pèse sur ma tête, quand sera-t-il honoré? Demain? Dans une semaine? Un mois? Un an?
- Pour le cabinet, il y a le délai butoir de votre divorce officiel. Maintenant, il peut avoir changé ses plans! Donc, je n'en sais rien. On aurait du demander au commissaire.
- On sera à temps de le demander, ils vont pas quitter leur poste dans la seconde qui suit tu sais!
- Il va se passer quoi maintenant?
- Interrogatoire de toutes les personnes qui touchent de près ou de loin à ses ordures,. C'est une procédure énorme. Le juge, le procureur, les polices Belge, Italienne et certainement Colombienne d'après ce que j'ai compris..
- Longue, sans aucun doute, mais que l'affaire soit bouclée, c'est tout ce que je demande et qu'on entende plus parler de ces fumiers. Mais je me demande comment Jeff a pu se faire cueillir aussi bêtement..
- J'ai ma petite idée. Les documents saisis sur ordinateur et téléphone n'ont pu l'être que par une personne proche.
- Tu sais qui c'est?
- Absolument pas. Et il vaut mieux ne pas le savoir, ni par nous, ni par personne. Seul le commissaire le sait car ce ne peut-être que l'oeuvre de quelqu'un d' infiltré. L'agent exfiltré va témoigner sous X et est intervenu sous un faux nom et avec une couverture. Il sera muté dans un autre poste avec un prétexte quelconque. Personne ne doit savoir sous risque de représailles. Tu saisis?
- Oui, bien sûr chérie. C'est somme toute logique il me semble. Mais qui cela peut-il être?
- On ne le saura sans doute jamais.
- Thierry peut-être? On ne l'a pas vu au commissariat!
- Je sais pas. Si c'est lui, il viendra témoigner comme les autres, sous X, comme je t'ai dit. Mais j'en doute. Il a toujours suivi Jean-François comme son ombre. Mais ça veut rien dire, absolument rien.
- Et sa greluche ?
- Aucun risque! Elle aime trop le luxe, le fric et se faire entretenir. Pourquoi crois-tu qu'elle ait pu le supporter ? Tu sais, Jeff fréquente beaucoup de monde, ça peut être n'importe qui. Bon, maintenant qu'on est dehors, on va manger un bout?
- Quoi? Tu as faim après ce qui s'est passé?
- Un appetit d'ogre! Le fait de savoir ce salopard à l'ombre m'a excité les papilles..
- Franchement chérie, je sais pas comment tu fais!
- Quoi, t'as pas faim toi?
- Je crois que je garderais rien dans l'estomac chérie.
- Je téléphone à Xavier, qu'il nous prépare un petit encas.
- Il est 18h chérie!
- Oui! Et alors? On a du boulot à rattraper avec toutes ces histoires. On est pas encore couchées bébé.
- Mais j'y pense! Et les enfants! Quand ils vont savoir!
- Ils sont au courant par mes soins. Ils devront témoigner eux aussi. On leur expliquera quand on sera au manoir.
- Les pauvres, ça fait beaucoup en peu de temps!
- Oh, mais je pense qu'ils ne seront pas plus atterrés que ça ! Bien au contraire! Ils n'entendent plus parler de leur père que pour ses esclandres. Il y a bien longtemps qu'il ne fait plus partie de leur vie affective. Je crois qu'ils se feront un malin plaisir de le voir s'enfoncer.”

Quelques minutes plus tard, elles se fondent dans le trafic intense de la circulation parisienne. Dans le rétroviseur, Louise aperçoit la voiture banalisée de la police, qui tout comme elle subit, les caprices du trafic routier. Elle sourit en se disant que si quelqu'un devait lui ôter la vie à cet instant même, son “suiveur” aurait un champ d'action relativement limité. Dans l'habitacle, la tension est palpable. Rien ne laissait présager ce qui vient d'arriver et les deux femmes n'échangent plus un mot, pensant aux derniers événements. Le feu rouge stoppe leur itinéraire. C'est juste le temps qu'il faut à Virginie pour caresser la joue de Louise avant d'y déposer un tendre baiser auquel la brune répond en capturant ses lèvres des siennes.


Dans les services des stups, les deux lascars ruminent au fond de leur trou. Qui? Quand? Comment? Où le plan a-t-il foiré? Le Belge et l'avocat ripou, chacun dans leur coin, passent mentalement en revue la liste de leurs proches, de leurs amis mais aussi leurs ennemis, susceptibles de les avoir dénoncés. Quelqu'un d'assez proche en tout cas pour connaître tous leurs faits et gestes. Sinon, pourquoi le leurre mis en place par Eekhoud aurait-il échoué? Le Belge réfléchit, analyse et en arrive à la conclusion que, seule, une taupe infiltrée dans ses rangs, ou ceux de Jeff a pu parvenir à faire capoter leurs projets.


De son côté, malgré sa cuisante défaite, Jeff jubile. Il lui reste encore une carte maitresse à jouer, et pas des moindres. Malgré tous les soupçons qui pèsent sur lui, les missives anonymes qui le dénoncent, la machine est lancée. Perdu pour perdu, il attend déjà l'instant où quelqu'un viendra lui annoncer la mort de Louise. Sa soif de vengeance grandissant, la clé de leur arrestation ne passe plus qu'en second plan. Son cerveau malade imagine tous les scenarii possibles et imaginables de la mise à mort de sa future ex compagne. Assis sur la chape froide de ciment de se cellule, il grelote de froid, transpire à grosses gouttes. Jean-François Lemoux ressent les premiers symptômes de manque. Il fouille alors les poches de son lourd manteau et en ressort un papier d'emballage de chewing-gum duquel il retire un minuscule sachet de poudre blanche qu'il aspire à l'aide d'un stylo qu'il a pris soin de dénuder pour n'en garder que le corps. La cocaïne agit rapidement, son rythme cardiaque s'accélère, le sang frappe ses tempes, tout son corps se laisse envahir d'un sentiment de bien être. Il se laisse glisser sur le banc de ciment et s'abandonne aux effets bienfaiteurs du stupéfiant.




“ Louise?
- Ingrid!
- Je suis sur le cul! Les flics viennent de m'appeler ! Jean-François est en prison? Je vous dérange pas au moins?
- Oui, ça te surprend? Et non, tu nous déranges pas.
- A cause de son raid de l'autre jour ?
- C'est beaucoup plus grave que ça Ingrid. Jeff s'est fait cueillir pour trafic de drogue.
- Quoi?
- En début d'après-midi, ils l'ont chopé avec de la cocaïne.
- Bon sang ! Je comprends mieux ! Tu sais, ils ne m'ont pas dit grand chose au bout du fil et je trouvais bizarre puisque j'ai déjà déposé pour l'agression contre Xavier. Nom de Dieu! J'en reviens pas! Mais d'un autre côté, ça ne me surprend pas non plus. Au moins, tu vas avoir la paix ma chérie!
- J'espère bien ! Répond Louise! Figure toi qu'ils le soupçonnent de vouloir me tuer.
- Je croyais t'avoir convaincue ma chérie.. rétorque Virginie.
- Tu as réussi à me faire douter. Mais j'ai du mal encore à y croire, je dois l'avouer.
- Mon ange! Je te l'ai déjà expliqué en long, en large et en travers! Vois jusqu'où il est allé! Et il est capable d'aller encore plus loin, crois moi!
- Mais enfin, de quoi vous parlez ?” Questionne Ingrid. Tu veux dire que Jean-François veut te descendre? C'est lui qui a envoyé les lettres anonymes?
- C'est ce que pensent les flics en tout cas. Mais pour eux, ça ne fait pas l'ombre d'un doute.
- Oui, j'imagine et je devine très bien ses desseins.. Mais j'avoue que ces lettres anonymes n'ont pas de sens.
- Ah, tu vois! Toi aussi! Ca sert à quoi ces lettres si c'est pour se faire pincer apres? Ca ne tient pas debout! C'est bien ce que je dis!
- Il doit y avoir une explication qui m'échappe rajoute Virginie.
- Et laquelle mon coeur?
- Je viens de te le dire, ça m'échappe. Soit... comme tu disais, c'était pour t'intimider. Soit.. bein il est cinglé, c'est tout. Se faire plaisir à te faire peur avant de passer à l'acte.”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Mar 19 Fév - 22:36

Xavier assiste à la discussion des trois femmes, se permettant d'écouter et d'enregistrer les informations. Comme toujours, il vaque à ses affaires si discrètement que Virginie, Louise et Ingrid remarquent à peine sa présence, ni les regards qu'il leur lance. Etouffant sa joie sur les événements, il débarrasse le petit encas préparé en urgence à la demande expresse de sa patronne.
A pas feutrés, il traverse la cuisine, les bras chargés de victuailles dignes d'un gueuleton. L'appétit exacerbé de Louise l'a profondément surpris, et quelque peu amusé. Cela est si inhabituel chez Louise. L'arrivée de Virginie dans sa vie et au manoir a provoqué un chamboulement conséquent dans la petite communauté. Il ne pouvait espérer mieux dans les desseins personnels qu'il s'était construit secrètement depuis bien longtemps. La reconnaissance démesurée et les sentiments presque paternels qu'il porte à Louise sont enfin couronnés par l'amour qui unit l'avocate à sa jeune secrétaire.


Absorbé par ses pensées, presque les larmes aux yeux, il savoure chaque seconde de cet air chargé de bonheur et d'amour. Son ex employeur moisit en prison, Louise peut récupérer son cabinet en toute sérénité et vivre, enfin. Il se promet d'être continuellement au service de l'avocate et d'attendre le moment où, il pourra enfin lui prouver sa considération et sa reconnaissance. Malheureusement , au moment où il contourne la table centrale de la cuisine, deux bombes surgissent dans la pièce en renversant tout sur leur passage.


“ Salut M'man, salut Virginie, Ingrid et Xavier” Le pauvre majordome sursaute à cette brusque intrusion laissant choir les derniers éléments encombrants la table qu'il avait empilés dans un équilibre précaire. Tout s'écrase au sol dans un bruit infernal faisant sursauter tout le monde, qui, le moment de surprise passé, se laisse aller dans un éclat de rire sans fin. Xavier, aussi rouge que les pommes dans la corbeille à fruits, se confond en excuses, ne sachant quelle attitude adopter face à la situation.


“ Ce n'est rien Xavier! C'est pas grave voyons! On avait tous besoin de se détendre un peu. Et vous, les enfants, faites un peu plus attention la prochaine fois ok?
- Han, M'man, promis. Désolé Xavier, tout ça c'est de notre faute.
- Je m'en remettrai ! Sourit Xavier..
- Alors maman ! Papa, celui qui n'en a que le nom est enfin en taule!
- Noémie !
- Voyons maman, on sait tous ici ce qu'il est et ce qu'il vaut. Il n'est plus notre père depuis longtemps. Moi, franchement, ça me ravit.
- Ouais, ce fumier va enfin pourrir en prison ! Reprend Nathan. Et c'est pas moi qui vais le plaindre. Purée maman! Tu es enfin libre, il ne viendra plus nous emmerder! C'est fini Maman!
- Oui! Purée, oui.. Je commence à peine à réaliser. Ce salopard ne viendra plus nous tirer dans les pattes. Enfin, je l'espère en tout cas.
- Comment ça?
- Je suis sous protection policière.
- Quoi, à cause des lettres?
- Les lettres oui.
- Il a serré lui même la corde pour se pendre.. C'est du grand n'importe quoi!
- C'est ce que je pense aussi les enfants, mais tout le monde ici, et la police aussi, enfin, tout le monde quoi, craind qu'il m'arrive encore quelque chose.
- Papa est un vicelard, un fourbe et un hypocrite, mais c'est un lâche, il ne te fera rien.
- Je suis d'accord ! Intervient Virginie. Mais il peut faire faire le boulot par quelqu'un d'autre.
- Tu veux parler d'un contrat ? Questionne Noémie.
- C'est ça, mais votre mère prend ça un peu trop à la légère. On peut s'attendre à tout avec lui. Elle est sa dernière chance de voir un projet aboutir.. Et quel projet!
- On est là Maman, il t'arrivera rien.
- J'en suis persuadée.. Bon, si on parlait un peu d'autre chose! Vous avez un petit creux les enfants?
- Non, non, pas faim du tout. On est trop excités pour ça. Par contre, j'ai rien contre une petite mousse. Tu en veux une Nathan?
- Volontiers! On a deux évènements à fêter aujourd'hui! Papa en prison et surtout, et le plus important, la venue de Virginie. On a pas de père, on en a jamais eu d'abord, mais on a rien perdu au change, on a gagné une autre mère. Virginie, sois la bienvenue au sein de la famille.
- …. Merci.. je.. enfin.. vous..
- Oui, nous.. oui... toi.. ici.. sous le même toit.. avec nous. L'émotion qu'on lit sur vos visages et l'expression de vos regards valent tous les mots du monde. C'est moi qui suis heureux de te voir enfin heureuse maman et tu ne pouvais pas choisir mieux que Virginie.
- Je suis d'accord ! Renchérit Noemie, tout sourire et la larme à l'oeil. Bon, tu la veux cette mousse ou pas frérot? Mon bras commence à faiblir!
- Merci soeurette. Ah punaise, que ça fait du bien de prendre ce bonheur en pleine figure! Je veux que ça soit comme ça tous les jours! Xavier, tu trinques avec nous! C'est un ordre!”


Le majordome, les yeux humides, s'incline et accepte l'invitation du jeune homme avec un immense plaisir.


Oubliés les événements difficiles, oubliées les noires pensées et les sombres souvenirs, la soirée se passe dans la bonne humeur et la liesse autour d'une table à nouveau bien garnie et un bon feu de bois, alors, que dehors, l'hiver n'a pas dit son dernier mot et laisse s'échapper des nues d'énormes flocons de neige. Les heures s'égrènent et la fatigue n'est pas la bienvenue au sein du petit groupe qui continue jusque tard dans la nuit son ballet de rires et de bonheur.


“ Bon, il va falloir peut-être pense à aller dormir non?
- Quoi, déjà? Dit Nathan.
- Dis, tu as vu l'heure?
- M'en fous, demain j'ai pas cours, on est jeudi, tu te rappelles?
- Toi peut-être, mais ta soeur?
- Non plus.
- Comment ça se fait?
- Une canalisation a pété sous la cours du bahut, ce qui fait qu'il n'y a plus de chauffage dans aucune classe.
- C'est cool hein?
- Oui! On va pouvoir dormir, dormir et encore dormir!
- Ca n'est pas le cas pour nous.. On a pas avancé d'un pouce Louise!
- Chérie, il est une heure ! Je suis morte!
- Louise, on a rien fait, mais alors, rien fait du tout!
- Si, au contraire, je trouve qu'on a eu une journée bien chargée en événements et en émotions. On a besoin de repos. On mettra les bouchées doubles demain.
- C'est toi la patronne après tout!
- Tout à fait! Et j'ai prévu un programme bien plus intéressant pour nous deux..”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Jeu 21 Fév - 14:17

Elles grimpent les escaliers, main dans la main, lentement, comme pour décharger, sur chaque marche, le poids de la journée écoulée. Xavier, qui se dirige vers la sortie, à cet instant, ne peut s'empêcher de savourer le spectacle des deux amoureuses. Quelques secondes plus tard, le coeur empli de ce doux cliché, il sort pour rejoindre son pavillon et retrouver la chaleur de ses draps. La journée bien remplie, il ne tardera pas à s'endormir.


Louise et Virginie arrivent à hauteur de la chambre lorsqu'elles entendent un léger craquement de bois. Discrètement, Louise détourne son regard dans la direction du bruit et aperçoit dans la maigre ouverture de la porte, les yeux de Nathan qui les observe. La porte se referme aussitôt sur un sourire bienveillant. Par la grande fenêtre du bout du couloir, dans l'aile droite du manoir, qui les mène à leur chambre, elles regardent quelques instants le ballet des flocons qui recouvrent le paysage endormi.


Elles arrivent à la chambre et, avant que Louise en ait ouvert la porte, Virginie la plaque sur le bois chaud et lui délivre un baiser magistral.
“ C'est un prélude au programme, souffle-t-elle au creux de l'oreille de l'avocate. - Je croyais que c'était moi qui l'avais mis au point tout à l'heure, juste avant de monter.
- Ai-je le droit d'y ajouter quelques petites annotations ma chérie?
- Ah, mais aucun problème, tout nouveau élément est le bienvenu.
- Cool, alors, je t'en propose un autre à glisser entre deux lignes.
- Mmmm, ça promet d'être très interessant” répond Louise alors que la jambe gauche de Virginie s'immisce entre les siennes. “ Comme il est délicieux de sentir ton corps contre le mien mon ange. Tout chaud et si doux.
- Par contre, le tien est torride chérie et j'adore ça...
- A qui la faute chérie?
- Moi? Mais j'y suis pour rien ! C'est de l'auto-suggestion, c'est tout..
- Alors, auto-suggestionne moi autant que tu veux ma chérie.
- A vos ordres Madame.”


Sans aucune gêne, dans l'aile du couloir et invisibles de quiconque qui sortirait de sa chambre, Louise et Virginie s'étreignent sans retenue, la bouche de l'une dévorant le visage de l'autre. La cuisse ferme de Virginie entame lentement son travail entre celles de Louise qui exprime son désir. Les yeux fermés et la tête penchée sur le côté, elle offre à sa jeune secrétaire, la peau de son cou gracile. Virginie laisse le bout de ses lèvres gourmandes courir le long de la jugulaire où elle sent les battements de Louise s'accélérer. C'est à présent à pleine bouche qu'elle honore son cou alors que ses mains fébriles entament une exploration lente et langoureuse de son corps. Posant sa main gauche sur la cuisse de Louise, elle remonte sur ses hanches et ses flancs accompagnant dans son mouvement, le tissu léger de son déshabillé. Elle masse doucereusement le buste de sa compagne alors que sa bouche investit son visage, puis redescend jusqu'à la cuisse qu'elle vient caresser sous le tissu et qu'elle stabilise sur sa propre hanche. Louise s'abandonne à cette nouvelle étreinte, offrant son corps chaud à sa maîtresse qui redouble de vigueur. Les mains de Virginie, à présent, se plaquent sur la poitrine de Louise dont les pointes dressées et fières trahissent le désir grandissant.


Alors que sa main droite honore les seins de Louise, l'autre main investit la cuisse maintenue sur sa hanche, finissant sa course sur sa fesse rebondie. Louise, enroule ses bras au cou de Virginie et l'invite à goûter une nouvelle fois à ses lèvres fiévreuses. Dans leur bouche, leurs langues se livrent une délicieuse bataille, se cherchant, s'enroulant, se cherchant à nouveau pour mieux se retrouver.


Puis Virginie quitte les lèvres de Louise dont elle repose délicatement la jambe au sol, avant de venir perdre son visage sur son buste et la vallée de ses seins. Descendant peu à peu le long de ce corps qu'elle vénère, elle en embrasse chaque parcelle. Les yeux fermés, elle savoure le goût sucrée de sa peau au travers du fin tissu dont elle ôte délicatement les fines bretelles. Elle parvient au niveau de ses hanches qu'elle maintient de ses mains et en honore toute la surface alors que le tissu finit de choir à ses pieds.


Agenouillée devant le corps frémissant de Louise, Virginie continue d'explorer le bas ventre de sa bouche et à le couvrir de ses baisers alors que ses mains jouent avec la pointe de ses seins. Son souffle chaud sur la peau de Louise provoque en elle de délicieux frissons qui la portent en transe.
Les mains de la brune se perdent dans la magnifique crinière blonde décoiffée de Virginie, lui indiquant peu à peu la suite du chemin à prendre pour, enfin, la mener jusqu'au plaisir suprême. Virginie sème encore quelques baisers sur ce bas ventre affamé de sensations extrêmes et remonte le long du dos de Louise, en prenant soin de lui faire ressentir le moindre détail de son propre corps contre le sien. Elle se colle à elle, déposant dans son cou des baisers chauds et humides. Louise dépose sa tête sur l'épaule de la jeune secrétaire et remonte ses bras en arrière pour continuer à caresser celle de Virginie dont les mains dans un nouvel élan, caressent les seins durcis de Louise.


Louise ne tient plus et Virginie cesse sa douce torture en laissant enfin une de ses mains se glisser entre ses cuisses. Les doigts longs et experts de la blonde s'attardent sur son mont de Venus avant de s'immiscer doucement entre les chairs chaudes et humides de la brune qui laisse échapper un gémissement libérateur. Son index fouille de façon plus calculée et plus précise ce fruit délicieux qui s'ouvre d'avantage à chacune de ses caresses. Ses doigts glissent à présent sur son bouton de rose gonflé de plaisir qu'ils énervent et titillent savamment. Les gémissements de Louise se transforment en râles, qu'elle modère difficilement sous les caresses expertes de son amante.
“ Ho chérie.. t'arrête pas.. c'est bon..
- Oui ma chérie, susurre Virginie, mais essaie de te contenir sinon, les dormeurs vont se réveiller..
- J'essaie bébé, mais c'est si bon... continue s'il te plaît.. Ne t'arrête pas..
- Mais je n'ai pas la moindre intention d'arrêter mon ange.. ”


Joignant son geste à la parole, alors qu'elle continue de jouer avec son bouton, Virginie glisse une main dans le dos de Louise et descend jusqu'à son antre intime avant de le pénétrer lentement et d'imprimer un légér et délicieux mouvement de va et vient. Les hanches de Louise se mettent à onduler au rythme de la main de Virginie qui, peu à peu, accélere son mouvement. Quelques instants plus tard, le corps de Louise se tend comme un arc, de sa gorge s'échappe un râle profond qu'entraîne une jouissance infinie.


Transie de plaisir, les jambes encore tremblantes et le coeur battant, Louise lâche son étreinte au tour du cou de sa compagne avant de se retourner et de descendre à son tour le long du corps de Virginie, les mains caressantes accompagnées de baisers de braise. Sachant la jeune secrétaire dans un état d'extase optimal, elle cherche, à son tour à l'entraîner sur le chemin du plaisir. Elle glisse ses doigts sur son sexe imberbe et joue avec ses chairs avant d'énerver son clitoris. Elle approche lentement son visage émerveillé, sa langue gourmande prenant la place de ses doigts. Elle se met d'abord à embrasser les chairs tendres et chaudes de façon anarchique avant de devenir plus précise. Sa langue titille, darde, et roule sur le bouton de sa jeune secrétaire, elle savoure ce fruit au goût délicieux dont elle absorbe le nectar jusqu'à la dernière goutte. Sa langue affolant tous ses sens, Virginie s'ouvre aux caresses de Louise qui immisce plus loin sa tête dans l'espace ainsi offert. Sa langue danse entre ses cuisses, fouillant, et honorant goulument son bouton gonflé avant de la pénétrer et de le lécher à nouveau. Virginie, entrainée dans un tourbillon de plaisir immense finit par exploser sur la bouche de Louise qui vient embrasser ses lèvres et prolonger ainsi les frissons d'un violent orgasme.


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Jeu 21 Fév - 22:47

“ J'espère qu'on a pas fait trop de bruit..
- Je sais pas. Mais même si c'est le cas, tes canailles d'enfant ne viendront pas le déclamer. As-tu remarqué qu'une porte s'est ouverte quand on est montées tout à l'heure?
- Ah, tu as vu aussi?
- Difficile de pas entendre la porte grincer avec ce silence et qui plus est, au milieu de la nuit...
- Un bruit de plus ou de moins..
- Haha.. Il me tarde de voir leurs regards demain matin. Et quelque chose me dit qu'on entendra pas une mouche voler à l'heure du petit déjeuner. Pouffe Virginie.
- C'est possible oui. Mais pas uniquement pour cette raison. Ils se sont couchés exceptionnellement tard et je pense qu'il va falloir un palan pour les lever. Ca va être dur de se reveiller demain matin, crois moi.
- On est déjà demain matin mon ange.
- Quoi? Déjà 05h30?
- Le temps est passé agréablement vite tu trouves pas?
- J'avoue ! Répond Louise un large sourire aux lèvres. Je regrette que la nuit ne soit pas plus longue pour mieux abuser de toi. Haaa, j'ai tellement envie de rattraper tout ce temps perdu!
- Vu comment se passent les choses, on va vite combler ce retard ma chérie ! Rétorque Virginie au regard plein de malice.
- C'est toi qui me dévergondes!
- Avoue que tu aimes bien que je te dévergondes.
- Je confirme, persiste, et signe!
- Tiens, signe ici et ce sera officiel. Dit Virginie en pointant sa bouche de son index.
- Si je pouvais signer tous mes documents ainsi, ce serait le pied!
- Tu es fatiguée chérie?
- Pas le moins du monde. J'ai retrouvé un second souffle avec toi.
- Peut-être bien, mais il faudrait penser à nous reposer un peu. Dans quelques heures, une dure journée nous attend et on pourrait le payer cher si on ne ferme pas un peu les yeux.
- Jeanne et Françoise sont convoquées par Gavoilhe demain matin, on aura le bureau rien que pour nous. Si on a un coup de barre, on pourra se reposer un peu.
- Et laisser les dossiers s'accumuler? Et les rendez-vous?
- Aïe, c'est vrai, c'est jeudi... La poisse...
- Donc, je confirme, il faut dormir ma puce sinon, nos yeux vont faire des Z toute la journée. Et je te rappelle qu'il faut aller chez les flics porter ton dossier.
- Je sais pas trop ce qu'ils comptent y pecher qu'ils ne savent déjà, mais bon.. Mais ça vaut le coup d'y aller..
- Tu as quoi derrière la tête là?
- Moi? Oh, rien..
- Oh, je sais, j'ai compris...
- Qu'est-ce-que tu as compris?
- Tu caresses l'espoir de voit la tronche de ton mari!
- Eh bien oui! Lui faire un gros sourire pour lui montrer ma satisfaction de lui voir perdre de sa superbe.
- T'es pas possible chérie. Et s'il te rendait ton sourire, tu prendrais ça comment, dis-moi..
- Que veux-tu dire?
- Tu sais très bien où je veux en venir mon amour. Ecoute moi, écoute nous ! Il prépare un sale coup, même du fin fond de sa cellule, je le sais, je le sens.. S'il te plait.. je t'en supplie, tiens compte de ce que je te dis..
- Je ne..
- S'il te plaît, ne sois pas aussi bornée et si sûre de toi. Tu ne defends pas un dossier, mais peut-être ta propre vie. Et moi, à ta vie, j'y tiens, tu comprends?
- Oui chérie”.


Virginie pose sa tête contre l'épaule de Louise et se love contre son corps.


“ Allez, il faut dormir un peu maintenant. Dors bien mon ange.
- Merci, toi aussi ma chérie”




Jeudi :




Le service du commissaire Gavoilhe, alias le “Cancer” est en effervescence. Depuis la veille, se succèdent dans les bureaux, des têtes nouvelles et non des moindres. Sans compter deux invités de marque qui ont été serrés la veille. Le Belge et Jeff ne pensaient certainement pas passer la nuit dans des cellules grises mal chauffées. Les yeux marqués par la fatigue tous les deux, ils s'éveillent après une très courte nuit de sommeil perturbée par un incessant va et vient des nouveaux hôtes des cellules voisines.
Le Belge s'éveille, courbaturé, se frottant les côtes et remontant son col à la recherche d'un semblant de chaleur. Secouant la tête, comme pour sortir d'un cauchemar, il jette un coup d'oeil circulaire avant de réaliser qu'il n'a pas rêvé. Reviennent alors dans son cerveau les évènements des jours précédents, son arrivée à Paris, la nuit à l'hôtel, le rendez-vous à la gare Montparnasse, Jeff, et les flics. Ces putains de flics qui étaient au courant de la transaction et qui les attendaient sagement pour les cueillir sans leur avoir laissé la moindre chance de réagir. Les preuves accumulées, il en est certain, ne peuvent être que l'oeuvre d' une taupe bien infiltrée dans le réseau. Il se fait la promesse de découvrir son identité pour le plaisir de lui faire la peau, de ses propres mains.


Jean-François Lemoux est réveillé à son tour. Le froid saisissant de sa cellule l'a sorti du court laps de sommeil qu'il a pu s'octroyer. Après son trip clandestin où il s'est vu dans les plus hautes sphères de la félicité que seule sa propre morale peut lui accorder, il est retombé dans l'angoissante réalité d'une cellule glaciale où le sommeil n'a pas voulu de lui des heures durant. Le délicieux souvenir des nuits sulfureuses passées en délicieuse compagnie et à sniffer, le visage de Louise n'a eu de cesse de hanter sa nuit et ses pensées. Quand celui de Corinne lui est apparu en filigrane, il n'a pu se retenir de penser à la mise à mort de son cher compagnon à quatre pattes qu'elle chérissait. Le choc sourd du petit corps au contact violent de sa chaussure dessine un rictus horrible sur ses lèvres fines.



Puis une nouvelle vision s'installe dans son cerveau malsain, celle de Louise, allongée dans un cercueil, un trou entre les deux yeux. Dans ses mains pâles et froides comme l'albâtre, elle tient sa fleur préférée, un lys rose. A la seule différence, que celui-ci est flétri et a pris, comme le visage de Louise, la couleur de la mort. Il se voit alors approcher du corps de Louise et tendre sa main sur sa face cireuse. C'est alors, qu'au contact de son index sur sa joue froide, que la ravissante tête de Louise roule sur le côté et se détache légèrement du tronc.
Lemoux part dans un fou rire nerveux et morbide qui réveille ses voisins d'infortune, un rire qu'il ne peut retenir et qui perdure, un rire qui prend aux tripes et résonne comme la mort, un rire sinistre et glacial, un rire qui fait froid dans le dos.


“ Ho, tu vas te calmer ouais? Y'en a qui essaient de dormir ici!” s'entend-il hurler à l'autre bout du couloir.
“ Qui t'es toi pour me parler comme ça connard?
- Un mec qui supporte pas ton rire de con, pauv'con!
- Ravale ta langue et écrase tu veux!
- Oh mec, t'es pas Dieu et tu me fais pas peur.
- T'es que de la merde pauvre minable. Ce soir, je serai sorti et toi, tu continueras à croupir dans ta crasse.
- Oh, mais je reconnais ta voix toi! T'es l'avocat pourri mec! Hey, tu sais qu'on a parlé de toi aux infos? Avec ce que tu as sur le dos, t'es pas prêt de sortir!”


Les violents échanges verbaux attirent rapidement l'attention d'un des gardiens de la paix.


“ Joxer, tu la fermes! Et toi, Lemoux, écrase tu veux? Tu ferais mieux de te faire oublier l'avocat. Tiens toi tranquille. Au lieu de faire chier tout le monde, tu ferais mieux de préparer ta défense, tu vas en avoir besoin. ”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Mar 26 Fév - 13:04

A l'étage du dessus, au commissariat, Gavoilhe se prépare à différents entretiens. Il a convoqué dans ses bureaux une partie des nombreuses personnes faisant partie de l'entourage de Lemoux. En ce moment même, des hommes à lui épaulent la police Belge dans leurs démarches dans l'enquête sur Eekhoud. La cueillette risque d'être prometteuse grâce au travail acharné et minutieux de son agent infiltré qu'il recevra dans la matinée et qui témoignera sous x. Un mouvement incessant agite les services, le plancton de l'accueil est rapidement débordé alors que les premiers invités du “Cancer” passent les portes.


Au travers des vitres, le commissaire reconnaît Louise et sa secrétaire, emportant avec elles le dossier volumineux qu'il leur a demandé d'apporter. Puis il reconnaît, à leur tenue les prostituées que Lemoux a l'habitude de fréquenter avec son ami Thierry. D'autres têtes, plus connues ou inconnues se faufilent dans le hall d'accueil devenu subitement trop petit. Parmi elles, il reconnaît son agent infiltré, des avocats de renom et d'autres moins reluisants. Honnêtes ou moins honnêtes, Lemoux les a tous doublés et ils apporteront certainement de nouveaux éléments à charge dans son dossier déjà bien épais.
Il fait rentrer rapidement Louise dans son bureau, demande à faire patienter les autres avant d'être reçus par quelques uns de ses collègues ou par lui même.


“ Voilà ce que vous avez demandé Commissaire.
- je vous remercie Madame Berthomieux.
- Vous pensez trouver des éléments importants là-dedans?
- Tout est important. Même si j'ai assez pour le foutre à l'ombre pour un bon moment, j'exploiterai le moindre petit détail pour enfoncer d'avantage ce salaud.
- Ce dossier est tout à vous Monsieur, et vous pouvez compter sur nous pour une étroite collaboration. Voyez-vous, je suis avocate, mais c'est bien la première fois que je me réjouis de voir un type dans la merde. Et tout comme vous, j'ai envie de l'y enfoncer encore plus.Je suis ravie de ne pas avoir à défendre un pareil individu. Il est indigne de la profession. Chacun son tour et le sien est arrivé.
- On est d'accord. Cependant, permettez-moi de vous mettre encore en garde. Il est coincé, mais il peut toujours agir, vous saisissez?
- J'ai bien compris commissaire. Et combien de temps allez-vous me mettre sous protection?
- Tout le temps qu'il faudra, tout le temps qu'il nous sera nécessaire pour prouver qu'il est bien l'auteur de ces lettres. Et quand bien même si ce n'est pas lui, car nous n'avons, jusqu'à présent aucune preuve, seulement des présomptions.
- Je connais votre réputation Commissaire, je sais que vous ne laisserez pas tomber.
- En effet, je ne lâche jamais le morceau et exploite chaque petit bout de début de piste.
- Vous avez raison, ce surnom vous va à ravir.”




Après avoir échangé d'autres banalités, Louise quitte le bureau du cancer et rejoint Virginie qui l'attend dans le couloir, au milieu de nouveaux arrivants. Lorsqu'elle voit sa compagne, un sourire illumine son visage. Louise lui adresse un petit clin d'oeil confiant et la prend par la main en direction de la sortie, se moquant éperdument de ce que ce petit geste entraîne dans l'entourage.


Se faufilant laborieusement parmi les inconnus du commissariat, elles ne prêtent pas attention au groupuscule d'hommes qui remontent du sous-sol et se dirige dans leur direction. Le temps suspend son vol. Il n' y a plus aucun bruit, il n'y a plus personne. Il n'y a plus qu'eux deux. Louise se trouve face à face avec Lemoux. Lemoux qui la dévisage, les yeux mis clos jusqu'à ce qu'un sourire mauvais se dessine sur ses fines lèvres, un rictus horrible qui fait froid dans le dos. Louise l'observe, ne scille pas des yeux cet homme qu'elle regrette d'avoir aimé. Un regard lourd, chargé de haine et de cruauté que Louise défit sans faillir. D'interminables secondes durant lesquelles, en se croisant, aucun des deux ne baisse les yeux. Une fois Jeff dépassé, Louise discerne, parmi le brouhaha environnant, le rire glacial de son mari. Elle continue son chemin, Virginie dans ses pas, jusqu'à la sortie qui semble soudain très lointaine.


“ Chérie, tu as vu ses yeux? Demande Louise
- Je n'ai vu qu'eux mais j'ai entendu son rire aussi.
- Je ne le reconnais plus mon coeur. Je t'avoue, il m'a fait peur et son regard m'a donné froid dans le dos.
- Tu as enfin ouvert les yeux chérie?
- Je crois que oui.. J'ai vu de la folie pure dans ses yeux. Il me fait peur.
- Tu comprends nos craintes à présent Louise?
- Oui, je suis désolée d'avoir été aussi stupide. Pardonne moi mon coeur.
- Tu as vécu avec lui si longtemps que tu es restée dans les clichés que tu connaissais de lui, mais avec des yeux extérieurs, on s'en rend compte plus facilement.. Tête de mule.
- Me pardonneras-tu?
- Je sais pas, j'y réfléchis, répond Virginie d'un regard malicieux.
- Je t'aime.
- Je t'aime aussi mon ange.”




Dans son bureau, au même instant, Gavoilhe a fait entrer son agent infiltré, qui attend son tour au milieux des autres prévenus et anonymes.
“ Je tenais encore à vous féliciter pour ce travail superbe.
- Merci commissaire. Mais je n'ai fait qu'accomplir ma mission.
- Pas n'importe quelle mission..
- J'en connaissais les risques..
- Certes, et vous avez reussi haut la main. Je regrette une chose, devoir me séparer d'un élément tel que vous.
- Avons-nous le choix commissaire? J'ai choisi ma vie, je sais ce qui m'attendait une fois ma mission menée à bout. Et je sais ce qui m'attends. J'aime bien la région Rhone-Alpes.
- C'est bien pour ça qu'on vous y envoie. Voici votre déposition, lisez-la tranquillement et ..
- Et je vous dis si je suis d'accord. Ne vous inquiétez pas commissaire, je lis avec la plus grande attention. Ce serait con si cette crapule s'en sortait à cause d'une coquille n'est-ce-pas?
- Plutôt oui.. même si d'autres éléments s'accumulent mais sa défense pourrait foncer dans la brêche et il serait dommage que votre propre travail soit réduit à néant.
- Je suis entièrement d'accord.”


L'agent s'empare des documents que lui tend le “Cancer” et se met à parcourir les lignes avec la plus grande attention. Les pages se succèdent les unes aux autres jusqu'à la dernière sans la moindre anicroche, sous l'oeil attentif de Gavoilhe.


“ C'est nickel, tout y est.
- Impec. Vous avez tout préparé?
- Oui, ça y est. Je vais regretter mon appart.
- On vous en a trouvé un tout aussi confortable, si ce n'est mieux à Lyon.
- Aucun doute là-dessus commissaire.” Le flic tend chaleureusement la main à son fidèle agent avant de lui serrer tout aussi chaleureusement.
“ Au revoir. Bonne route là-bas. - Ce sera du gâteau comparé à ce que je viens de vivre. Au revoir Commissaire.”


Dans le couloir règne toujours la même pagaille. Lemoux attend patiemment entre deux gardiens de la paix. Des regards noirs se posent sur lui, des regards d'amis incrédules et bafoués, des bafoués, des repentis, les prostituées mais il n'arrive pas à apercevoir son copain Thierry. Jouant des coudes pour mieux y voir, il bouscule un de ses deux gardiens, qui le regarde d'un oeil noir.
“ Quoi, qu'est-ce-que j'ai fait encore?
- Pourquoi vous vous agitez ainsi? Vous pourriez au moins vous excuser!
- M'excuser pour quoi? Pour avoir bousculé un bougnoul?
- Outrage et propos insultant, vous en avez pas assez?
- Jamais quand je vois des mecs de ta trempe. Comment ça se fait qu'il t'ont accepté dans la police? Ils manquaient de volontaires ou quoi?
- Arrêtez ça tout de suite..
- Ou quoi? Tu me fais peur peut-être tiens! T'inquiète pas mon gars, quand je serai sorti d'ici, je m'occuperai de ton cas et je ferai en sorte que tu ne trouves plus de boulot. Tu peux compter sur moi...”


Lemoux continue d'abreuver le gardien de la paix de mots suaves et affables. Il ne remarque pas immédiatement la personne qui arrive dans sa direction et ne perd pas une miette du spectacle. Puis, se sentant observé, il lève son regard et aperçoit Corinne avant de s'adresser à elle.


“ Tiens, ils convoquent les idiots aussi les flics? A croire qu'ils ont pas assez de preuves contre moi pour faire appel à des pequenots!.. oh, je te parle salope! - Mon pauvre Jeff, regarde toi, tu es pitoyable.
- Qu'est-ce-que tu leur as raconté de si intéressant que ça? Grosse conne!"


Corinne ne répond pas et tout en continuant de se diriger vers la sortie, elle lève son bras envers l'avocat pourri avant de lui offrir le plus beau profil de son majeur droit accompagné d'un sourire narquois et d'un clin d'oeil qui en dit long. Le regard destructeur de Jeff baisse quelques secondes sa garde, le temps de réagir et de comprendre.


“ Toi?”






Corinne Leduc, ou plutôt, son nom d'emprunt se retourne et continue sa marche en direction de la sortie. Jean-François, décontenancé éprouve du mal à garder son sang froid. Il tente de se lever dans le but dérisoire de suivre Corinne et les deux gardiens de la paix le retiennent non sans mal, tant la force causée par sa colère est décuplée. Il cède et se rassoit tranquillement, laissant son cerveau bouillonner à la place de son corps. Comment cette femme a pu le berner à ce point, lui et le “Belge”? Sa fierté de tout puissant en a pris pour son grade et il rage surtout du fait qu'il n'a aucun moyen d' en informer son ami Eekhoud. Mais pour l'instant, il pense à Louise qu'il a croisée quelques minutes plus tôt. Le regard et le sourire en biais qu'il lui a décochés sont pour lui un semblant de réconfort, un apéritif en regard de ce qui attend sa femme. Quand et où, il l'ignore, mais il n'espère que le moment où elle ne sera plus de ce monde, c'est à dire bientôt.


Dans le bureau jouxtant à celui de Gavoilhe, le Belge fait face à un enquêteur tout aussi tenace qu'il toise d'entrée de jeu.
“ Ah, j'ai affaire à un sous fifre? Vous voyez, je suis pas un cas intéressant !
- La ferme et assied toi. Tu n'a aucun droit ici à part celui de la fermer et de répondre aux questions que je te pose.
- Ho ho, le petit chef a parlé! Maman, j'ai peur!!
- Fais le mariole si ça te chante, tu ne m'impressionnes pas Eekhoud. J'en ai maté de plus costauds que toi. Tu ne me fais pas peur non plus. Des types comme toi, vous êtes des guignols, des parasites qu'on écrase du pied ou dans le creux des mains. Tu as fait du bruit mais ici, t'es que tu vent. Tu la fermes et tu t'assoies.
- Je préfère rester debout.
- A ta guise! On en a pour un bon moment. Virez moi cette chaise de là, dit Grendier au gardien de la paix. J'ai tout mon temps moi ! Renchérit-il, un mug de café fumant plein à ras-bord.
- J'ai déjà parlé à votre collègue hier..
- Tu as l'air d'oublier que tu es en garde à vue Eekhoud. Je fais de toi ce que je veux pendant les 90 heures à venir. Ah, et je tenais à te dire que mes potes Belges enquêtent chez toi aussi. Ils fouillent tes appartements et interrogent tous tes amis et tes ennemis aussi. Tu es grillé et tu le sais.
- Du vent tout ça! Vous ne trouverez rien parce-qu'il n'y a rien à trouver.
- Tu prends tes compatriotes pour des billes? C'est pas bien ça.. mais je te rassure, ils sont aidés par mes potes Français à moi.. Tout ce monde rien que pour toi, tu devrais être flatté!
- Va te faire foutre..
- Pour le moment, c'est toi qui l'as bien profond, et bien profond. Tu ne t'en sortiras pas cette fois-ci. Ton petit manège n'a pas fonctionné. Non mais tu croyais quoi?
- Je n'ai plus rien à vous dire. Je veux un avocat.
- Haha.. je t'appelle Lemoux?”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Sam 2 Mar - 21:19

Le Belge jette alors un regard des plus sombres à son interlocuteur. L'intimidation ne mènera nulle part et il n'ignore pas que les investigations de polices Belges et Françaises, sur les indications de la taupe, sonnent le glas de sa carrière. La lueur qui habite les yeux du policier ne fait que confirmer que l'aventure est terminée.
“ Mais bon sang, comment vous avez su ? Qui m'a dénoncé bordel ?
- Même si je le savais je ne te le dirais pas. Admet que tu as perdu “Le Belge”. Les bonnes choses ont une fin. Enfin, ça dépend de quel côté on se place hein ! En ce qui me concerne, je suis ravi qu'une pourriture de ton espèce finisse là où elle doit finir. En taule..
- Un autre prendra ma place.
- Tu parles de tes copains colombiens? T'inquiète, on s'en occupe aussi.
- La tête est tombée, elle va repousser.
- Oui, et on la coupera autant de fois qu'il le faudra. Mais je sais qu'en te coinçant , on a foutu un joli petit bordel dans ton organisation.
- Et tu te crois toujours plus fort que moi?
- C'est pas moi qui suis sur la sellette en ce moment. Tu ne m'impressionnes pas le moins du monde Eekhoud. Ah, mais oui, c'est vrai ! Tu te demandes toujours pourquoi ton plan n'a pas fonctionné cette fois-ci!
- Je sais pourquoi il n'a pas fonctionné, mais je finirai par savoir qui est le salaud qui..
- Aucune chance.”




Thierry sort de son lit, grisé par un jour et deux nuits alcoolisés et très agités. La tête prise dans un effroyable étau et la bouche pâteuse, il se dirige d'un pas incertain vers la porte d'entrée que l'on tambourine sans cesse depuis quelques minutes.


“ Oui, c'est bon ! J'arrive, y'a pas le feu!
- Police, ouvrez!”


A ces mots, le cerveau endormi de Thierry se réveille et de grosses gouttes de sueur se mettent à perler sur son visage. Les flics sont là pour lui mettre le grappin dessus. Ca ne fait plus aucun doute, il est découvert. Il doit fuir.. Les secondes s'égrenent, on frappe toujours à la porte, le sang martèle ses tympans, son crâne est au bord de l'implosion.


“Ouvrez ! Ou on défonce la porte!”


Du fric, des fringues, la fuite. Oui, mais où ? Presque nu, pris par surprise, il n'a pas le temps de s'enfuir et d'autres flics l'attendent à l'extérieur. Au milieu du salon, les épaules et la tête baissées, à la lumière bleue des gyrophares qui filtre à travers les persiennes, Thierry, jette l'éponge. Jeff, le “Belge” sont, il en est sûr, derrière les verrous, où une place d'honneur l'attend : trafic de drogue, présomption d'assassinat, proxénétisme..


A la porte, la brigade d'intervention se manifeste de plus en plus bruyamment, prête à fracasser la porte dans les prochaines secondes, juste le temps pour lui d'accomplir un dernier geste. Il se précipite dans sa chambre du rez de chaussée de son duplex luxueux et referme rapidement la porte derrière lui dans l'espoir que ce geste dérisoire ralentira la progression de la police et lui laissera le temps d'accomplir sa tâche. Il ouvre le tiroir supérieur de sa commode en noyer et fait rapidement sauter le double fond d'où il déniche son walther 22 LR chargé. A cet instant précis, il entend le porte d'entrée céder dans un sinistre craquement. Les forces de polices viennent de pénétrer dans son appartement et se mettent en quête de le chercher pour procéder à son arrestation. Méthodiquement, en quelques secondes, qui lui paraissent une éternité, Thierry défait le cran de sécurité et arme son pistolet. Déjà, les flics arrivent à la porte de sa chambre, qu'ils tentent d'ouvrir. Un dernier instant, il regarde la poignée de la porte tourner, juste l'instant qu'il faut pour lui pour porter dans sa bouche le canon de son arme. Le film de sa vie peu reluisante défile dans sa tête avant qu'il appuie sur la détente. Au moment de la détonation, la porte s'ouvre laissant entrer les policiers qui voient alors, le haut de sa boite crânienne exploser.


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Dim 3 Mar - 22:41

Virginie et Louise arrivent au bureau où elles rejoignent Jeanne et Françoise submergées par les appels.
“ Ces fichus journalistes ont des antennes! On est harcelées en permanence!
- Je prends la relève, c'est bon. Rétorque Virginie. Il est temps que je reprenne mes fonctions!
- Ce sont de vrais charognards et il va falloir s'habituer à être harcelées encore un bon bout de temps. Ce n'est pas une affaire anodine qui nous tombe sur le dos.
- D'autant plus qu'ils vont inmanquablement parler du passé.
- On s'en fout Jeanne! Tout le monde sait de quoi il en retourne, mais Jeff n'a pas que des amis et pour une fois, je suis ravie que les journalistes remuent la merde. Ils ne l'enfonceront que d'avantage. Et puis.. ça fera de la pub pour le cabinet.
- Louise! Non, mais j'y crois pas!
- Rooooo, c'était matière à détendre l'atmosphère. Cool ma chérie. De la pub, on en a assez, du boulot on en a à revendre.
- Voulue ou pas, on va parler de nous dans tout le pays. Et la clientèle va affluer.
- C'est pour ça qu'il va falloir vite te mettre dans le bain mon ange! On va manquer de bras.
- Mais je suis toute à toi ma chérie!
- Bon, alors, que s'est-il passé chez les flics ? Questionne Françoise?
- Comme prévu, on a été remettre le dossier à Gavoilhe et devine sur qui on est tombées.
- Oh, vu ta tête, je parie que c'est Jean-François.
- Oui, et il avait une sale mine le bonhomme..
- Le retour de manivelle. Ca lui fait pas de mal.
- Si tu avais vu sa tête Jeanne, je ne l'ai pas reconnu et je t'avoue qu'il m'a fichu la trouille. S'il avait eu des bazooka à la place des yeux, je serais morte sur place.
- C'est le cas. C'est pourquoi il va falloir rester sur nos gardes. Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit chérie.
- Je suis sous la protection de la police, donc, tout va bien, ne t'en fais pas mon coeur.
- J'ai le droit d'être inquiète, non?
- Oui chérie. Je suis conscience à présent de ce qui pend au dessus de ma tête et je te promets que je serai très prudente. J'ai envie de passer le restant de ma vie à te rendre heureuse.” Puis réalisant que Jeanne et Françoise assistent à la conversation : “ Vous allez pouvoir y aller les filles, ça va être l'heure de votre entrée en scène chez les flics!
- Exact, tu as raison Louise. Et il est hors de question qu'on rate ça.
- Ca me ferait mal ! Dites ce que vous avez sur le coeur, je vous donne quartier libre.
- Inutile de préciser, tu peux compter sur nous! Repond Françoise en lui lançant un clin d'oeil.
- On prend le relais.. Allez-y !”


A ces mots, Françoise et Jeanne s'arment de leurs effets personnels, lourds manteaux et sac à main avant de saluer Louise et Virginie de la main et de prendre la direction de la sortie.


“ Pfiouuu, la journée est à peine commencée et je suis déjà sur les rotules!
- Il faut dire qu'il y a de quoi! Et ça ne fait que commencer. Crois moi, on est pas encore sorties de l'auberge.
- Le problème Jean-François est réglé. Ton divorce sera prononcé en ta faveur. Tu récupères ton cabinet et en plus, il te fera plus chier.
- Il me tarde que tout ça soit terminé . Ce qui me gêne c'est que je serai quand même mêlée à cette ordure pendant que durera toute cette histoire.
- Certes, mais tu seras tirée vers le haut.. ce qui est loin d'être le cas pour lui.
- Je sais.
- Comme tu sais que tu n'es plus seule. Et que je serai désormais à tes côtés pour te soutenir et t'épauler.
- Je ne sais pas comment j'aurais vécu tout ça en fait, si tu n'étais pas là.. Je veux dire, comme on se connait maintenant..
- Je t'aurais quand même apporté tout mon soutien, tu le sais ça.
- Mais notre amour me donne des ailes. Je me sens plus forte avec toi. Et qui plus est, tu m'as ouvert les yeux sur une évidence que je ne voulais pas voir. Dieu seul sait ce qui serait advenu de moi.
- N'y pense plus chérie. Seul l'avenir compte à présent, ok?... Je crève de froid, pas toi? Je me damnerais pour un café, tu en veux un?
- Volontiers chérie.
- Ah au fait, il y a quelque chose que je ne t'ai pas dit depuis longtemps.” Louise, se retourne, le regard interrogateur.
- Quoi?
- Je t'aime.
- Je t'aime aussi mon coeur. Répond-elle avec un doux sourire et le regard pétillant. Attention, la tasse va déborder..
- Oups..”


A cet instant, après quelques trop courtes minutes de silence, la sonnerie du téléphone retentit, faisant sursauter les deux femmes.


“ Et c'est reparti pour un tour.. je n'ai même pas eu le temps de t'embrasser ! - Alors, dépêche toi de répondre ! Répond Louise dans un sourire malicieux. Je me disais qu'il manquait quelque chose avec mon café..”


Virginie se dit qu'après tout, le téléphone peut sonner une fois de plus. Elle ne résiste pas au besoin vital de goûter aux lèvres de sa compagne et vient couvrir la bouche de Louise de la sienne.. Le baiser s'éternise, les lèvres refusent de se séparer..
“ Tes lèvres ont si bon goût mon amour..
- je suis dingue des tiennes..
- Alors, ça tombe bien.. j'en reprendrais bien un peu.
- Je t'en prie, c'est servi tout chaud et la source est intarissable..
- C'est bon à savoir, j'ai un appetit féroce..”


Le téléphone s'est tu, elles ne l'ont plus jamais entendu sonner. Leurs lèvres sont soudées et rien ne viendra les séparer. Oubliés les flics, oubliés les malfrats, elles sont seules et laissent leurs corps et leurs sentiments s'exprimer.
Louise plaque Virginie contre le petit meuble en tek sur lequel trône la Senseo et pose son corps contre le sien comme la rosée délicate d'un matin d'été. Elle veut sentir contre elle chaque forme de sa compagne, en ressentir chaque frémissement.
“ Je t'aime mon amour. Oh mon dieu, ce que je peux t'aimer.”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Lun 4 Mar - 22:16

Louise enserre tendrement Virginie avant de poser ses mains sur ses joues rosies par l'émotion et de lui délivrer un baiser somptueux. Baiser auquel la blonde secrétaire répond sans appel, franchissant la barrière de ses dents et laissant sa langue livrer bataille à la sienne. Déjà, leur respiration se fait plus forte, les coeurs battent plus vite, dans le même désir de s'aimer. Leurs bouches se dévorent, leurs mains s'éclipsent sur leurs corps enfiévrés. L'envie devient plus forte que la passion et la passion n'a pas dit son dernier mot.


De bouche en joue et d'yeux en oreille, les lèvres de Louise n'ont de cesse que d'embrasser l'être qu'elle aime chaque seconde d'avantage, dans un puissant désir de rattraper le temps perdu. Ses mains investissent le corps en ébullition de Virginie qui s'abandonne à ses caresses. Louise, un à un, défait les minuscules boutons du chemisier en soie de la jeune secrétaire, tout en se frayant un passage entre ses jambes après avoir relevé délicatement se jupe. Virginie resserre le cercle de ses bras autour du cou de Louise et se laisse porter par l'étreinte langoureuse de l'avocate, qui place ses mains sous ses fesses et l'invite à s'asseoir sur le meuble.



Louise redouble de vigueur dans son entreprise et, tout en dévorant les lèvres de la jolie blonde, elle retire son veston et son chemisier avant de freiner ses mains et de les poser délicatement sur la poitrine tendue de Virginie. Elle enveloppe les deux globes et les masse, doucement d'abord, puis un peu plus fermement ensuite. Au travers du tissu noir en dentelles, elle sent se tendre et durcir les pointes qu'elle titille du bout des pouces entraînant en Virginie un frisson de plaisir. La tête de Louise descend le long de son cou à grand renfort de baisers tout aussi brûlants que ses mains qui affolent ses sens. Le ventre en feu, la blonde Virginie ondule, impatiente de caresses plus torrides.


La secrétaire ceinture de ses jambes l'avocate, l'invitant à se coller encore plus à elle, alors que la bouche de la brune savoure ses tétons au travers du tissu. La laissant se placer entre ses cuisses pour agrandir son champ d'action, Virginie libère son imposante chevelure de son catogan avant de s'en saisir et d'inviter Louise à un baiser sulfureux. Leurs bouches s'unissent, leurs langues se cherchent et se trouvent, se perdent dans des bruits mouillés pour mieux se retrouver encore et encore. Virginie s'ouvre d'avantage à Louise dont les mains parcourent fébrilement le corps, traînant sur sa peau satinée, la rendant plus impatiente encore de sensations nouvelles, avant d'arriver sur ses cuisses qu'elle caresse à leur tour.


Louise remonte au plus haut la jupe de sa secrétaire, décidée enfin à répondre à ses attentes après avoir honoré de sa bouche son ventre et son bas-ventre. De ses baisers chauds, elle couvre l'intérieur des cuisses de Virginie, se reprochant insensiblement du tissu noir entièrement détrempé qu'elle finit par embrasser à son tour et masser de ses lèvres, se délectant son musc délicieusement parfumé à l'amour.


Louise s'agenouille, se donnant ainsi meilleur accès à l'antre du plaisir de sa jeune maîtresse dont elle savoure à pleine bouche le fruit. Elle interrompt un instant ses mouvements, observant sa jeune compagne dont les yeux clos et la bouche pincée traduisent le plaisir, avant de remonter jusqu'à son visage merveilleux et de lui donner un nouveau baiser.
“ Je t'aime chérie.
- Je t'aime aussi mon amour. Repond Virginie dans un souffle rauque. Tu, tu es.. divine.. Je t'en prie, ne t'arrête pas chérie.
- Petite gourmande va..
- Je crois que l'élève va vite dépasser le maître..
- Soulève toi deux secondes mon ange, que ton élève se délecte de son maître.


Joignant le geste à la parole, Louise s'empare du petit tissu noir qui cache la perle convoitée. Les bras de Virginie l'enserrent un peu plus fort en quête de faire durer leur baiser et de se régaler du goût sucré de ses lèvres.



L'avocate laisse sa main lui désobéir et se disperser une fois encore sur le corps de la belle blonde avant de venir cueillir le fruit mûr de Virginie et d'en inonder ses doigts de son suc. Jouant à l'aveugle quelques instants avec les chairs molles, la main de Louise devient peu à peu plus précise et plus gourmande. De ses doigts, elle fait savamment rouler son bouton de rose encore enveloppé de ses pétales avant de débusquer un coquin fier et arrogant dont seules ses caresses pourront apaiser le feu.


Louise et Virginie se laissent envahir de sérénité et savourent leurs derniers instants de plaisir lorsqu'elles entendent la sonnerie de la porte du cabinet retentir. Les cheveux en bataille et les effets démis, elles se regardent une fraction de seconde, scrutant dans les yeux de l'autre la même réponse : Qui cela peut-il être?


Se rajustant à la hâte, les deux femmes ne peuvent s'empêcher de pouffer de rire. La sonnette de l'entrée retentit une nouvelle fois en insistant plus longuement.
“ Oui! Un instant s'il vous plaît! J'arrive”
Louise arrange tant bien que mal ses merveilleux cheveux avant de ranger une mèche rebelle dans la chevelure claire de celle de sa compagne. Elle ajuste son bustier, Virginie son chemisier et sa jupe, avant d'aller ouvrir, les joues empourprées comme une gamine que l'on vient de prendre en flagrant délit de bêtise.


“ C'est bon chérie? Tu es prête? Chuchote Louise - je pense que oui.. et toi?
- Oui, c'est bon..
- Alors, on va ouvrir avant que ça sonne encore une fois ou que notre visiteur ne s'en aille.
- Bizarre quand même, ce n'est pas un jour de rendez-vous.
- Etrange oui. Mais le meilleur moyen d'éclaircir ce mystère est d'aller ouvrir!
- Oui!
- J'y vais”


Faisant un rapide contrôle de son apparence, Virginie se dirige à petits pas vers la porte d'entrée avant de l'ouvrir sur le mystérieux visiteur.


“ Maître Berthomieux ? Bonjour. Dit le nouvel arrivant d'un air grave.
- Non non, je suis sa secrétaire.
- Oh oui, suis-je bête.
- Vous êtes déjà venu ici il me semble Monsieur. Votre visage ne m'est pas inconnu.
- Exact. Il y a à peine un peu plus de quatre ans. Je suis Romuald de la Gouve. Mais j'avais fait appel aux services de Maître Lemoux à l'époque.
- Ah, mais Monsieur Lemoux n'est pas là, enfin il n'officie plus ici.
- Je sais et c'est pourquoi je suis ici. Maître Berthomieux est-elle présente?
- Je suis ici Monsieur.. Bonjour. Que puis-je pour vous? Questionne Louise qui n'a pas perdu une miette de leur conversation.
- Maître.. je suis confus de me présenter ainsi à l'improviste et sans rendez-vous, mais j'ai téléphoné à plusieurs reprises depuis hier et ça sonnait continuellement occupé. J'ai perdu patience et j'ai décidé de venir quand même car ça ne pouvait pas attendre.”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Mar 5 Mar - 21:43

Le sourire de Louise s'assombrit, celui de Virginie aussi. Le faciès grave de l'homme en face d'elles leur indique que l'affaire est grave, et le fait qu'il ait évoqué le nom de Lemoux n'annonce rien de bon.


“ Lemoux? Vous êtes un de ses amis? Si c'est lui que vous venez voir, vous faites fausse route, il est en prison !
- Je sais, je l'ai appris par les médias, comme tout le monde.
- Alors, que venez-vous faire ici?
- Je comprends votre inquiétude que je lis dans votre regard, mais rassurez-vous, Maître, c'est pour vous rencontrer vous.
- Je ne comprends pas.
- Votre mari..
- Plus pour très longtemps. Expliquez-vous Monsieur je vous prie !
- Je suis confus d'arriver ainsi comme un cheveu sur la soupe. Je ne suis pas sans ignorer que vous croulez sous le travail, mais je pense que mon intrusion vous intéressera au plus haut point.”


Romuald de la Gouve est un septuagénaire dont le langage et la prestance trahissent une origine aristocratique certaine, le nom aussi. Pourtant, son apparence indique un homme usé, à bout de souffle, malmené par la vie.


“ Je vous en prie, installez-vous confortablement.
- Merci Maître. Répond affablement l'homme, quand, soudain, son regard se porte quelque part sur le meuble témoin de leurs joutes amoureuses quelques instants plut tôt
- Quelque chose vous intrigue Monsieur ? Questionne Louise.
- Votre cafetière semble souffrir d'un léger problème..
- Que... ?”


Les deux femmes s'interrogent du regard, puis, leurs yeux se portent sur l'objet en question. Un désordre indescriptible attirent leur attention. La Senseo se retrouve en équilibre précaire sur le bord du meuble, le sucrier est renversé et les touilleurs ont subi le même sort.


“ Oh, j'ai trébuché juste devant et les dossiers ont chuté au sol. Un, particulièrement épais a rebondi sur le meuble, d'où le désordre. Nous étions en train de remettre un peu d'ordre lorsque vous êtes arrivé. Je suis désolée, nous n'avons pas eu le temps de tout ranger. - Ah, je comprends mieux...”


Les deux femmes se scrutent du coin de l'oeil, partagées entre le fou rire et l'embarras, mais se ressaisissent rapidement lorsque Romuald de la Gouve reprend son discours.


“ Il y a un peu plus de quatre années que je suis venu, ici même, pour solliciter l'aide de Maître Lemoux. Il me fallait récupérer des biens que s'étaient frauduleusement octroyés des membres de mon conseil d'administration. Les preuves étaient là, et une fortune considérable était en jeu : la mienne. Maître Lemoux a accepté sans hésitation de défendre mes intérêts. J'ai placé en lui toute ma confiance. Bien mal m'en a pris. J'ai perdu le procès, j'ai été ruiné et Lemoux a abusé de ma confiance en détournant, je ne sais par quel procédés, des sommes considérables pour ses propres intérêts.
- Quoi?
- Mais pourquoi avoir attendu aujourd'hui pour nous parler de cela Monsieur de la Gouve.
- J'y viens. Enfermé dans ma bulle et affaibli par la maladie qui en a suivi, j'ai ruminé cet échec cuisant qui n'aurait jamais du en être un. Le dossier était inattaquable, il m'était impossible de perdre. Cherchant à connaître la cause de cet échec, j'ai demandé à des proches de m'aider à y voir plus clair. Le résultat ne s'est pas fait attendre : Lemoux m'avait doublé sur toute la ligne. Et.. et j'ai décidé de me venger, en lui faisant peur, surtout, quand j'ai appris que je n'avais pas été sa seule victime. Avec du recul, je me rends bien compte que mes agissements étaient bien dérisoires, pour ne pas dire puérils.
- De quels agissements parlez-vous ? Interroge Louise, intriguée.
- Voilà le but réel de ma visite. Pour lui faire peur, je n'ai rien trouvé de mieux que de lui faire parvenir des lettres anonymes. Seulement, j'ignorais qu'il ne travaillait plus ici. Donc, je suppose que vous avez du prendre pour vous ces menaces qui n'étaient destinées qu'à lui.
- Quoi? C'est vous? C'est vous ces lettres anonymes?
- Oui, et je n'en suis pas fier, croyez-moi. Je suis venu tout simplement m'excuser avant d'aller me livrer à la police.”


Ses révélations laissent Louise et Virginie sans voix et donnent un tout autre sens à l'affaire. L'avocate voit en cet homme une grande détresse mais également force et détermination. Il ne lui faut que quelques secondes pour rebondir, son humanité reprenant le dessus.


“ Non, inutile. Je comprends tout à fait Monsieur de la Gouve. Je vais retirer ma plainte concernant et l'affaire des lettres anonymes sera close.
- Mais enfin, ce que j'ai fait n'est pas très reluisant!
- Peut-être, mais peut-être pas, car en expédiant ces lettres, vous aurez peut-être permis d'éviter un événement funeste.
- Je suis perdu.
- En bref, la police a suspecté Lemoux d'être l'auteur de ces missives et a décidé de me mettre sous protection.
- Entendu, je saisis mieux.
- J'appelle Gavoilhe pour lui faire par de mes intentions et l'informer de faits nouveaux. Une affaire de vol et détournement de plus dans un dossier déjà bien chargé ne peut pas lui déplaire et à moi non plus d'ailleurs. Monsieur, je ne reste pas insensible et, quelque part, je me sens responsable de ce qui vous est arrivé. Je vais proceder à un pourvoi en révision de votre dossier. Le juge devrait me donner de bons retours et le procureur réouvrir le dossier, étant donné les circonstances que vous venez de me décrire.
- Je n'ai, hélas, plus les moyens de m'offrir vos services Maître.
- Ceci est le cadet de mes soucis Monsieur. Je ferai toutes ces démarches à titre gracieux et savoir que vous avez récupéré vos bien et votre dignité sera ma plus belle récompense.
- Je ne sais comment vous remercier Maître, bafoue le brave homme, les larmes aux yeux.
- Accompagnez moi de ce pas dans les locaux de la police. Je retire ma plainte et on déballe tout aux policiers.
- J'avais emmené, avec moi, le dossier de l'affaire, c'était juste pour prouver ma bonne foi.
- Emportez le, il sera d'une grande utilité. Mais désirez-vous boire quelque chose de chaud en attendant que j'y jette un coup d'oeil?
- Volontiers. Vous verrez, j'ai accumulé durant ces années, les résultats de mes recherches..
- Qui vont nous être d'une aide plus que précieuse dans nos démarches... Café? Thé?
- Heu.. café noir, sans sucre … merci.
- Vous avez raison. Le sucre dénature tout l'arôme subtil du café.. Par contre, un petit chocolat, ça vous tente?
- Je ne voudrais pas abuser.
- C'est plutôt ce cabinet qui a abusé de vous Monsieur de la Gouve. Goûtez le, il est exquis..”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Mer 6 Mar - 21:33

“ Hey, Lemoux, je te l'ai dit, t'as pas le cul sorti des ronces.. J'ai encore des petits trucs à rajouter à ton dossier.
- Cette salope doit jubiler à me charger.
- Si tu parles de ta charmante et adorable épouse, tu fais fausse route.. On vient à l'instant de m'informer d'une de tes prouesses. C'est pas du joli joli tout ça. Ton passé te rattrape!
- Plus rien à battre de toute façon, vous pourrez pas me charger plus que je ne le suis déjà..
- Pourquoi? Tu vois autre chose que le détournement de fond, vol, abus de confiance et le trafic de stupéfiants?
- …
- Ah, tu veux peut etre que je t'aide un peu? Les lettres anonymes, on sait qui les a envoyées finalement.. mais ça n'est pas pour autant qu'on arrêtera la protection de ta femme.
- Vous avez aucune preuve!
- T'inquiète, on te collera au cul comme les mouches sur la merde et on surveille de près ta petite femme. Ironie du sort, c'est le coup des lettres anonymes qui t'enfonce un peu plus. T' as de grandes chances d'avoir un autre procès au cul mon grand.. Tu devrais être satisfait! A toi tout seul, tu monopolises la moitié du système judiciaire français et international.
- Avouez que je vous ai bien baisé la gueule à tous !
- Que tu crois! Tu nous as amenés droit au “Belge”. Ca fait des mois qu'on te suit à la trace avec la taupe. Il nous suffisait d'attendre votre rendez-vous amoureux pour vous mettre le grapin dessus.
- Je ne donne pas cher de la peau de Corinne.
- Mais, dis moi, ce sont des menaces directes que tu me balances là! Je te rassure, tu croupiras encore en taule qu'elle continuera de coincer des fumiers de ton genre. Elle ne risque rien et ton pote ne pourra rien faire non plus. Et tu sais quoi? Si j'étais toi, je ferais moins le fier. Tu vas retrouver du beau monde en prison et je doute que ce soit des amis.
- J'ai encore des amis.
- Tu parles de Thierry? Il ne te sera plus d'aucune utilité désormais. Il s'est fait sauter le caisson ce matin quand on est allés le cueillir. Désolé, il va falloir trouver quelqu'un d'autre.”


A cette nouvelle, déjà quelque peu amochée, la superbe de Jean-François se met en berne. Au grand plaisir du “Cancer” qui lit la défaite sur son visage. Et peut être un début de crainte quant aux évenements futurs dans l'enceinte de la prison.


“ Ah, au fait, tu seras bientôt transferé dans tes nouveaux quartiers. Ca sera légèrement plus petit que ton petit nid douillet, mais tu seras logé et nourri aux frais de la princesse. Un petit conseil cependant. Quand tu prendras ta douche le soir, ne fais pas tomber ta savonnette.... Allez, foutez moi ça au trou.”


Les gardiens de la paix s'approchent de Jean-François, avachi sur sa chaise. L'homme ne bouge pas et ne réagit pas alors que les deux agents arrivent à son niveau, la tête enfouie dans ses mains aussi larges que des battoirs. Un des deux hommes approche alors sa main de son épaule dans l'espoir d'une réaction. Il n'a pas terminé son geste que, Lemoux dans un élan de desespoir, se lève d'un bond et bouscule l'agent avant de se diriger vers la porte de la sortie. Il n'a pas fait trois mètres que les deux hommes fondent sur lui, tels des aigles sur leur proie, sous l'oeil amusé du “Cancer”.
“ Et où tu crois aller comme ça? Lui demande-t-il
- Je veux sortir d'ici!
- Trop tard mon gars, fallait pas faire le con. L'addition a fini par arriver, et crois moi, elle est salée. Tu n'as eu aucun scrupule à escroquer de pauvres , à toi d'assumer les conséquences de tes actes maintenant.
- Va te faire foutre sale flic.
- Tu risquerais d'y prendre vite goût.
- Je déteste les pédés, les gouines, je leur chie dessus.
- Va falloir t'y faire en taule. Tu pourrais changer d'avis, qui sait? Allez, sortez moi cette merde d'ici, ça commence à fouetter ici. Allez hop, au gnouf.”


Sébastien Gavoilhe voit l'homme sortir, encadré des gardiens, satisfait d'avoir reussi à etouffer son égo démesuré. Demain, il dormira en prison avec son copain le Belge. La justice est en marche et rien, ni personne ne viendra sauver ces deux là.


Samedi :


Le téléphone sur la table de chevet se met à vibrer.


“ Mais qu'est-ce que?”


Louise attrape l'appareil et découvre un texto envoyé par Nathan


“” Ho, les namoureuses, il serait temps de vous reveiller !”

- C'est quoi? Qu'est-ce-qui se passe ? Demande Virginie qui émerge difficilement.
- Nathan qui nous engueule parce-qu'on est pas encore debout.
- Quelle heure il est?
- 08h00.
- Mais putain, c'est samedi!”


Le téléphone sonne cette fois-ci, il s'agit encore de Nathan.


“ Mais enfin mon chéri? Qu'as-tu à me harceler comme ça? Tu pourrais nous laisser dormir un peu!
- Désolée Maman, mais il faut que tu viennes. Je viens de lire quelque chose dans le journal qui devrait t'intéresser.
- Quoi, ton père est mort?
- Non, viens. Xavier vous a préparé le petit-déjeuner.
- Mon chéri, c'est gentil tout plein de penser à tout ça, mais j'aurais aimé prendre moi-même ma décision de quand je dois me lever et de quand, je veux prendre mon petit déjeuner.
- Navré Maman.”


Au ton grave de son rejeton, Louise comprend son embarras et devine que quelque chose de sérieux s'est encore produit. “ On arrive mon chéri”


“ Qu'est-ce-qui se passe? Questionne Virginie. - Aucune idée, mais ça a l'air grave. Nathan ne m'en a pas dit plus au téléphone.
- Bein on a plus qu'à y aller. Dommage, on était si bien au chaud !
- Attend, j'ai quelque chose à faire avant” A ces mots, Louise repose son Samsung avant de se rapprocher de sa compagne et d'embrasser tendrement sur les lèvres.


“ Voilà la meilleure potion pour bien démarrer la journée..
- Et donner du courage pour l'affronter... Je me demande ce qui nous attend en bas mon ange.
- Le meilleur moyen est de descendre et de nous rendre compte par nous même.
- En effet, même si je rechigne à le faire. Je commence déjà à regretter ma grasse mat.
- Allez viens, on y va.
- Je te suis chérie.”


Les deux femmes se lèvent péniblement de leur lit, témoin de leurs ébats torrides la nuit précédente et se couvrent avant de descendre à la cuisine où Xavier leur a préparé, comme à son habitude, un copieux petit déjeuner. Elles descendent d'un pas agile l'immense escalier, main dans la main.


“ Bonjour tout le monde!
- Bonjour Madame, lui répond Xavier, son éternel sourire aux lèvres.
- Bonjour M'man.
- Noemie est encore au lit?
- Oui, elle était pas bien hier au soir. Elle est venue ici quelques instants mais elle est remontée aussi sec, elle tenait pas debout.
- Aïe, j'espère que je lui ai pas refilé la grippe.. C'est pour ça que tu m'as appelée chéri? Tu aurais pu appeler Ingrid tout seul..
- C'est fait maman.
- Alors quoi?
- Tiens, regarde.”


Nathan attrape les journaux empilés sur la table autour de laquelle viennent le rejoindre les deux femmes, et les tend à sa mère.




Louise parcours rapidement la une de chaque quotidien sans surprise aucune.


“ Lemoux et le Belge dormiront en prison ce soir”, “Le gros bonnet de la drogue et l'avocat pourri sous les verrous” “ L'affaire Lemoux fait encore des vagues” “ Du nouveau dans l'affaire Lemoux”


“Oui, et bien, y'a rien d'étonnant à cela chéri. L'affaire n'a pas fini de faire du bruit et y'a de grandes chances pour que ça reste en première page pendant un bon moment.
- Prend le dernier journal par exemple et lis un peu...
- Quoi, y'a du nouveau?
- Oui, et pas qu'un peu!
- Tu m'intrigues, c'est quoi cette mine réjouie?
- Mais lis maman..
- Ok, ok.. Xavier, vous pouvez me dire où sont mes lunettes?


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Ven 8 Mar - 23:17

Avant que Louise n'ait terminé de poser sa question, Xavier tend à sa patronne l'étui Chanel posé à ses côtés. Elle ouvre le boîtier noir au célèbre logo sur fond noir et or avant de chausser les lunettes sur son charmant petit nez. Virginie la détaille dans ses moindres gestes, la trouvant sublime dans chacun de ses mouvements. Louise déplie le journal et se met à parcourir l'article recommandé par son fils.


“ Du nouveau dans l'affaire Lemoux : Rebondissement spectaculaire avec le suicide de Thierry Javerzic.


“ Quoi?”


“”Alors que les équipes d'intervention spéciale se rendaient au domicile de Thierry Javerzic afin de procéder à son arrestation, l'ami et confident de l'avocat vereux à préféré se donner la mort plus tôt que d'affronter la justice.... bla bla.. entendu une détonation … blabla.. ont retrouvé l'homme étendu au sol, sans vie... bla bla..
Depuis quelques jours, le pays est tenu en haleine par l'affaire du célèbre avocat pris en flagrant délit de trafic de stupéfiants en compagnie de Walter Eekhoud, dit “ Le Belge”. Bla bla bla...Les deux hommes étaient sous l'étroite surveillance de la Brigade des Stupéfiants depuis des mois. Arrêtés et placés en garde à vue dans les services du “Cancer” où ils ont suivis un interrogatoire serré, les deux hommes seront transférés à la prison de la Santé dans la journée.””


“ Ca a du en foutre un coup à Jean-François!
- Tant mieux attend, c'est pas fini”



… les lettres anonymes qui, on le pensait, étaient le fruit de menaces de mort à l'encontre de sa future ex-épouse Maître Louise Berthomieux, avocat de renom au barreau de Paris et dont les talents et le charisme ne sont plus à prouver. Ces missives étaient en fait un acte désespéré dirigé à l'encontre de Lemoux suite à une affaire dans laquelle l'ex avocat n'a pas hésité à flouer son client pour servir des propres intérêts peu reluisants. … bla bla... Mme Berthomieux a sollicité le juge et le procureur pour passer ce dossier en révision... bla bla.. Javerzic avait-il peur d'être dénoncé ou d'avoir été dénoncé par ses comparses? Cultivait-il des secrets à l'intérieur de secrets? Les hommes du Commissaire Gavoilhe sont à pied d'oeuvre afin d'élucider au plus vite cette affaire, dont les investigations apporteront, à coup sûr, de nouveaux éléments à charge à l'encontre de Lemoux.””


“Eh bien, en voilà une nouvelle! Je me demandais pourquoi on avait pas encore vu Thierry dans les locaux de la police!
- En tout cas, lui, il est hors jeu, les autres devront se démerder sans lui.
- Pourris comme ils sont, ils ne vont pas hésiter à le charger afin de diminuer leur culpabilité. S'écrie Nathan.
- Ca servira à rien de toute façon. Rétorque Louise.
- Mais on pourrait bien apprendre d'autres trucs bien croustillants.
- Ca ne fait pas le moindre doute. Si Thierry n'avait rien à se reprocher, il se serait pas fait griller la cervelle.
- C'est clair!... Bon, parlons peu, parlons bien. Reprend Louise. On est samedi, le week-end commence à peine. Est-ce que vous avez prévu quelque chose aujourd'hui?
- Heu, je vais à l'entrainement de karaté comme d'hab et Noémie va chez Christelle. Si j'ai bien compris, elles ont décidé de faire leur DM de physique en équipe.
- Encore? Je trouve qu'il y a beaucoup de DM en ce moment ! Sourit Louise.
- C'est ce qu'elle m'a dit en tout cas M'man
- Mouais. Son DM de physique est fait. J'ai rangé la copie qui était tombée de son sac hier. Ca sent le boy friend à plein nez .. Il va falloir qu'on parle, elle et moi.
- Chérie .. intervient Virginie. Elle a 17 ans..
- Je sais mon ange. Mais elle devrait en parler un peu non? Une maman n'est elle pas sensée être la confidente de sa fille?
- Laisse la y aller et puis tu peux l'emmener à parler du sujet ce soir..
- Mais oui, certainement.. Je lui fais entièrement confiance. Je sais qu'elle fera pas de bétise. Mais bon sang.. ça fait prendre un coup de vieux tout d'un coup. Le temps passe trop vite.. et nous avec.
- Mais chérie, tu fais une petite vieille ravissante.. plaisante Virginie.
- Oh, toi! S'insurge faussement Louise en envoyant valdinguer le quotidien que Virginie accueille en plein visage.
- Tu l'as cherché Virginie ! Dit Nathan.


A ses mots, Louise rejoint en un bond sa ravissante compagne avant de la saisir par les hanches et lui livrer des tonnes de chatouilles à laquelle la jeune secrétaire est extrêmement sensible. Se tortillant dans tous les sens sous les assauts répétés de l'avocate, elle ne tarde pas à hisser pavillon blanc.


“ Bon, puisque les troupes désertent, et qu'on se retrouve seule comme deux pauvres malheureuses, je propose qu'on aille faire chauffer la carte bleue.
- Excellente idée chérie.. Ca nous changera les idées. On en a tous besoin je crois.
- Si Madame me permet... interrompt timidement Xavier.
- Le diable! Bon sang, j'ai encore oublié! S'écrie Louise, désolée. Mais je peux pas rapporter ce truc toute seule, c'est énorme! Et tout le reste du matériel aussi.. bon dieu.. Je suis navrée Xavier!
- Et la fourgonnette est au garage.
- Je ne suis pas certaine que ça rentrerait dans la 308 Xavier..
- Et si.. et si.. enfin, si vous n'y voyez pas d'inconvénient..
- Pas de souci, on vous emmene..
- Et sur place, je loue la fourgonnette..
- Ca marche. Tu y vois un inconvénient ma chérie? Questionne Louise.
- Mais, absolument aucun!
- C'est que le pauvre, me le réclame depuis longtemps, je devais déjà y aller hier..
- Bein on y va cet après midi, et l'affaire est résolue!
- Ca marche!
- Merci Madame.
- Et puis, il me semble que vous devez vous rendre au commissariat aussi..
- Oui. Mais pas avant 16h.
- Ok, bon, alors, on va au dépôt, vous prenez le matériel, vous le ramenez au manoir, on vous suit. Puis on repart au commissariat, je vous laisse. Virginie et moi on va faire un tour et on vient vous reprendre dès que vous nous prévenez que c'est ok. C'est bon?
- Cela me convient Madame.
- Et toi chérie?
- Je vous suis sans problème!”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Dim 10 Mar - 20:47

L'après-midi arrive enfin. Les trois comparses bien emmitouflés dans leurs effets quittent le manoir. Le ciel bleu et pur de l'hiver est aussi percant que le froid environnant. Bien au chaud dans la voiture, les conversations vont bon train, la pression laissant place à la bonne humeur et à la plaisanterie. Louise conduit, Virginie à ses côtés. Xavier, malgré son imposante stature a refusé de prendre place à l'avant où il aurait été assis plus confortablement. Serré comme une sardine, il n'en perd pas moins son sens de l'humour et se régale de la compagnie des deux femmes.
“ Haaaa, je sens que ça va faire du bien cette petite escapade ! Lance Louise, d'un air jovial. - Oui, on en a tous besoin. Rien de tel qu'une balade en famille pour se remonter le moral.
- Dommage que les enfants n'aient pas suivi!
- Et tu les aurais mis où? Sur le toit ou dans le coffre?
- Nathan sur le toit, Noemie dans le coffre.. Je les vois d'ici se marrer tous les deux. Sont pas les derniers à faire des coups tordus ces deux là!
- Tu as des gosses adorables mon ange.
- Oui. C'est vrai. Ils le sont. C'est grâce à eux que j'ai tenu. Je leur dois une fière chandelle. Dit Louise.
- Moi aussi ! Ils ont une mère formidable!
- Merci chérie.
- Heu... s'interpose Xavier. Madame n'oublie pas le programme que nous nous étions fixés?
- Pas le moins du monde Xavier. Après consultation avec Virginie, nous avons décidé de vous emmener avec nous.
- Mais le...
- J'ai tout prévu. On nous livre dans la soirée. Vous, vous venez avec nous. Vous avez besoin de vous distraire.. Toujours enfermé au manoir à vous occuper de notre petite personne. Aujourd'hui, c'est nous qui allons nous occuper de vous!
- Je ne ..
- Et on ne discute pas!
- Si je puis me permettre Madame.. Quelle mouche vous a piquées?
- La mouche de l'amitié Xavier. La mouche de l'amour et du bonheur. Vous y avez droit vous aussi.
- Bien, alors où allons-nous? Je ne me retrouve plus du tout là.
- Vous allez adorer, on en est persuadées Virginie et moi.
- Attention de ne pas rouler trop vite chérie.. On va semer nos anges gardiens à ce rythme là..
- ah, oups, oui, tu as raison.
- Et puis ce serait con de se faire coincer pour un exces de vitesse et de gâcher notre après-midi, tu ne crois pas?
- Tu as entièrement raison mon ange.. alors, pédale douce. Dit-elle en riant et en pensant aux deux policiers chargés de leur protection..
- Sage décision.. et j'ai surtout envie d'arriver en un seul morceau à destination..
- Mmmm et quel morceau..”


A ces mots, et dans un élan de pudeur, Xavier tourne la tête, cherchant désespérement de ses yeux une attraction quelconque à l'extérieur de l'habitacle. Ne voyant rien de particulièrement interessant que les bâtiments gris qui longent le bitume, il se rabat sur des poussières imaginaires qu'il sort une à une de ses genoux. Au même instant, dans un regard complice, Louise et Virginie se dévisagent avant d'éclater de rire.


“ Désolée Xavier, c'est parti tout seul.
- Il n'y a rien de mal à voir quelqu'un qui respire le bonheur ! Répond Xavier. Et je suis heureux d'en être le témoin!”


La route défile sous les roues de la puissante petite voiture, toujours suivie par les anges protecteurs de Louise. Il ne reste plus que quelques minutes avant que tout ce petit monde n'arrive à destination.
A peine le véhicule arrêté, Louise et Virginie se retournent vers Xavier qui n'en croit pas ses yeux et retrouve instantanément un regard d'enfant.
“ Ho Louise, chère Louise, vous n'avez pas oubié!
- Oublier votre anniversaire Xavier? Jamais! Bon et joyeux anniversaire.
- Je ne suis jamais monté sur ces trucs là..
- Bein, vous croyez pas qu'il est temps de commencer?
- Vous aviez tout manigancé, avouez!
- Exact. Il fallait à tout prix vous faire bouger aujourd'hui pour vous emmener ici. Vous êtes un indecrottable. J'ai fait en sorte que ce diable n'arrive pas afin de vous faire bouger, et, il fallait que ce soit aujourd'hui !
- Mais, Madame, qu'allez-vous faire si ce n'est perdre un après midi à m'attendre!
- Ah mais il est hors de question que je le perde! Comment croyez-vous que je m'en sors si bien à zigzaguer entre les voitures !?”


Les trois passagers sortent du véhicule en prenant soin de bien s'emmitoufler. La bise hivernale vient mordre leurs visages, de lourds nuages noirs s'amoncellent à l'horizon. Les policiers suiveurs quittent à leur tour leur automobile , suivent à distance raisonnable le petit groupe qui pénètre dans le club. Voir un toit au dessus du site les rassure, un peu de chaleur sera la bienvenue.


Quelques minutes plus tard, Louise, Virginie et Xavier sont parés.
“ Je comprends mieux pourquoi ces Dames ont enfilé des jean's.
- En effet, c'est plus pratique que des jupes et des talons aiguilles pour conduire ces engins, vous ne trouvez pas?
- Si vous me le permettez, cela n'enlève en rien votre beauté Mesdames.
- Charmant Xavier. C'est gentil ça. Mais je doute que vous me fassiez autant de compliment quand vous verrez comment je me comporte sur le circuit..
- Mon coeur, interrompt Virginie.. Il est interdit de faire des queues de poisson.. et Xavier n'a pas l'habitude.. moi non plus d'ailleurs..
- Alors, suivez la pro …. et chacun pour soi! Pas de quartier!”


Virginie et Xavier écoutent avec attention les conseils de l'employé technique que couvre le bruit infernal des machines qui tournent sans discontinuer sur la piste. Louise attend patiemment que ses deux acolytes soient fin prêts avant que tous trois prennent place dans leur bolides. Un peu plus loin, en bordure de piste et aux aguets, Damien et Cédric, les deux policiers, se fondent au milieu des nombreux anonymes.


Dans leur kart, Louise, Virginie et Xavier se lancent un regard de défit taquin avant que l'avocate, à la surprise de ses deux concurrents, appuie la première sur la pédale de l'accelerateur, les laissant sur le carreau.


“Ho, c'est de la triche ! S'insurge Virginie dans un énorme éclat de rire. Xavier, on va pas se laisser faire! On fait alliance tous les deux, on sera pas de trop à nous deux pour en venir à bout.
- Entendu! On y va!”


Une trentaine de minutes plus tard, les fesses endolories et les oreilles meurtries, Virginie et Xavier abandonnent leur bolide sous le rire goguenard de Louise qu'ils n'ont jamais réussi à rattraper.


“ Ca va vous deux?
- Nous oui, les postérieurs et les oreilles moins.
- Xavier, vous êtes vous amusé?
- Oui, énormément. Même si je regrette fort de ne vous avoir jamais rattrapée.
- Vous allez en avoir l'occasion dans un petit moment. J'ai pensé qu'une petite pause vous ferait plaisir avant d'éprouver nos oreilles encore une fois.
- Volontiers ma chérie. Et prépare toi, on va te foutre la pige, Xavier et moi.
- Je ne demande qu'à voir!
- Où on va?
- Le bar, juste à côté. Ici, c'est intenable. Et on y sert un excellent chocolat..
- Mais tu connais plutôt bien le coin!
- Oui.. J'y venais avec Jean-François. A part les enfants, je crois que c'est la seule chose potable qu'il ait faite à me faire découvrir cet endroit. Il y a un bon moment que je n'étais plus venue ici. Mais bon sang, que ça fait du bien! Allez... en route!”


Le trio quitte l'endroit, affrontant le froid extérieur grandissant mais appreciant le calme soudain une fois la lourde porte du club refermée.


“ J'avais oublié que c'était si bruyant ! J'ai encore le bruit du moteur dans la tête!
- Et dépêchons nous d'entrer, on va congeler sur place!
- Voulez-vous mon manteau Virginie? Je n'ai pas trop froid!
- Non merci Xavier. Et froid ou pas, vous allez vous transformer en glaçon. Y'aura plus qu'à vous mettre un baton dans le derrière et vous allez ressembler à un esquimau”


La réplique de la secrétaire fait rire tout le monde tant et si bien que personne ne remarque la grosse c ylindrée qui s'approche au pas. A une cinquantaine de mètres, la puissante moto vrombrit et accélère. Le pilote, tout de cuir noir vétu, sort alors de son veston une arme de gros calibre munie d'un silencieux. Déterminé, il ne tient nullement compte des passants qui, affolés, s'écartent sur son passage en poussant des cris de désarroi. Damien et Cédric arrivent au pas de course, arme au poing, pointant l'individu à présent lancé à vive allure.
Comme dans un film qui passe au ralenti, Xavier, Virginie et Louise, sont paralysés devant le spectacle. La moto se rapproche, le pilote vise et presse la détente.


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Lun 11 Mar - 13:42

Louise, Virginie et Xavier qui s'étaient groupés, paralysés par la peur se retrouvent tous trois à terre. Cédric et Damien, avec un sang froid hors du commun analysent en une fraction de seconde, la situation des lieux. Deux secondes plus tard, avant que la puissante cylindrée ne prennent la direction de la sortie, trois détonations éclatent dans le silence. La moto se couche, rate le virage et va s'écraser contre l'enseigne publicitaire du club de karting dans un bruit assourdissant.
Les deux policiers se dirigent ensuite vers le trio, toujours à terre.


“ Ca va?”
Personne ne trouve la force de répondre à la question de Damien, toujours sous le coup de la peur et de la surprise.
“ Ca va? Personne n'a été touché? Questionne le policier - Je vais bien répond Virginie.. et toi mon coeur? Et vous Xavier?
- Je vais bien …. annonce Louise, encore sous le choc.. Mais non, non, je ne vais pas si bien que ça.. C'est quoi tout ce sang? Je suis touchée.. mais non, je ne ressens aucune douleur..” Puis, Louise réalise que seul, Xavier ne s'est pas manifesté. Jetant un regard inquiet sur le majordome, elle découvre une plaie béante au niveau de l'épaule gauche.
“ Mon dieu... Xavier... Xavier!!!
Vite Damien, appelle les secours. J'ai touché l'autre fumier en pleine tête. Je doute qu'il soit encore en vie, mais fais venir deux ambulances quand même.
- Vous l'avez eu ? Questionne Louise
- Oui Madame.
- Mais bon sang, où étiez-vous?
- Juste derrière vous. Il ne faut qu'une poignée de secondes à ces professionnels pour accomplir leur basse besogne.
- C'est moi qui était visée! J'ai trébuché et c'est mon Xavier qui a été touché à ma place! Je ne me le pardonnerai jamais.
- Madame, votre majordome respire. Il est vivant! En fait, si vous n'aviez pas perdu l'équilibre à ce moment là, vous preniez la balle en pleine tête.
- Vous avez appelé les secours ? Crie Virginie
- Oui Madame, ils sont en route.
- Mon dieu mon ange, c'est arrivé, c'est vraiment arrivé! Ce salaud avait bien mis ta tête à prix!
- Il faudra encore le prouver réplique Louise.
- Je pense que ça ne sera pas bien difficile répond le flic, qui, en même temps qu'il parle, contrôle les fonctions vitales de Xavier.
- Comment va-t-il ? Demande Louise
- Il vit, son pouls est régulier et sa fréquence respiratoire, bien qu'un peu ralentie, reste encore dans les normes. Par contre, il perd beaucoup de sang.
- Il saigne par la bouche ! S'affole Louise
- Un poumon a du être touché.. Je vous en prie, gardez votre calme, les secours vont arriver très vi...
- Xavier... Xavier.. Je vous en prie Xavier.. répondez moi!
- …. Ma.. Ma...Louise
- Oh, Xavier, tenez bon, je vous en prie, tenez bon!
- J'ai.. j'ai si.. mal.. Mad..ame.
- Chut.. ne parlez plus, gardez vos forces.. Restez avec nous. Je vous en prie Xavier..
- Tenez bon Xavier renchérit Virginie. Nous avons besoin de vous. Y'en a pas deux comme vous pour nous préparer un si bon risotto, tente de plaisanter la secrétaire.. Qui y réussit fort bien puisqu'un léger sourire s'affiche sur les lèvres sanglantes du majordome qui sent peu à peu ses forces l'abandonner.”


Quelques instants plus tard, qui paraissent une éternité, on entend au loin les sirènes hurlantes des forces de police et des secours.


“ Ils sont là Xavier! Ils arrivent! Encore quelques secondes, et tout ira bien! Xavier... Xavier? Xavieeeeeerrrrrrrr !!!!” hurle Louise.


Deux équipes médicales descendent des véhicules de secours arrivés en trombe. Les témoins et curieux s'amassent aux alentours, ne voulant perdre une miette du triste spectacle qui s'offre à leurs yeux, dans l'espoir de connaître le sort du pauvre majordome et l'évolution des opérations. Mais les renforts de police arrivés en même temps ne tardent pas à dresser un cordon de sécurité et à dissiper la foule devenue de plus en plus étouffante.


Louise, toujours à terre, les vêtement maculés du sang de son majordome laisse couler sur ses joues un flot abondant de larmes que Virginie, aussi défaite qu'elle, tente de résorber à renfort de mots apaisants et de gestes tendres.


“ Louise, Virginie, les filles, laissez moi faire mon travail!”


Le médecin urgentiste, qui n'est autre qu'Ingrid, se penche sur le pauvre Xavier avant d'effectuer un premier bilan.
Les deux femmes voient alors leur très professionnelle amie effectuer une batterie de gestes qu'elles parviennent à interpréter malgré leurs maigres connaissances en médecine. Contrôle du pouls carotidien et fonction respiratoire. S'ensuit la pose d'électrodes sur le thorax qu'un sapeur pompier a pris soin de dégager complètement sur ordre du médecin. Il n'y a plus une seconde à perdre. Les fonctions vitales de Xavier ont cessé de fonctionner et l'équipe s'emploie au moyen du défibrillateur.
“ Chargez.
- Ca charge” Ingrid pose les deux palettes, l'une sur la poitrine, l'autre légèrement sur le flanc gauche.
- Chargé..
- Reculez. Envoyez”


Une puissante décharge électrique passe alors dans le corps sans vie de Xavier, le faisant sursauter, puis retomber mollement sur le sol. Ingrid regarde le scope qui reste plat.


“ Epinephrine.”...


“ On recommence. Chargez...
- Ca charge...” Ingride pause à nouveau les palettes.
- Chargez..
- Reculez.. Envoyez”


Puis, à nouveau, le regard sur le scope. Rien.


“ Encore une fois. Chargez..
- Attendez, attendez.. ya quelque chose sur le scope ! Le coeur est reparti !”


A ces mots, le regard de Louise s'éclaire et ses yeux laissent échapper, cette fois ci, des larmes de joie. Son amie Ingrid, encore une fois, vient d'accomplir un miracle. Le médecin, elle-même est fortement émue, mais reprend vite ses esprits . Xavier, qui n'est pas encore sorti d'affaire, est mis sous oxygène et perfusion, enveloppé dans une couverture de survie avant d'être brancardé et déposé dans l'ambulance qui le conduit aux urgences, toutes sirènes hurlantes. Une patrouille de motards passant à proximité ouvre la route.


Louise, soutenue par Virginie, regarde s'éloigner l'ambulance, les yeux embués, les mains tremblantes couvrant le bas de son visage.
“ Viens ma chérie, dit Virginie. On a plus rien à faire ici. Xavier va avoir besoin de nous.
- Oui, qu'est-ce-qu'on attend? Suivons le”


Encore sous le choc et assommées par le chagrin, les deux femmes grimpent dans leur véhicule et se mettent en route, direction l'hôpital.


“ Oh Virginie, je m'en veux, si tu savais comme je m'en veux! Tout ça est de ma faute!
- Non chérie, tu ne peux pas dire ça. Tu n'y es pour rien, rien du tout, tu m'entends?
- C'est moi qui devrais être à sa place.
- Chérie, si la balle t'avait atteinte, tu ne serais plus là pour en parler.
- Et ces deux flics, qu'est-ce-qu'ils foutaient? Ils étaient sensés me protéger non?
- Et c'est ce qu'ils ont fait! Ils étaient derrière nous et tout est allé si vite!
- Ils sont habitués, ils ont vu la moto arriver!
- Non, elle est arrivée par derrière. Bébé, ça s'est passé en quelques secondes! Ils n'auraient pas pu mieux faire. Ils ont réagi très vite et dans des conditions plutôt défavorables! Imagine avec tout le monde qu'il y avait, ils ont attendu le bon moment pour agir sans blesser personne. Ils n'avaient que quelques secondes, et ils l'ont eu!
- Xavier, mon Dieu, faites qu'il s'en sorte.
- Il est fort chérie. Et c'est un amoureux de la vie. C'est un battant, il ne peut que s'en sortir.
- Puisse Dieu t'entendre.
- Et puis tu sais, il va falloir te montrer forte mon coeur. Tu es la seule famille qui lui reste et il a besoin de quelqu'un de fort pour l'aider à remonter la pente.
- Je serai forte mon coeur, je te le promets.
- Je serai à tes côtés mon amour. Je ne te laisserai pas seule face à cette épreuve. Je me sens tout aussi concernée que toi.
- C'est bien ainsi que je l'entendais ma chérie, dit Louise dans un sourire doux et triste à la fois.
- Nous sommes désormais unies, pour le meilleur, et pour le pire. Je serai toujours là pour te soutenir, t'aider et t'aimer.”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Mar 12 Mar - 10:29

Dans les bureaux de Gavoilhe, l'excitation est à son comble. Le Cancer a convoqué Damien et Cedric dès leur retour. Sur place, les flics interrogent les témoins de la scène dans l'espoir de recueillir le maximum d'informations sur ce qui s'est passé. Le motard assassin a laissé la vie dans son entreprise et ce n'est pas le Cancer qui va s'en plaindre. Il lui faudra cependant lancer une enquête judiciaire. Il sait maintenant que Lemoux est derrière tout ça, et que les mails interceptés par Corinne, sans en déterminer la signification, prennent à présent tout leur sens.


“ Bon, merde, vous l'avez pas vu arriver à ce fumier?
- Non, il est arrivé par derrière et ça s'est passé si vite!
- Vous vous rendez compte que le majordome risque d'y laisser sa peau? Vous en êtes conscients?
- Bien sûr qu'on en est conscients.
- Dites moi qu'il n'y avait absolument aucun moyen d'éviter ça!
- Vous savez tout comme nous comment ça se passe chef!
- Justement! Il aurait pu y avoir un autrement cette fois-ci!
- Vous savez très bien que non, que c'est toujours pareil à chaque fois..
- J'aurais voulu que ça soit different justement! Ca va encore jazzer sur notre dos!
- On a fait ce qu'il y avait à faire.
- Je sais, je sais bien. Mais ça me fait suer que ce brave type se soit fait descendre.
- Comment va-t-il?
- Il est toujours en salle d'op. La balle a causé de sérieux dégâts dans son poumon droit. Et puis un hemo-pneumo machin chose.. enfin, un truc pas très catholique.
- Est-ce-qu'il va s'en sortir?
- La partie n'est pas gagnée.
- Y-a-t-il quelque chose que l'on puisse faire?
- Pour l'instant, oui! Vous allez vous enfermer et me rédiger un compte rendu de tout ça! Et surtout, n'oubliez rien! Hurle le Cancer. Allez, ouste!
- Ok chef ! Répondent Damien et Cedric à l'unisson, avant de quitter la pièce.
- Encore une chose! Les deux hommes se retournent.
- Oui..
- Bravo, vous avez eu ce salaud.. Et surtout, vous avez agi sans mettre en danger la foule présente. Allez, filez!
- Merci chef ” Disent-ils en hochant la tête en marque de respect et de reconnaissance.


A l'hôpital, Louise et Virginie attendent anxieusement depuis plus de trois heures des nouvelles de Xavier qui n'est toujours pas remonté de la salle d'opération.. Et personne ne vient à leur rencontre pour leur fournir la moindre information. Elles ont pris place toutes les deux sur des chaises , l'une à côté de l'autre, main dans la main, le visage crispé par l'angoisse et la peine sans en apprécier le confort, se levant chacune à tour de rôle pour entamer les cents pas.
“ Mais que c'est long, mais que c'est long!
- Je suis de ton avis, cette attente devient infernale! Dit Virginie
- Et personne pour nous dire quoi que ce soit!
- C'est quand même bon signe chérie. Ca veut dire qu'il est toujours parmi nous.. continue la secrétaire d'une voix douce et qui se veut réconfortante.
- J'y tiens plus, je vais trouver quelqu'un..
- Crois-tu que ça nous avancera à quelque chose? Pour nous faire entendre dire qu'il est toujours en salle d'opération, c'est pas la peine chérie. On a déjà demandé il y a .. dix minutes.
- C'est vrai, tu as raison mon ange. Mais bon sang, je me sens si impuissante à rester là à rien faire!
- Je sais ce que tu ressens, c'est la même chose pour moi. Il nous faut être patientes et attendre. Et prier. C'est tout ce qu'on peut faire pour l'instant ma puce.
- Prier..prier.. Crois-tu que ça serait passé s'il y avait eu un Dieu?
- Chérie, n'oublie pas, c'est toi qui était visée.
- Mais c'est Xavier qui a pris!
- Mon amour, tu auras beau tourner le problème dans tous les sens, mais les faits sont là. Il faut se résigner et attendre. Xavier est costaud et il aime la vie. Et pour rien au monde, il ne laissera tomber sa petite chérie qu'il couve depuis 40 ans.
- Arrête, tu vas me faire venir les larmes aux yeux..
- Allez, viens ici... répond tendrement Virginie en lui offrant son épaule.
- Putain, c'est trop dur. Je craque..
- Chhuuuuut.. quoi de plus normal avec tout ce qui arrive bébé? Dit la secrétaire en la prenant dans ses bras.
- Heureusement que tu es là chérie..
- Je te l'ai dit. Pour le meilleur et pour le pire mon ange. Pour le meilleur, et pour le pire.”


Les nerfs de Louise lâchent, elle laisse couler de ses yeux le flot de larmes si longtemps retenu. Virginie embrasse sa chevelure soyeuse tout en séchant tendrement du dos de sa main les petites gouttes salées qui inondent son visage.


“ Madame Berthomieux?”
Louise et Virginie sursautent doucement au son de la voix qui vient de leur parler, une voix masculine très agréable et sensuelle.
“ Excusez-moi si je vous ai fait peur. Je suis le docteur Kramer.
- Comment va-t-il docteur?
- La balle a causé une hémorragie massive et de gros dégâts dans le poumon droit . Il a fait un arrêt cardiaque durant l'opération.. Mais cet homme est d'une robustesse exceptionnelle, son coeur est raparti.
- Il est sauvé?
- Non, le pronostic vital est toujours engagé. Mais comme je vous le disais, il est robuste. Et c'est un atout énorme dans son état.
- Quand saurons-nous?
- S'il passe la nuit, nous pourrons dire alors, qu'il est sauvé.
- On peut le voir?
- Oui, mais vous ne pourrez pas rentrer dans la chambre.Du moins, dès qu'on l'aura remonté du bloc.. dans une vingtaine de minutes.
- Entendu.. Merci Docteur. Merci infiniment
- Attends, il faut que je sorte. Nathan et Noemie n'ont toujours pas répondu à mon message.
- Quoi? Depuis tout à l'heure?
- Pour Nathan, je comprends, même si l'entraînement est terminé depuis un petit moment. Je suppose qu'il doit boire un pot avec les copains. Il est fort possible qu'il n'ait pas entendu le téléphone. Pour Noémie, par contre, je suis un peu plus inquiète...
- Zen mon amour. Je suis certaine qu'elle aura une bonne explication à te donner.
- Je l'espère..
- Fais lui confiance..
- C'est juste que le temps passe si vite et que j'ai du mal à réaliser qu'elle est devenue une belle et magnifique jeune femme”


Virginie et Louise s'accordent quelques instants, le temps que l'infirmière leur donne son feu vert pour rendre visite à Xavier dont le lit va être monté en chambre dans les prochaines minutes. Elles empilent la bonne dizaine de gobelets de plastique dont elles ont vidé le contenu noir et amer dans le but de leur donner du courage. Elles enfilent leurs blousons et s'engouffrent dans l'ascenseur qui vient juste d'arriver à l'étage.
“ J'espère qu'ils auront eu mon message..
- Tu vas être vite fixée et rien ne t'empêche d'essayer de les rappeler!
- Oui, et une bonne cigarette.. J'en ai besoin là. Il t'en reste encore? Je t'ai presque tout fumé!
- J'ai fumé autant que toi mon ange ! Répond Virginie en posant tendrement ses lèvres sur celles de sa compagne.”


Leur petit moment de tendresse est soudainement interrompu par l'ouverture de la porte de l'ascenseur, laissant apparaître un couple de personnes âgées surpris par le spectacle de deux femmes se donnant un baiser. Louise et Virginie, nullement gênées, sortent de la cabine, tout sourire, avant de se diriger vers le sas de sortie, main dans la main. Mais c'était compter sans l'invasion d'une troupe de journalistes faisant le pied de grue devant l'établissement hospitalier.


“ he merde, je les avais oubliés ceux-là!
- Idem.. En plus, on les a vus arriver!”


A peine ont-elles eu le temps d'échanger ces quelques mots que déjà, les flash crépitent et les questions fusent. Mais les deux femmes ne se laissant nullement impressionner par l'assaut des représentants de la presse, se plantent devant eux avant de répondre à leurs questions.
“ Pour le Dauphiné : Madame Berthomieux, on dit que votre mari est l'instigateur de l'événement tragique ce cet après-midi ?!
- Oui, et la police détient des preuves irréfutables.
- Comment va votre majordome ?
- Il vit. Nous restons à son chevet, Virginie et moi.
- Paris Match :Vous vous teniez par la main quand vous êtes sorties.
- Oui? Et alors? Je n'ai pas le droit de tenir ma compagne par la main?
- Vous voulez dire que..
- Exactement, mais vous vous égarez, répont Louise.
- Libé : Es-ce que votre futur ex- mari a voulu vous supprimer pour récupérer votre cabinet, mais etait-ce dans l'intention de cacher et blanchir ses activités frauduleuses?
- La police saura mieux vous répondre que moi, mais je suppose que oui.
- Depuis quand connaissez-vous l'existence du Belge?
- Ca, c'est une question pour mon mari, pas pour moi. Pour vous répondre, j'ignorais son existence jusqu'à que mon mari soit arrêté. Pourquoi cette question?
- Que pensez-vous des agissements de votre mari?
- Mon mari n'en a plus que le nom. Bientôt, je serai libéré de ce monstre qui n'a que ce qu'il mérite.
- Libé : Et s'il vous demandait de le défendre?
- C'est une plaisanterie?
- Avouez que ce serait plutôt une première!
- Et vous, avouez que votre question ne tient pas debout. Jamais je ne défendrai une ordure pareille et, de surcroît qui a voulu attenter à ma vie. Ceci dit, tel que je le connais, il serait capable de me demander de prendre sa défense !
- Qu'allez-vous faire?
- Pour l'instant, je vais cesser de répondre à vos questions. J'ai deux enfants que j'aimerais joindre par téléphone si vous m'en laissez la possibilité. Puis Virginie et moi, nous remonterons au chevet de Xavier. Ensuite, nous répondrons à toutes les autres questions que vous aurez envie de poser. Merci”


Louise et Virginie se frayent un passage au milieu de la petite troupe de journalistes qui continue de les mitrailler de leurs flashes indiscrets. Les deux femmes se perdent ensuite dans le labyrinthe de l'immense parking avant de retrouver leur véhicule.
“ Là, au moins, on sera tranquilles pour appeler! - Ils nous lâcheront jamais ces journaleux!
- Ils font leur job chérie, mais j'avoue qu'ils sont collants. Allez, j'appelle les gosses”




Dans le bureau du “Cancer”, Lemoux, encore. Dans une atmosphère plombée de tabac et aux odeurs de café froid, l'avocat pourri, s'assied lourdement, attendant le feu nourri de questions du commissaire Gavoilhe. Las, sale et pas rasé, il a perdu toute dignité et son goût de la provocation.


“ Alors Lemoux, les carottes sont cuites et bien cuites! Regarde un peu ton comité d'accueil.. tout ça, rien que pour toi. Ils vont t'emmener faire une petite balade dans une petite heure.
- Qu'est-ce-que vous me voulez encore?
- Juste pour te dire que ton coup a foiré.. Le mec que tu as chargé de descendre ta femme a raté son coup. Il s'est fait buter tout à l'heure par deux de mes hommes.
- Vous n'avez rien contre moi!
- Tu continues à nier? Figure toi qu'on a enfin réussi à déchiffrer tes mails mon gars. 100 000 euros. Tu as payé ce mec 100 000 euros pour la descendre. Alors, je te rassure, ta petite femme est en bonne santé.. Pas une égratignure! C'est une bonne nouvelle non?
- Corinne.. Ah, elle a bien joué les connes de service. C'est un rôle qui lui va à merveille.
- Les idiots dans ton genre craquent toujours pour les belles écervelées. Tu n'as pas failli à la règle.. Un beau cul te passe sous le nez, et hop..
- Où est passé le fric que j'ai mis pour son gosse?
- Son gosse? Ah? Tu veux parler de l'association? Au moins de l'argent qui servira le bien. Y'a tant de gosses malheureux... Je dois te remercier en leur nom puisque eux, ne savent même pas d'où vient le fric.
- Bandes d'enfoirés..
- J'adore truander les truands.."


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE    Mer 13 Mar - 15:42

Louise et Virginie regagnent l'enceinte de l'hôpital. Le ciel s'est paré d'une couleur gris argenté en l'espace de quelques minutes, et la neige a refait son apparition, accompagnée par un vent glacial. Triste temps pour une triste journée d'un bien triste anniversaire, celui de leur majordome Xavier. Seul avantage, la troupe de journalistes a quitté les lieux et elles peuvent pénétrer dans l'immense hall sans être harcelées. Les ascenseurs sont pris d'assaut, alors, courageusement et sans mot dire, toujours main dans la main, elles grimpent les quatre étages qui les mènent jusqu'à la chambre de Xavier. Virginie se retourne vers Louise qui la suit deux marches plus bas et aperçoit des larmes rouler sur son doux visage. Elle stoppe sa progression et prend Louise dévastée par le chagrin, dans ses bras.
“ Heeeeeey, chhhhhh, chérie, tout va bien.. Ca va aller..
- Tout est de ma faute bébé. Pourquoi ai-je eu cette idée stupide que de l'emmener là-bas? Pourquoi n'ai-je pas songé au fait qu'on pouvait me suivre et me tuer? J'ai pas réfléché une seule minute.. Je suis un monstre..
- C'est ça, et moi je suis Frankenstein alors, parce-que je t'ai suivie aussi. Tu n'y peux rien chérie, absolument rien. Même si la menace planait, on ne savait pas où et quand ça se produirait.
- Et ces deux flics là...
- Non, tu n'es pas juste. J'estime qu'ils ont fait un admirable boulot au contraire.
- Ah ouais, tu trouves?
- Met toi à leur place mon ange. Nous suivre partout, surveiller sans être repérés, intervenir en quelques secondes, tirer sur ce salaud sans toucher quelqu'un.. et puis porter les premiers soins à Xavier! Non, tu ne peux pas leur reprocher quoi que ce soit.
- Je suis la seule fautive de tout ce qui arrive.
- Tu te laisses submerger par la colère et la peine mon amour. Tu sais qu'il n'en est rien. On ne peut rien faire contre la fatalité.
- C'est moi qui l'ai provoqué cette fatalité..
- Non! Non et non chérie. Le motard a été tué et Xavier est toujours en vie!
- Il ne passera peut-être pas la nuit.
- Il la passera. Et on la passera avec lui... je..” Virginie n'a pas terminé sa phrase que le téléphone de Louise se met à vibrer.
- J'ai laissé le vibreur au cas où.. J'espère que ce sont les enfants!”
En prononçant ces mots, elle regarde rapidement l'origine du message.


“ C'est Nathan!”


“” Maman, Noémie et Kevin sont avec moi. Tout va bien. On vous rejoint à l'hôpital. Comment va Xavier?””


Louise pianote rapidement sa réponse sur l'écran tactile du téléphone.


“ Il tient le coup. Je sais pas si c'est une bonne idée de venir. Il neige beaucoup je trouve. Il vaut mieux que vous rentriez au manoir. On vous tient au courant. Noémie est restée avec toi tout l'après-midi?””


“” Ils sont venus pendant l'entraînement si ça peut te rassurer. C'est un mec bien. Je sais pas si on va avoir la patience d'attendre””


“”Ca ne changera rien de venir mon chéri. Mettez-vous au chaud, on vous textote dès qu'il y a du nouveau. On monte le voir. Bisous, je vous aime””


“”Ok M'man. On se débrouille pour manger. Noémie vous fait de gros bisous””


“”Je m'inquiète pas pour ça, je vous fais confiance. A plus. Bisous””


“ Bon, bien, te voilà rassurée maintenant mon ange!
- En partie oui..
- En partie? Tu te rongeais les sangs pour Noémie oui! Plaisante Virginie. Elle a 17 ans mon coeur. Et c'est de son âge les garçons !
- Pour une maman, c'est toujours trop tôt!
- Il va pourtant falloir t'y faire chérie! Et pourquoi ne t'inquiètes-tu pas autant pour Nathan?
- Parce-que c'est un garçon je suppose...
- Et voilà, c'est bien ce que je pensais..allez, viens, ils doivent avoir monté Xavier dans la chambre”


Les deux femmes grimpent les dernières marches qui les mènent au quatrième étage. Enserrant sa compagne par la taille, Virginie embrasse Louise dans le cou avant de pousser la porte du service. Au même instant, elles voient passer sous leur nez leur majordome endormi, branché à toutes une batterie de machines. Les brancardiers et l'infirmière qui l'accompagnent pénetrent dans une chambre aux larges baies vitrées et l'installent tout au fond. Louise et Virginie regardent le spectacle de cet homme si doux et si affable plongé dans un profond sommeil, inerte et au visage blafard. Seul le pas feutré du personnel hospitalier et le bip des appareils troublent le silence pesant de la piece. Les deux femmes se collent l'une à l'autre, se sentant impuissantes face à ce spectacle désolant.
Les brancardiers quittent la chambre, l'infirmière contrôle les appareils et le débit des perfusions, ajuste les tubulures avant de remonter le drap sur le malade et de les imiter.
Louise et Virginie l'interpellent :
“ Il va bien?
- Qui êtes-vous?
- La seule famille qui lui reste.
- Son état est stable.
- Il va s'en sortir?
- Vous avez pas vu le Docteur Kramer?
- Si, il y a un petit moment, mais on avait pas encore remonté Xavier..
- Alors, sachez que depuis, son état n'a pas bougé Madame.
- Dites-nous au moins quelque chose de réconfortant!
- Il est solide et réagit bien. Son coeur bat régulièrement. Nous sommes obligés de l'aider à respirer mais sa fréquence respiratoire est correcte.
- Et..
- Nous avons fait tout ce qu'il était possible de faire. A présent, c'est à lui de jouer.
- Je vous remercie, répond Louise.
- Il n'y a pas de quoi, Madame.”


Et l'infirmière, une magnifique et sculpturale femme noire, les quitte, repartant vers d'autres tâches.


“ Hey, tu veux que je t'aide? Demande Virginie en plaisantant.
- Hein, quoi?
- Tu crois que je t'ai pas vue la mater?
- Crois-tu que j'ai l'esprit à ça ma chérie? Et en plus, je regardais juste ses chaussures.. Je me demande comment elle peut supporter ces trucs en plastique aux pieds.
- C'est surtout très confortable avec le nombre de pas qu'elle doit faire dans la journée..
- Pfff, désolée chérie.. Xavier est là, entre la vie et la mort, et je parle chaussures.
- Je voulais juste détendre l'atmosphère.
- Je sais chérie.. encore désolée.Je t'aime
-C'est pas grave mon ange. Je t'aime aussi.”


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